LOGINChapitre 48ÉlenaJe la vois.Dans mon rêve. Encore. Toujours. La même. Une femme. Enceinte. Le ventre rond. Les mains posées dessus. Les yeux clairs. Les cheveux sombres. Le sourire. Triste. Doux. Résigné. Peut-être. Elle me regarde. Longuement. Trop longtemps. Comme si elle me connaissait. Comme si elle m'attendait. Comme si elle était. Moi.Je me réveille en sursaut.Mon cœur bat. Trop vite. Trop fort. Ma peau est moite. Mes mains tremblent. Je pose ma paume sur mon ventre. Plat. Vide. Je ferme les yeux. Une seconde. Une éternité. Je revois la femme. Son ventre. Ses mains. Ses yeux. Son sourire. Tout. Tout me revient. Par vagues. Par flashs. Par morceaux.Je la vois. Dans une chambre. Assise. Près de la fenêtre. La lumière entre. Douce. Chaude. Elle caresse son ventre. Elle murmure. Des mots. Inaudibles. Des mots. Pour lui. Pour l'enfant. P
Chapitre 47NolanLe dossier est posé sur mon bureau.Je l'ai reçu ce matin. Un contact. Un ancien employé de l'hôpital Sainte-Marie. Un homme qui a travaillé aux archives. Pendant des années. Qui a vu. Qui a entendu. Qui sait. Il m'a tout envoyé. Les demandes de consultation. Les refus. Les notes. Les noms. Tout ce qui concerne Alina. Son dossier. Son suivi. Sa mort.Je lis. Page après page. Ligne après ligne. Mot après mot. Et chaque mot. Chaque ligne. Chaque page. Me détruit. Un peu plus.Puis je m'arrête.Une page.Une demande de consultation.Datée du 14 mars. Trois jours après l'accident. Trois jours après sa mort. Trois jours après que ma vie s'est arrêtée.« Demande de consultation. Dossier médical d'Alina Reeves. Refusée. »Refusée. Par qui ? Pourquoi
Chapitre 46ÉlenaJe range mes affaires.Sans but. Sans raison. Juste. Pour m’occuper. Pour ne pas penser. Pour ne pas me souvenir. Pour ne pas ressentir. Le silence est trop lourd. Les murs sont trop proches. Alors je range. Je trie. Je jette. Je garde. Peut-être.Puis ma main s’arrête.Au fond d’un tiroir. Sous des vieux papiers. Des photos. Des lettres. Un petit objet. Froid. Dur. Métallique. Je le saisis. Je le sors. Je le regarde. Une montre. Une montre d’homme. Simple. Élégante. Gravée au dos. Deux initiales. N. E.Nolan. Élena.Mon cœur s’arrête. Puis repart. Trop vite. Trop fort. Mes mains tremblent. Mes doigts se serrent autour de la montre. Comme s’ils la reconnaissaient. Comme s’ils savaient. Comme s’ils se souvenaient. Avant moi. Avant ma tête. Avant ma mémoire.Puis ça arrive.
Chapitre 45NolanLe salon de ma mère sent la lavande et le vieux bois.Je n'y ai pas mis les pieds depuis des semaines. Depuis l'enterrement. Depuis qu'elle a osé me dire que je devais tourner la page. Depuis qu'elle a osé me dire qu'Alina n'était pas la femme que je croyais. Je n'ai rien oublié. Je n'ai rien pardonné. Mais aujourd'hui, je suis là. Parce que j'ai des questions. Et elle a des réponses. Peut-être.Elle est assise dans son fauteuil. Droite. Élégante. Froide. Un livre entre les mains. Elle ne le lit pas. Elle me regarde. Elle sait pourquoi je suis là.— Nolan. Quel bon vent t'amène ?Sa voix. Doucereuse. Fausse. Je m'assois en face d'elle. Sans l'inviter. Sans attendre.— Alina.Elle ne bronche pas. Elle pose son livre. Lentement. Elle croise les mains. Elle me regarde. Ses yeux. Froids. Durs.— Quoi,
Chapitre 44ÉlenaJe marche dans la rue.Sans but. Comme souvent. Les mains dans les poches. Le regard fixe. Le cœur lourd. Je ne sais pas où je vais. Je ne sais pas ce que je cherche. Je sais juste. Que je ne peux pas rester. Pas chez moi. Pas seule. Pas avec mes pensées. Qui tournent. Encore. Toujours. Ce rêve. Ce bébé. Cette voix. « Ne l'abandonne pas. » Ces mots. Qui me hantent. Qui me brisent. Qui me détruisent.Je passe devant une boutique. Une vitrine. Des vêtements d'enfants. Des petits bodies. Des petites chaussures. Des petites robes. Des petits pantalons. Des couleurs. Des douceurs. Des vies. Des bébés. Des tout-petits. Comme celui de mon rêve. Comme celui que je n'ai jamais eu. Comme celui que je n'aurai peut-être jamais.Je m'arrête.Sans le vouloir. Sans le décider. Mes pieds s'arrêtent. Mes yeux se posent. Sur u
Chapitre 43NolanLe carton est posé sur la table.Je l'ai trouvé dans le grenier. Un carton que je n'avais jamais ouvert. Un carton qui appartenait à Alina. Ses affaires. Ses souvenirs. Ses secrets. Peut-être.Je l'ouvre. Lentement. Mes mains tremblent. Je ne sais pas pourquoi. Je sais ce qu'il y a dedans. Des photos. Des lettres. Des objets. Des choses. Des riens. Des tout. Je fouille. Je regarde. Je touche. Chaque objet. Chaque souvenir. Chaque douleur.Puis je le trouve.Un petit mot. Plissé. Coincé entre deux photos. Son écriture. Fine. Élégante. Je le déplie. Lentement. Les mots sont là. Simples. Courts. Mais ils me transpercent.« J'ai quelque chose à t'annoncer. Quelque chose d'important. Quelque chose de magnifique. Je te le dirai bientôt. Prépare-toi. »Je fixe le mot. Longuement.— Qu'est-ce que c'est ?Ma voix. Basse. Grave. Je me réponds à moi-même.— Une annonce. Elle préparait une annonce.— Quelle annonce ?— Je ne sais pas.— Tu ne sais pas ? Elle a écrit ce mot. Elle







