ログインDmitri regarde son fils. Dans ses yeux, je vois de la suspicion, de la méfiance. Peut-être de la peur.— Tu veux prendre ma place, Alexei ? C'est ça ?— Je veux vous aider. C'est différent.— Aider. Il rit. Tu veux m'aider comme tu as "aidé" ton cousin Ivan ? Tu veux m'aider comme tu as "aidé" tes associés à Moscou ?Alexei ne bronche pas. Son visage reste calme, impassible. Mais ses yeux... ses yeux me parlent. Ils me disent quelque chose que les autres ne voient pas.— Comme vous voulez, père. Je ne voulais que vous aider.Il se rassied. La réunion continue. Dmitri accuse, menace, promet des récompenses. Personne ne parle. Personne ne dit rien.À la fin, quand les familles se lèvent et que les gardes ouvrent les portes, je sens une main sur mon bras.— Madame Moretti. Un instant.Alexei
Je le regarde. La question est plus profonde qu'elle n'y paraît.— Après-demain, on commence à reconstruire. Toi et moi. Si tu veux toujours.Il serre ma main. Il ne dit rien. Il n'a pas besoin.Nous restons ainsi un long moment, assis dans la pénombre, à écouter le silence de la maison. Dehors, la ville s'endort. Dedans, quelque chose commence.LilithLa réunion des familles a lieu le lendemain, à midi, dans une salle de banquet de l'hôtel Métropole.Le lieu est neutre, un peu kitsch, mais c'est le seul endroit où toutes les familles acceptent de se rencontrer. Des lustres en cristal, des murs couverts de dorures, des tables rondes nappées de blanc. L'ambiance est celle d'un mariage dont personne ne veut.Quand j'arrive, la salle est déjà pleine.Les familles sont alignées comme
Un soupir collectif. Mais ce n'est que le début.Compte après compte, je répète l'opération. Zurich. Singapour. Luxembourg. Îles Caïmans. Genève. Chaque transfert est une petite mort, une saignée silencieuse. Dmitri Volkov perd son argent sans le savoir, pendant qu'il dort, pendant qu'il croit que tout va bien.— Huit comptes, dit Marco au bout d'une heure. Quarante-six millions.— Encore six, dit Dante. Continue.Le neuvième compte résiste. Le système demande une vérification supplémentaire, un code à usage unique envoyé par SMS. Sur le téléphone de Sergueï, que nous avons.— Le code, dit Vittoria à l'oreillette.Je tape les chiffres que Vittoria me dicte. L'écran vire au vert. Le transfert passe.— Dix millions de plus, dit Marco. Cinquante-six.Le
Il réfléchit. Je sens ses émotions : la peur, bien sûr, mais aussi quelque chose de plus profond. De la lassitude. Une envie, presque désespérée, que tout cela finisse.— Vous me protégerez ? Ma famille ?— Sur ma vie.— Votre vie ne vaut pas grand-chose pour moi, Madame Moretti. Avec tout le respect que je vous dois.Dante rit doucement. Sergueï sursaute, comme s'il avait oublié sa présence.— Elle n'a pas besoin de vous protéger, dit Dante. Elle a besoin que Dmitri ne sache jamais que c'est vous. Et ça, on peut le faire. On va faire croire que c'est un piratage, une attaque extérieure. On va brouiller les pistes. Quand Dmitri cherchera le coupable, il trouvera quelqu'un d'autre.— Qui ?— On trouvera bien un ennemi. Il ne manque pas de candidats.Sergueï hésite encore. Pu
Je marque une pause. Vittoria a agi sans mon ordre. Encore une fois, elle a pris une longueur d'avance.— Tu lui as proposé quoi ?— Un million d'euros. Un nouveau passeport. Un nouveau départ au Canada. Loin des Volkov. Loin de tout.— Et il a accepté ?— Il hésite. Il a peur de Dmitri. Il sait ce qui arrive à ceux qui trahissent la famille Volkov.— Alors il faut lui donner une raison d'avoir plus peur de nous que de Dmitri.Vittoria sort une photo de sa poche. Un homme d'âge moyen, grisonnant, vêtu d'un costume trop grand pour lui. Il a le visage fatigué de ceux qui voient trop de choses et n'osent rien dire.— Sergueï Petrov, dit-elle. Cinquante-trois ans. Natif de Saint-Pétersbourg. Arrivé ici il y a vingt ans. Sa femme, Irina, travaille dans une boutique de fleurs. Ses enfants, Katia et Mikhail, sont à
Il pose sa main sur mon épaule. Ses doigts s'enfoncent dans la chair, pas assez pour faire mal, assez pour que je sache qu'il pourrait.— Tu sens la faim, Lilith. Je le sais. Elle est en toi, plus forte chaque jour. Bientôt, tu ne pourras plus la contrôler. Bientôt, tu auras besoin de te nourrir. De vrais sentiments. De vies, peut-être. Dante peut-il t'aider avec ça ? Peut-il te comprendre quand tu auras faim ? Quand tu voudras prendre ce qu'il a de plus précieux, son âme, son amour, sa lumière ?— Je ne lui prendrai rien.— Tu n'auras pas le choix. C'est ça, le pacte, Lilith. Tu as voulu le pouvoir, tu as le pouvoir. Mais il a un prix. Et le prix, c'est que tu vas devenir ce que je suis. Un vide. Une faim. Une chose qui consume tout ce qui l'approche.Sa voix se fait plus douce. Presque tendre.— Dante te quittera. Pas parce qu'il ne t'aime pas,
Lilith---La nuit est tombée depuis deux heures quand je sens sa présence.Je suis dans mon bureau, les plans du coup contre les Volkov étalés devant moi. Dante est parti il y a une heure, après une longue soirée à peaufiner les détails. Marco et Vittoria ont regagné leurs quartiers. Le manoir est
Dante ne bronche pas. Il est assis, calme, ses mains posées sur la table. Je sens ses émotions : de la colère contenue, de la tristesse, mais aucune surprise. Il s'attendait à ça.— Je n'ai rien volé, dit-il d'une voix ég
Je ferme les yeux. Le pouvoir en moi s'agite, attiré par ses émotions. L'amour qu'il a pour moi est si pur, si fort, qu'il brûle comme un soleil. Le démon en moi veut le prendre, le consommer, le faire sien.Je lutte. Je lutte de toutes mes forces.—
Je ferme les yeux. La colère que j'avais contre Salvatore, contre ce qui a été fait, s'évapore, remplacée par quelque chose de plus douloureux. De la compassion.— Laisse-les, Diego. Protège-les, mais laisse-les parler.&







