MasukJe repose les documents.— Et en échange ?— La vie. Pour moi. Pour ma famille. Et une place, même modeste, dans votre organisation.— Vous voulez travailler pour moi ?— Je veux survivre, Moretti-san. Et je suis prêt à servir pour ça.Je le regarde. Dans ses yeux, je vois la peur, oui. Mais aussi autre chose. Du respect. Presque de l'admiration.— Pourquoi je devrais accepter ? dis-je. Vous m'avez trahie une fois. Vous pourriez le refaire.— Parce que vous m'avez vaincu. Parce que vous êtes la plus forte. Et que dans notre monde, on sert les plus forts.Il marque une pause.— Et parce que je sais reconnaître mes erreurs. Je ne vous trahirai plus jamais. Je vous le jure sur la vie de mes enfants.Le silence. Vittoria me regarde, impassible. Dante attend près de la porte, prêt à intervenir.
Je hoche la tête. Il a raison. Un homme mort devient un martyr. Un homme en fuite devient une légende risible.— Alors c'est fini, dis-je. Les O'Brien ne sont plus.— Grâce à vous, Madame Moretti.— Grâce à nous, Sean. N'oubliez jamais ça.Il me tend la main. Je la prends.— Vingt-cinq pour cent. Sept ans. Je n'oublierai pas.— Moi non plus.Je quitte Boston à l'aube. Dans l'avion du retour, Dante est assis à côté de moi, silencieux.— Tu penses qu'il tiendra parole ? demande-t-il finalement.— Sean ? Oui. Il est jeune, mais il a compris une chose que Declan n'a jamais comprise.— Laquelle ?— Que dans notre monde, la loyauté est plus précieuse que l'argent. Il me doit tout. Il le sait.— Et s'il l'oublie ?— Alors je lui rappell
LilithLa mort de Siobhan O'Brien n'a pas mis fin à la menace irlandaise.Je l'ai laissée partir après notre combat dans l'entrepôt. Je pensais qu'elle disparaîtrait, qu'elle vivrait le reste de ses jours avec ses démons. Je me trompais.Trois semaines après la bataille du manoir, Vittoria entre dans mon bureau avec une expression que je connais bien. Celle des mauvaises nouvelles.— Siobhan est morte, dit-elle sans préambule.— Comment ?— Suicide. Elle s'est pendue dans une chambre d'hôtel à Boston. Elle a laissé une lettre. Elle y dit qu'elle ne supportait plus la honte de sa défaite.Je reste silencieuse un moment. Siobhan O'Brien était une ennemie redoutable. Une mère brisée par la mort de ses fils. Une femme qui a tout perdu.— Je ne voulais pas ça, dis-je enfin.—
Il écrase sa cigarette sous son talon.— Ce n'est pas assez, Lilith. Pas pour moi.— Je sais. Et j'en suis désolée.Il se lève. Il reste un moment immobile, le dos tourné.— Je ne te quitterai jamais, dit-il enfin. Quoi qu'il arrive. Mais j'ai besoin de temps. Pour accepter.— Prends tout le temps qu'il te faut.Il hoche la tête. Il s'éloigne dans la nuit, sa silhouette disparaissant derrière les haies.Je reste seule sur le banc, à regarder le vieux chêne. Les lettres gravées par Dante sont toujours là, à peine visibles dans l'obscurité. L + D.Un jour, peut-être, Marco trouvera lui aussi quelqu'un qui le verra autrement qu'un frère. Un jour, peut-être, il sera heureux.Mais ce jour n'est pas aujourd'hui.Les semaines qui suivent sont consacrées à l
LilithDeux semaines après la bataille du manoir, je réunis tout le monde dans le grand hall.Les ouvriers ont déjà réparé les dégâts les plus visibles. Les fenêtres brisées ont été remplacées, les impacts de balles rebouchés, le sang nettoyé. Mais je vois encore les cicatrices. Elles sont là, sous la peinture fraîche, comme un rappel de ce que nous avons traversé.Mes hommes sont rassemblés devant moi. Tous ceux qui comptent dans l'organisation. Une trentaine de visages, certains familiers depuis des années, d'autres plus récents. Tous loyaux. Tous éprouvés par le feu.Marco est à ma droite, comme toujours. Vittoria à ma gauche, sa tablette à la main. Et derrière moi, légèrement en retrait, Dante.Je prends une inspiration. Le moment est
Lilith---L'aube se lève sur le manoir dévasté.Les fenêtres brisées, les murs criblés de balles, les traces de sang sur le gravier. Mais le manoir est toujours debout. Nous sommes toujours debout.Je suis assise sur les marches du perron, un bandage autour du bras, une tasse de café froid à la main. Autour de moi, les hommes s'affairent. Les blessés sont soignés, les morts sont comptés, les prisonniers sont emmenés.Dante s'assoit à côté de moi.— Bilan final, dit-il. Trois morts de notre côté. Huit blessés, dont deux graves. Eux, quatorze morts, le reste prisonniers.— Siobhan ?— En fuite. On l'a cherchée partout. Elle a disparu.— Elle reviendra.— Peut-être. Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, on a gagné.Je regarde le soleil se lev
LilithLe métal froid de l’arme contre ma paume est une prière.Chaque recoin de pierre sur cette terrasse devient un autel. Je compte leurs respirations—six hommes, plus Kael. Sept trahisons qui puent la peur et l’ambition.La marque sur mon bras crame soudain, plus vive—un signal. Azazel. Il savai
LilithLa douleur est une mer. Elle a ses marées. Parfois, elle se retire, laissant une brûlure sourde et persistante, un braise couvante sous la peau. Puis, sans avertissement, une vague de feu déferle, si aiguë et précise que ma vision se brouille et que je dois m’arrêter, m’appuyer contre un mur
LilithLa douleur est devenue un organe à part entière. Elle pulse en moi, un second cœur maléfique battant au rythme de ma honte. La marque sur mon avant-bras n’est plus un simple symbole, c’est une plaie ouverte, vive, qui cuit et lance à chaque mouvement. La chair est rouge, noircie sur les bord
LilithLa pluie commence à tomber quand je quitte la forteresse. Fine et glaciale, elle ruisselle sur le cuir de mon manteau, comme si le ciel lui-même voulait me laver de ma décision avant même que j’agisse. Je n’ai pris personne. Aucun garde, aucune arme à feu. Seulement un poignard, dont la lame







