LOGINJe m'assois près d'elle, prends sa main.— Je comprends. Moi aussi, ça me fait peur parfois. Mais est-ce que ça vaut le coup ? Est-ce que ce qu'on vit ensemble ne vaut pas le risque ?— Je ne sais pas. Je ne sais plus.Son regard est perdu, vulnérable. Elle que j'ai vue si forte, si maîtresse d'elle-même, est maintenant une petite fille perdue.— Qu'est-ce que tu veux, toi ? je demande. Vraiment ?— Je veux toi. Mais je veux aussi moi. Je ne veux pas me perdre dans nous.— Tu ne te perdras pas. Je te le promets. Je serai là pour te rappeler qui tu es, si jamais tu l'oublies.Elle sourit, une larme coule sur sa joue.— Tu es trop parfait, murmure-t-elle. Ça aussi, ça me fait peur.— Je ne suis pas parfait. Loin de là. Mais je t'aime. Et je ferai tout pour que ça marche.Elle se blottit
AnaïsLes semaines passent. Nous nous voyons presque tous les jours, soit chez lui, soit chez moi. Mon petit appartement de la rive gauche devient notre refuge, notre cocon. Il y a apporté quelques affaires, des livres, des photos. Notre vie commune se construit, lentement, naturellement.Mais je sens qu'il y a un malaise. Quelque chose qu'il ne dit pas, une question qu'il n'ose pas poser.Un soir, après l'amour, alors que nous sommes allongés en silence, il se lance.— Anaïs, il faut qu'on parle.— Encore ? On parle tout le temps.— Là, c'est différent.Je me redoute, le regarde. Son visage est sérieux, presque grave.— Qu'est-ce qui se passe ?— Je veux essayer quelque chose. De nouveau.— Quoi ?Il hésite, cherche ses mots.— Je veux essayer d'être à ta place. Je veux...
AnaïsIl dort. Je le regarde, paisible, marqué, mien. Ses traits sont détendus, son souffle régulier. La nuit a été intense, plus intense que je ne l'imaginais.Je me lève sans bruit, enfile un tee-shirt à lui, vais dans le salon. Je regarde par la fenêtre la ville endormie, les lumières qui brillent dans la nuit. Je pense à nous, à ce qui se passe, à ce qui pourrait arriver.Il y a quelque chose de différent avec lui. Une connexion que je n'avais pas ressentie avec les autres. Une profondeur, une authenticité. Il ne joue pas, il ne feint pas. Il est là, vraiment là, à chaque instant.Mais ça me fait peur.J'ai l'habitude de contrôler, de garder mes distances, de ne pas m'attacher. C'est plus sûr, plus simple. Les sentiments, c'est le chaos, c'est la perte de contrôle, c'est la douleur assurée.Mais avec lui, c'est déjà trop tard. Je suis déjà attachée, déjà vulnérable, déjà en danger.— Tu ne dors pas ?Sa voix m
MaximeL'obscurité est totale. Le bâillon m'empêche de parler, de supplier, de dire quoi que ce soit. Je n'ai plus que mes sens pour percevoir le monde, plus que ma peau pour ressentir sa présence.Je l'entends bouger autour de moi. Le froissement de ses vêtements, le bruit de ses pas sur le parquet. Puis plus rien. Le silence. L'attente.Une seconde. Deux. Dix. Une éternité.Soudain, je sens quelque chose sur ma poitrine. Quelque chose de froid, de métallique. Un objet que je ne peux pas identifier. Il glisse lentement sur ma peau, suit la ligne de mes muscles, contourne mes tétons. La sensation est étrange, déstabilisante.Puis la douleur arrive. Brève, intense, précise. Un pincement sur mon torse, juste à côté du téton. Je sursaute, mes mains tirent sur les liens, un son étouffé sort du bâillon.Sa main se
AnaïsIl est allongé sur le lit, les bras écartés, attaché aux montants par des liens de soie que j'ai apportés. Ses yeux me suivent pendant que je prépare la pièce, que je dispose les bougies, que je choisis la musique. Une lenteur délibérée, calculée, pour faire monter la tension, pour le faire attendre.— Tu es nerveux ? je demande sans me retourner.— Oui.— C'est bien. La nervosité, c'est l'émotion qui dit que quelque chose d'important va arriver.J'allume la dernière bougie, me retourne enfin vers lui. Il est magnifique, offert, vulnérable. Ses muscles saillent sous l'effort qu'il fait pour rester immobile, pour ne pas tirer sur ses liens. Son sexe est déjà dur, tendu contre son ventre, luisant d'une goutte de désir à son extrémité.— Tu as pensé à
Dix-neuf heures. Dix-neuf heures trente. Vingt heures. Je commence à m'inquiéter. Et si elle ne venait pas ? Et si c'était fini, déjà ? Et si je n'étais qu'un épisode, qu'un chapitre dans son livre à elle ?Vingt heures quinze. La sonnette retentit.Je cours ouvrir. Elle est là, dans la pénombre du palier, un sac à la main, un sourire aux lèvres.— J'ai apporté du vin, dit-elle.— J'en ai déjà.— Tant mieux. On en aura besoin.Elle entre, pose son sac, me regarde.— Tu as préparé, dit-elle. C'est gentil.— Je voulais que tout soit bien.— Tout est bien. Tu es là, je suis là. C'est tout ce qui compte.Elle s'approche, m'embrasse. Un baiser doux d'abord, puis plus profond, plus exigeant. Ses mains glissent sous mon tee-shirt, caressent mon dos, mes &
Un an.Le temps a coulé sur nos plaies comme une eau lente, polissant les arêtes vives, estompant les cicatrices les plus visibles. Le penthouse n’est plus une prison, ni un sanctuaire. C’est une maison. Notre maison. L’air y est différent, plus léger, même s’il porte toujours le poids de notre his
LÉOLe couloir de l’immeuble sent le propre, la cire et le renfermé. Une odeur de normalité qui me heurte de plein fouet. Je reste planté là, mon sac de sport trop léger à la main, écoutant le silence derrière la porte close. J’attends un bruit, un sanglot, le grincement de la porte qui se rouvre.
LéoLa musique cogne dans mes tempes, chaque vibration résonne dans ma poitrine. Juliette danse encore devant moi, ses mouvements félins épousant les pulsations électroniques. Ses yeux ne me quittent pas, comme si la foule autour n’existait pas. Je devrais reculer, aller rejoindre Laura… mais mes j
Le retour du monde est une agonie lente. Chaque nerf crie, chaque muscle proteste. La douleur est une chape de plomb qui m’enchaîne au lit d’hôpital, puis à celui du penthouse. Les médecins parlent de côtes fissurées, de commotion, de contusions profondes. Ils ne parlent pas de la fracture intérieu







