LOGINPendant cinq ans de mariage, Élodie a tout sacrifié pour Raphaël, même la carrière qui la faisait rêver. Cinq ans à attendre un peu d'amour. Mais Raphaël ne venait jamais. Pas pour les anniversaires. Pas pour les promesses. Même le jour des trente ans d'Élodie, Raphaël était « occupé ». Mais, ce jour-là pourtant, Raphaël est allé à l'aéroport, pour attendre la seule femme qui avait toujours compté pour lui. À Élodie, Raphaël n'a laissé qu'un sac acheté à la hâte dans une petite boutique. Quand le père d'Élodie est tombé gravement malade, Raphaël n'a montré aucune pitié, il a même lui demandé d'accompagner un client, pour sauver un contrat. Enfin, quelque chose s'est brisé dans le cœur d'Élodie. Donc, Élodie est partie. Divorce. Deux ans plus tard, Élodie est devenue une experte admirée sur la scène internationale. Mais Raphaël est revenu, attrapé le poignet d'Élodie. « Le divorce ? » Le rire de Raphaël était froid. « N’y pense même pas. » « Tant que je n’aurai pas signé… » « Tu resteras ma femme jusqu’à ta mort. »
View More— Joyeux anniversaire, Élodie.
La voix d'Élodie ne fut qu'un murmure, une vibration fragile aussitôt étouffée par le silence glacial du salon. Face à elle, l'unique bougie plantée dans un cupcake solitaire vacillait, projetant des ombres instables sur la table de marbre blanc. Élodie souffla. L'obscurité qui suivit fut brutale, totale, transformant l'appartement en un mausolée de verre.
Minuit pile.
Le regard perdu dans la pénombre, Élodie resta immobile. Cinq ans de mariage venaient de se condenser dans cette fumée grise qui s'élevait vers le plafond. Cinq ans à attendre un homme qui ne rentrait jamais pour les instants qui comptaient.
Autrefois, Élodie était une explosion de couleurs. Artiste prodige de l'École des Beaux-Arts, elle peignait à l'instinct, habitée par une passion brute. C'est cette étincelle qui avait attiré Raphaël Dubois. Le titan de la tech n'avait pas seulement acheté ses toiles ; il avait capturé son génie. « Ton talent est un algorithme visuel, Élodie. Viens construire l'esthétique de mon empire. »
L'amour l'avait rendue malléable. Pour Raphaël, Élodie avait troqué ses pinceaux contre des stylets numériques, son intuition contre une logique de rendement implacable. Elle s'était métamorphosée en la directrice artistique parfaite, le bras droit infaillible, l'épouse effacée. Tout cela pour un homme dont les yeux restaient fixés sur l'horizon, guettant le retour d'une autre.
Camille. L'unique femme pour laquelle le temps semblait s'être arrêté dans le cœur de Raphaël.
Un réflexe masochiste poussa Élodie à saisir son téléphone. Une notification de presse people brilla comme une insulte sur l'écran : « Le retour de l'héritière : Raphaël Dubois accueille Camille de Valois avec une édition limitée Hermès. »
La photo était d'une netteté révoltante. Raphaël tendait un sac en crocodile orange à cette femme à la beauté intemporelle. Les doigts d'Élodie se crispèrent. Ce modèle précis exigeait une commande spéciale, effectuée au moins un an à l'avance.
Un an.
Pendant qu'Élodie s'échinait à dessiner les interfaces de sa dernière licorne technologique pour grappiller une miette de reconnaissance, Raphaël planifiait déjà ce cadeau. Il n'avait pas oublié cet anniversaire ; il l'avait simplement jugé insignifiant face au retour de sa reine.
Une larme s'écrasa sur l'écran, brouillant le visage de son mari. Élodie se leva brusquement et vida le dîner intact dans la poubelle. Le bruit sourd de la viande contre le plastique sonna le glas de ses dernières illusions.
On frappa à la porte.
L'espoir, ce parasite tenace, fit sursauter la jeune femme. Élodie frotta ses joues, lissant sa robe de soie d'une main tremblante.
Il est là.
Il va s'expliquer.
La porte s'ouvrit sur un battement de cœur désordonné.
— Bonsoir, Madame Dubois.
L'espoir mourut instantanément. Marc, le secrétaire de Raphaël, se tenait sur le palier. Il tendit un sac de marque de luxe, un modèle de série, impersonnel, acheté sans doute entre deux rendez-vous.
— Monsieur est retenu par une urgence. Il m'a chargé de vous remettre ceci. Joyeux anniversaire, Madame.
Élodie fixa le paquet sans le prendre. C'était la preuve finale de sa fonction : une tâche administrative déléguée.
— Merci, Marc. Dites à Raphaël que le geste est... tout à fait à la hauteur de ses sentiments.
La porte se referma, laissant le cadeau sur le paillasson.
3h12 du matin.
La serrure tourna enfin. Raphaël entra dans la chambre, exhalant une odeur de pluie et de cigare coûteux. Le matelas s'affaissa sous son poids imposant. Sans un mot d'excuse, il attira Élodie contre lui. Ses mains, grandes et autoritaires, glissèrent sous la soie de la chemise de nuit.
Ses doigts étaient froids. Élodie frissonna, mais ne recula pas. Elle se tourna vers lui, ses mains s'agrippant à ses larges épaules, répondant à ses baisers avec une ferveur désespérée. Elle l'aimait encore, d'un amour qui lui faisait horreur, et cherchait dans cette étreinte physique un mensonge de tendresse. Elle voulait se perdre en lui pour effacer l'image du sac orange.
Mais Raphaël restait ailleurs. Ses mouvements étaient mécaniques, une domination sans âme, une simple décharge de tension après une longue journée de conquêtes.
Lorsqu'il se détacha enfin, Raphaël attrapa son téléphone. La lumière crue de l'écran découpa ses traits de marbre dans l'obscurité.
Bip.
Camille : « Raph, le sac est sublime... Attendre un an en valait la peine. On se voit demain au bureau pour fêter ça ? »
Le silence qui suivit fut plus tranchant qu'un rasoir. Élodie s'assit brusquement, le drap ramené contre sa poitrine. Elle fixa le message, puis cet homme qui ne prenait même plus la peine de dissimuler sa trahison. Le poids de cinq années de silence, de talent sacrifié et de dignité piétinée explosa.
— Je veux le divorce, Raphaël.
La voix était basse, d'une clarté chirurgicale.
Raphaël ne cilla pas. Il verrouilla son appareil et se tourna vers elle avec un agacement méprisant.
— Élodie, ne sois pas ridicule. Tu fais une scène pour un dîner manqué ? C'est puéril.
— Ce n'est pas le dîner, répliqua-t-elle, les doigts crispés sur le drap. Je...
Raphaël soupira, se levant pour enfiler son peignoir de soie noire. Silhouette immense et intouchable dans la pénombre.
— Tu divagues. Dors maintenant. Nous avons la réunion Skynet à 9h00. J'ai besoin que tes rendus 3D soient parfaits pour clore l'acquisition. Ne gâche pas ton travail pour un caprice. On en reparlera demain soir quand tu seras lucide.
La porte se referma derrière lui.
Le lendemain matin, l’euphorie de la veille était retombée pour laisser place à une réalité beaucoup plus brute. Élodie était arrivée au bureau avant tout le monde. Elle avait étalé les trois cents pages du cahier des charges technique du projet **HELIOS** sur la grande table en verre de la salle de réunion. Quand Léonard entra, une boîte de café à la main, il la trouva en train de griffonner des schémas complexes sur un tableau blanc, les sourcils froncés.— Déjà d’attaque ? lança-t-il en posant un gobelet devant elle.— Léo, regarde ça, répondit-elle sans le quitter des yeux. J’ai relu les spécifications de Nexus pour la couche de transport des données. Ils n'attendent pas juste un algorithme de cryptage solide. Ils veulent une gestion de la latence qui frise l'impossible pendant les basculements de satellites. À quatre, on va se noyer. On va réussir à coder le moteur, mais on n'aura jamais le temps de stabiliser l'infrastructure avant les premiers tests de la semaine prochaine.Lé
Le terminal 2E de Roissy-Charles de Gaulle était déjà plein de monde. Élodie attendait devant la sortie des douanes, un café à la main. Elle n’avait pas beaucoup dormi, mais l’excitation de voir le projet avancer la tenait éveillée. Quand les portes automatiques se sont ouvertes, elle a immédiatement reconnu Léonard.Il marchait d'un pas rapide, un sac en cuir à l'épaule. Dès qu'il l'a vue, son visage s'est éclairé. Élodie ne s'est pas posée de questions : elle a couru vers lui et ils se sont pris dans les bras. Léonard l'a soulevée un peu, ils ont ri ensemble, une complicité évidente qui datait de leurs années d'études.— Tu as une mine incroyable pour quelqu'un qui est au milieu d'un cyclone, lui a-t-il lancé en la reposant.— C'est le grand air de Paris, Léo. On y va ? Les gars sont là ?Léonard a fait signe aux deux techniciens qui le suivaient, chargés de mallettes de transport rigides.À quelques dizaines de mètres, dans la file d'attente de la zone VIP, Raphaël Dubois s’était a
Le vieux canapé de Sophie avait cette fermeté inconfortable, mais Élodie s’y laissait enfoncer. Sur la table basse, une salade composée restait scellée dans son emballage plastique. En face d'elle, l'écran plat diffusait le JT en boucle. Le son était coupé.C’était une série de clichés d’une précision, Raphaël n’avait plus rien du titan de l’industrie aux costumes impeccables. Sa veste haute couture, froissée par les bourrasques, pendait lamentablement, tandis que son col de chemise ouvert trahissait une panique. On le voyait courbé, les muscles des bras saillants sous l'effort, extirpant une Camille évanouie des rebords du vide. La robe longue de la jeune femme flottait dans le vent comme les ailes d’un papillon agonisant. Sous la lumière crue des projecteurs de secours, son visage affichait une pâleur cadavérique, ses yeux clos soulignant le contraste violent avec la tache de sang qui commençait à imbiber le bandage de son poignet droit.Puis, un autre image, Raphaël s'élançait vers
La Maybach glissait dans le silence feutré des quartiers chics, mais à l’intérieur, l’air semblait se raréfier. Élodie s’était enfoncée dans le cuir du siège, le regard obstinément fixé sur le défilé des façades haussmanniennes. Raphaël, à ses côtés, ne disait rien. Il avait encore cette odeur de vin coûteux et de certitude, un parfum qui donnait à Élodie une envie de vomir irrépressible.Soudain, le téléphone de Raphaël vibra contre la console centrale. Il jeta un coup d’œil à l’écran, mais ses sourcils se rejoignirent lorsqu’il vit le nom de l’agent de Camille s’afficher pour la quatrième fois consécutive.— Quoi encore ? trancha-t-il en décrochant, la voix chargée d'un mépris glacial.— Raphaël ! C’est fini... elle va le faire ! hurla l’homme à l’autre bout, la voix parasitée par un sifflement de vent violent. Camille est sur le toit de l’immeuble, elle est sur le rebord... Elle dit qu’elle ne peut plus supporter le poids de ta trahison, que tu l’as jetée aux chiens pour sauver ta












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