Teilen

CINQ LYCANS POUR UNE OMÉGA
CINQ LYCANS POUR UNE OMÉGA
Déesse

CHAPITRE 1 – VENDUE

last update Veröffentlichungsdatum: 21.09.2026 00:30:30

Luna

Le soleil me brûle la nuque. Je ne bouge pas. Je ne peux pas. Des cordes m'entourent les poignets. Elles sont trop serrées. Le sang coule entre mes doigts. Goutte après goutte. Le sol poussiéreux boit mon sang. Je le regarde. Je ne ressens rien. La douleur est devenue une amie. Une compagne fidèle. Elle me suit partout. Elle me rappelle que je suis vivante.

Le marché noir sent la sueur, la peur et la mort. Partout autour de moi, des cages. Des omégas. Des enfants. Des loups sans meute. Des êtres sans nom. Des yeux vides. Des corps brisés. Des âmes vendues. Je les regarde. Je les reconnais. J'étais l'un d'eux. Je suis encore l'un d'eux.

Moi, j'ai un nom. Luna. Mais ici, personne ne le connaît. Personne ne veut le connaître. Ici, je suis un numéro. Une marchandise. Un objet. Une oméga sans loup. Une poubelle.

Un homme gras s'approche. Il sent la viande pourrie et le vin rance. Il me regarde comme on regarde une bête. Ses yeux sont petits. Ses dents sont jaunes. Ses mains sont moites. Il me palpe les côtes. Il compte mes dents. Il soulève mes cheveux pour voir mon cou. Il cherche des marques. Des cicatrices. Des signes de faiblesse.

— Dix-neuf ans. Oméga. Pas de loup. Pas de meute. Pas de protecteur.

Il sourit. Ses dents sont jaunes. Son haleine est fétide.

— Ça fera l'affaire.

La foule s'agite. Des alpha. Des bêta. Des omégas qui espèrent être achetés. Moi, je n'espère rien. Je sais ce qui m'attend. J'ai vu ma mère vendue. J'ai vu ma sœur vendue. J'ai vu toutes les omégas de ma meute vendues. Une par une. Nuit après nuit. Cri après cri.

Une femme s'avance. Grande. Belle. Des cheveux blonds comme les blés. Des yeux bleus comme la glace. Une robe de soie. Des mains propres. Elle me regarde. Elle me toise. Elle me juge. Elle me condamne.

Je ne connais pas son nom. Pas encore. Mais je connais son regard. C'est le regard de celles qui n'ont jamais souffert. De celles qui sont nées au sommet. De celles qui écrasent les autres sans même s'en rendre compte. De celles qui boivent le sang des faibles et appellent ça du vin.

Elle s'arrête devant moi. Elle penche la tête. Elle sourit. Un sourire lent. Un sourire cruel.

— C'est ça ? C'est ça l'oméga dont tout le monde parle ?

L'homme gras hoche la tête. Il bave. Il transpire. Il a peur d'elle.

— C'est elle.

Séraphine rit. Un rire sec. Un rire qui coupe. Un rire qui blesse.

— Une oméga sans loup, c'est une poubelle.

Elle me crache dessus. Son crachat atterrit sur ma joue. Il coule lentement. Il me brûle. Je ne bouge pas. Je ne m'essuie pas. Je la regarde. Mes yeux ne cillent pas. Mon visage ne tremble pas. Mon corps ne recule pas.

Elle a les yeux bleus. Elle a les mains propres. Elle a une robe de soie. Elle a tout ce que je n'ai pas. Mais elle ne m'impressionne pas.

J'ai vu pire. J'ai vu des alphas me frapper jusqu'au sang. J'ai vu des bêtas me vendre pour une bouteille d'alcool. J'ai vu des omégas mourir de faim. J'ai vu des enfants arrachés à leur mère. J'ai vu ma mère mourir en me donnant la vie. J'ai vu ma sœur se faire violer par cinq loups. J'ai vu mon père vendre ses propres filles pour de l'argent.

Séraphine n'est qu'une oméga. Une oméga favorite. Une oméga qui a oublié d'où elle vient. Une oméga qui a oublié la douleur. Une oméga qui a oublié la peur. Une oméga qui a oublié la faim.

— Tu ne dis rien ? demande-t-elle.

Je souris. Un sourire lent. Un sourire dangereux. Un sourire qui ne monte pas jusqu'aux yeux.

— Je garde mes forces pour ceux qui le méritent.

Ses yeux s'écarquillent. Elle lève la main. Elle veut me frapper. Sa main est fine. Ses ongles sont manucurés. Sa bague brille au soleil.

— Séraphine.

Une voix. Grave. Profonde. Puissante. Une voix qui fait taire le marché. Une voix qui fait trembler les cages. Une voix qui fait pleurer les omégas.

Séraphine se fige. Elle se retourne. Elle blêmit. Sa main retombe. Son sourire disparaît. Sa peur est visible. Sa peur est délicieuse.

Je lève les yeux.

Cinq hommes. Cinq alpha. Cinq lycans.

Ils sont immenses. Ils sont beaux. Ils sont terrifiants. Ils sont la puissance incarnée. Ils sont la mort qui marche. Ils sont tout ce que je déteste. Ils sont tout ce que je désire.

Le premier est grand. Plus grand que les autres. Des cheveux noirs comme la nuit. Des yeux gris comme l'orage. Des épaules larges comme des montagnes. Des mains qui ont tué. Des mains qui tueront encore. Il me regarde. Il ne sourit pas. Il ne fronce pas les sourcils. Il me regarde comme si j'étais un objet. Une chose. Une marchandise.

Kael.

Je ne connais pas son nom. Pas encore. Mais je connais son regard. C'est le regard de ceux qui ont tué. De ceux qui tueront encore. De ceux qui ne s'excusent jamais. De ceux qui ne regrettent rien.

Le deuxième est plus jeune. Des cheveux bruns. Des yeux verts. Une cicatrice sur la joue. Une cicatrice qui raconte une histoire. Une cicatrice qui cache une douleur. Il me regarde. Il sourit. Pas un sourire moqueur. Un sourire curieux. Un sourire vrai.

Dorian.

Le troisième est mince. Des cheveux blonds. Des yeux bleus. Un sourire en coin. Un sourire qui cache des secrets. Un sourire qui ment. Il me regarde. Il m'analyse. Il me calcule. Il me soupèse.

Silas.

Le quatrième est froid. Des cheveux roux. Des yeux noirs. Des mains fines. Des mains qui ont guéri. Des mains qui ont tué. Il me regarde. Il me jauge. Il me soupèse. Il me condamne.

Ronan.

Le cinquième est jeune. Plus jeune que les autres. Des cheveux blonds. Des yeux bleus. Des épaules encore larges. Des mains qui tremblent. Il me regarde. Il rougit. Il détourne le regard. Il a honte. Il a pitié.

Théo.

Cinq alpha. Cinq frères. Cinq colosses. Cinq prédateurs. Cinq bourreaux.

Séraphine s'incline. Sa robe touche le sol. Sa nuque est exposée. Sa peur est visible.

— Alpha Kael. Je ne savais pas que vous viendriez.

Kael ne la regarde pas. Il me regarde. Moi. Seulement moi. Ses yeux gris me transpercent. Ils me lisent. Ils me jugent. Ils me condamnent.

— C'est elle ?

L'homme gras hoche la tête. Il tremble. Il transpire. Il bave.

— Oui, Alpha. Oméga. Dix-neuf ans. Pas de loup. Pas de meute.

Kael s'approche. Il me domine de toute sa hauteur. Il sent le bois, la pluie et le sang. Il sent la puissance. Il sent la mort. Il me regarde longtemps. Trop longtemps. Ses yeux gris s'assombrissent. Ses lèvres se pincent. Ses mains se serrent.

— Elle n'a pas de loup ?

— Non, Alpha. Une oméga sans loup.

Kael sourit. Un sourire froid. Un sourire cruel. Un sourire qui glace le sang.

— Parfait. J'ai besoin de quelqu'un pour nettoyer les écuries.

Je le regarde. Je ne baisse pas les yeux. Je ne pleure pas. Je ne supplie pas. Je ne tremble pas.

— Au moins, les chevaux sentent moins mauvais que mon ancien alpha.

Silence.

Un silence lourd. Un silence épais. Un silence qui dure une éternité.

Lies dieses Buch weiterhin kostenlos
Code scannen, um die App herunterzuladen

Aktuellstes Kapitel

  • CINQ LYCANS POUR UNE OMÉGA    CHAPITRE 16– LA PREMIÈRE FRAPPE

    LunaLe lendemain, Kael me convoque.Je vais dans sa chambre. Je ne veux pas. Je ne devrais pas. Mais je vais. Parce que je suis une esclave. Parce que je suis une chose. Parce que je suis une poubelle.Il est là. Il m'attend. Assis dans son fauteuil. Le portrait d'Elara sur la table. Ses yeux gris sont froids. Plus froids que d'habitude. Plus froids que dans mes souvenirs. Plus froids que dans mes cauchemars.— Tu as parlé à Séraphine.Sa voix est calme. Trop calme. Dangereusement calme.— Elle m'a parlé.— Tu l'as menacée.— Non.— Tu mens.Il s'approche. Lentement. Chaque pas est une menace. Chaque pas est une promesse. Chaque pas est une douleur.— Je t'ai achetée. Tu es à moi. Tu m'obéis.— Je ne suis pas à toi.Il me gifle. Fort. Ma tête tourne. Ma joue saigne. Mon cou craque. Je ne pleure pas. Je ne tremble pas. Je le regarde. Je le défie. Je le hais.— Je t'ai achetée. Tu es à moi. Tu m'obéis.— Je ne suis pas à toi.Il me gifle encore. Encore. Encore. Chaque gifle est plus fo

  • CINQ LYCANS POUR UNE OMÉGA    CHAPITRE 15 – LA VISION DE MORRIGAN

    Il s'approche. Lentement. Chaque pas est mesuré. Chaque pas est prudent. Chaque pas est doux. Ses pieds glissent sur la paille. Ses mains se balancent le long de son corps. Ses yeux ne quittent pas les miens. — Kael t'a protégée. — Oui. — Je suis jaloux. Je le regarde. Je ne comprends pas. Pourquoi serait-il jaloux ? Il est un alpha. Il est un guerrier. Il est un prince. Il peut avoir toutes les omégas qu'il veut. Toutes les femmes. Tous les plaisirs. Pourquoi serait-il jaloux d'une poubelle ? — Jaloux ? — Oui. Je voulais te protéger. Mais il l'a fait avant moi. Je voulais te sauver. Mais il l'a fait avant moi. Je voulais t'aimer. Mais il l'a fait avant moi. Il s'approche. Il s'approche trop. Son souffle est sur ma peau. Son odeur est dans mon nez. Le cuir. La sueur. Le sang. Son pouvoir est dans ma tête. Il m'enveloppe. Il m'étouffe. Il me protège. — Je suis jaloux parce que je t'aime. Je recule. Je croise les bras. Je le regarde. Je ne dis rien. Je ne sais pas quoi dire. Je

  • CINQ LYCANS POUR UNE OMÉGA    CHAPITRE 14 – LA DAGUE DE DORIAN

    Je m'approche. Elle recule. Je m'approche. Elle recule. Jusqu'au mur. Jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus reculer.— Tu as peur. Tu as peur de moi. Tu as peur de perdre Kael. Tu as peur de perdre ton pouvoir. Tu as peur de retourner dans la boue.Je touche sa joue. Ma main est froide. Ma main est sale. Ma main est dangereuse.— Mais tu retourneras dans la boue. Un jour. Bientôt. Parce que je le déciderai.Elle me gifle. Fort. Ma joue saigne. Mon cou craque. Je ne pleure pas. Je souris.— Tu vas payer.Sa voix est un murmure. Un sanglot. Une promesse.— Je paie déjà.Elle part. Elle court. Elle fuit. Je reste seule. Je souris.Séraphine a peur. Elle a peur de moi. Elle a peur de perdre Kael. Elle a peur de perdre son pouvoir. Elle a peur de retourner dans la boue.Je vais l'utiliser. Je vais la briser. Je vais la détruire.Parce que je suis Luna. Je suis une survivante. Je suis une combattante. Je suis une oméga sans loup. Mais je suis plus forte que tous les loups de cette meute.Je ret

  • CINQ LYCANS POUR UNE OMÉGA    CHAPITRE 13 – LA JALOUSIE DE SÉRAPHINE 2

    Il se lève. Il va chercher une bassine. De l'eau. Des bandages. Il revient. Il s'agenouille encore. Il nettoie mes mains. Lentement. Délicatement. Ses doigts caressent ma peau. Ma peau meurtrie. Ma peau blessée. Ma peau qui tremble sous ses doigts.— Pourquoi ?Ma voix est un souffle. Un murmure. Une question que je n'aurais pas dû poser.— Pourquoi quoi ?— Pourquoi tu me protèges ?Il s'arrête. Il me regarde. Ses yeux gris me lisent. Ils me jugent. Ils me comprennent.— Parce que tu es à moi.— Je ne suis pas à toi.— Si. Tu es à moi. Je t'ai achetée. Tu es ma propriété. Ma chose. Mon oméga.— Je ne suis pas une chose.— Non. Tu n'es pas une chose. Tu es une femme. Une oméga. Une survivante. Une combattante.Il touche ma joue. Sa main est chaude. Douce. Tremblante.— Tu es à moi. Et je te protégerai. Toujours.Il me regarde. Ses yeux gris sont doux. Plus doux que d'habitude. Plus doux que dans mes souvenirs. Plus doux que dans mes cauchemars.— Dors. Je veille.Je m'endors. Je ne ve

  • CINQ LYCANS POUR UNE OMÉGA    CHAPITRE 12 – LA JALOUSIE DE SÉRAPHINE

    J'avance. Lentement. Mes pieds nus glissent sur le tapis. Le tapis est doux. Le tapis est chaud. Le tapis est dangereux.Mes mains tremblent. Je les cache dans les plis de ma robe. Je ne veux pas qu'elle voie. Je ne veux pas qu'elle sache. Je ne veux pas qu'elle utilise ma peur contre moi.Je m'arrête devant elle. À trois pas. Assez près pour qu'elle me touche. Assez loin pour que je puisse fuir. Assez près pour qu'elle me sente. Assez loin pour que je respire.— À genoux.Je ne bouge pas. Je ne plie pas. Je ne m'agenouille pas. Je ne suis pas un chien. Je ne suis pas un esclave. Je ne suis pas une poubelle.— À genoux, poubelle.Je ne bouge pas. Mon cœur bat. Fort. Vite. Mes mains tremblent. Mes jambes tremblent. Mais je ne bouge pas.Séraphine fait signe à un garde. Un homme grand. Large. Armé. Une montagne de muscles. Un monstre de violence. Il s'approche. Ses pas font trembler le sol. Ses yeux sont vides. Ses mains sont énormes.Il me pousse. Fort. Je tombe. Mes genoux frappent le

  • CINQ LYCANS POUR UNE OMÉGA    CHAPITRE 11 – LA FÊTE DE SÉRAPHINE

    LunaLe lendemain, Mira vient me chercher.Je suis dans les écuries. Agenouillée dans la paille. Mes mains plongées dans la litière sale. Mes ongles noirs de crasse. Mes cheveux collés à mon front par la sueur. Mon dos me fait mal. Mes genoux me font mal. Mon âme me fait mal.Cela fait trois jours. Trois jours que je nettoie. Trois jours que je survis. Trois jours que je compte chaque respiration comme une victoire. Je ne me suis pas lavée depuis trois jours. Je ne me suis pas reposée depuis trois jours. Je ne me suis pas plainte depuis trois jours.Je survis. C'est tout ce que je sais faire. C'est tout ce que j'ai toujours su faire.Les chevaux me connaissent maintenant. Ils ne ruent plus quand j'approche. Ils ne mordent plus quand je les touche. Ils me regardent avec leurs grands yeux sombres. Des yeux qui comprennent. Des yeux qui compatissent. Des yeux qui ne jugent pas.Je préfère les chevaux aux humains. Les chevaux ne mentent pas. Les chevaux ne trahissent pas. Les chevaux ne f

Weitere Kapitel
Entdecke und lies gute Romane kostenlos
Kostenloser Zugriff auf zahlreiche Romane in der GoodNovel-App. Lade deine Lieblingsbücher herunter und lies jederzeit und überall.
Bücher in der App kostenlos lesen
CODE SCANNEN, UM IN DER APP ZU LESEN
DMCA.com Protection Status