LOGINSur le point de me faire une révélation, il baisse la tête, visiblement très mal à l’aise. On dirait que notre avenir en dépend.— Je dois vérifier quelque chose !Je n’ai pas le temps de demander quoi, il s’approche lentement et me dépose un baiser sur les lèvres. Comme j’attendais ce geste depuis longtemps, je l’attire contre moi et nous recommençons. Il s’allonge, je ne maîtrise pas mes émotions. Nos caresses se précisent, mais il se redresse brusquement en se raclant la gorge et ajoute :— Nous allons peut-être attendre un peu, tu ne penses pas ?Aveuglée par le plaisir de le retrouver, je n’avais pas prêté attention au reflet doré de ses pupilles. J’ai refusé de voir la vérité en face. Maintenant je comprends mieux son hésitation, sa fébri
J’entends prononcer mon prénom et sens une main frôler mon visage alors j’entrouvre les yeux difficilement. Mes paupières sont lourdes et ma vue encore floue. Puis peu à peu, je sors de cette torpeur en apercevant le visage de Léo au-dessus de moi. Je dois rêver ! Il me faut quelques minutes pour comprendre que c’est bien réel.— Tu es en sécurité ! ça va ? me demande-t-il doucement.Je ne comprends rien, je le regarde, hébétée, que fait-il là ? Rémi et Paul sont là aussi. Je suis allongée sur le siège arrière de la voiture. Nous sommes au milieu des bois. Il fait nuit, je remarque la pleine lune entre la cime des arbres et mon poignet me brûle. Je porte un bandage qui a suinté et des traces de griffure sur l’avant-bras.— Mais que m’est-il arrivé ? Qu’est-ce que c’est que ce truc ?— Ne l’enlève pas ! Paul t’a soignée ! m’indique Léo.— Mais j’ai tellement mal !— C’est normal ! Tu as été mordue ! Ils ont essayé de te transformer ! Bois ça ! Et il me tend une fiole.Je regarde Léo et
La douleur irradie mon crâne et me rappelle ce qui s’est passé. Je n’ai aucune notion du temps écoulé. Je n’y vois rien, car ils m’ont bandé les yeux. Je perçois des présences, cette sensation familière m’évoque la vieille grange. Là où j’ai retrouvé le corps des deux victimes, là où il s’en débarrasse ! C’est le premier endroit où mes amis me chercheront, je m’accroche à cette idée ! Mais le froid me saisit et je grelotte. Je suis allongée sur un matelas sans aucun indice me permettant de me repérer. J’ai les mains attachées derrière le dos et une corde me blesse les chevilles. J’appelle à l’aide, ma voix se perd dans le silence ! La panique s’empare de moi.Soudain, j’entends des bruits de pas, une porte se déverrouille, quelqu’un s’approche.— N’aie pas peur, je vais te détacher ! me dit Mathieu que je reconnais même dans le noir. Je t’enlève ton bandeau mais je te préviens : ne tente pas de nous échapper, sinon… Je ne voudrais pas abîmer ton joli minois ! Tu étais trop curieuse !
Il m'empoigne le bras et m’entraîne avec lui. Impossible de résister à sa force.Il me pousse à l'intérieur de son véhicule et démarre sur les chapeaux de roues. Nous sortons de la ville. J’ai intérêt à coopérer si je veux revoir ma famille. Une vague de panique me submerge : une faiblesse de trop qui peut altérer mes pouvoirs.Je prends sur moi et contrôle ma main toute tremblante. Ma peur s’estompe et je baisse ma garde quand nous arrivons devant un lac. Un lieu à la fois magnifique et romantique, je ne le croyais plus capable de sentiments humains ! Ce paysage me laisse entrevoir une autre partie de sa personnalité, que je ne soupçonnais pas. Il coupe le moteur. L’espoir me revient.
L’enlèvementCe matin c’est le grand jour ! Je me prépare à mettre en application mon plan pour coincer Mathieu. Mes pouvoirs et un collier censé me protéger contre le mal ne m’empêcheront pas de me dégonfler si je ne prends pas sur moi. Si je suis les conseils de Paul à la lettre, je me dis qu’il n’y a pas de raison que je meure aujourd’hui.J’attends Mathieu, dissimulée derrière un bosquet, pendant une vingtaine de minutes. Je manque à plusieurs reprises, de décamper. Je l’aperçois, mon cœur s’emballe, mes jambes sont en coton mais je rassemble mon courage pour l’affronter. Je sors de ma cachette, en m’arrangeant pour qu’il pense que notre rencontre est un h
En plus, il y a un problème plus grave.Je décide de lui raconter tout ce que j’ai découvert sur lui mais aussi sur Paul car il semble bien maîtriser le sujet. J’ajoute qu’il sort avec ma mère et qu’il s’est installé à la maison.— Matthew pensait venir en France pour les vacances il pourra peut-être vous aider.— Il ne sera pas de trop, nous aurons bien besoin de lui.À peine ai-je raccroché, que mon portable sonne à nouveau. C’est Rémi qui me donne rendez-vous au pub. Comme ma curiosité l’emporte toujours, j’échappe à l’interrogatoire de ma mère, qui proteste. Paul m’intercepte à l’extérieur.— Où vas-tu ? demande-t-il d’un ton autoritaire.— Rejoindre Rémi, il a besoin de moi !— Tu vas au Pub ? continue-t-il.— Oui !— Sois prudente ! ajoute-t-il en se radoucissant.— D’accord !— Tu as pu voir Mathieu ?— Non ! Et puis pour le journal, je sais trop de choses, je…— Sois patiente ! Ne dis rien pour l’instant, chaque chose en son temps ! reprend-il.— Mais j’ai l’impression de men
— Votre projet me séduit beaucoup et ce sera avec plaisir que je vous apporterai mon aide ! Quand commençons-nous ?— Maman s’il te plaît je pourrai en faire partie ?— Attends, j’ai prévu des formulaires pour les candidatures, si tu veux, tu m’en remplis un !Elle me tend une feuille.— Oui, je le
La gazette du LoupCe matin, comme c’est le cas depuis une semaine, une voiture aux vitres teintées nous suit jusqu’au lycée. Je compte bien découvrir l’identité du conducteur, mais Clara est déjà là et je vais la rejoindre. Je ne peux m’empêcher de me retourner discrètement, et j’aperçois Paul de
— Très juste. Et ce qu’il a dit de vous dans son article ne vous a pas servie. Apparemment, il vous en veut !— Pourriez-vous préciser le fond de votre pensée ?— L’auteur de ces quelques lignes laisse clairement supposer que vous êtes une sorcière, en tout cas c’est ce qu’il a écrit, et en écoutan
Léo et moiDepuis que nous sommes ensemble, ma mère accepte que Léo m’emmène au lycée, tous les matins. Justement, quelqu’un sonne à la porte, ce doit être lui ! Mon cœur bat la chamade ! Être une sorcière demande de la concentration, mais une sorcière amoureuse, nécessite une parfaite maîtrise; ma







