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Chapitre 190— La capture

Author: Déesse
last update publish date: 2026-09-26 00:29:27

Valentina

Ils la ramènent à Buenos Aires cette nuit-là.

Ce n'est pas un transfert officiel. Cela le deviendra plus tard, quand nous la livrerons au commissariat d'Insaurralde. Pour l'instant, elle voyage à l'arrière d'une berline banalisée, entre deux hommes de Sanabria, menottée aux mains devant elle, capuche rabattue. Six heures de route. Ils font un arrêt technique à Pergamino ; personne ne sort. Ils arrivent à Buenos Aires à quatre heures du matin.

Je les attends dans une pièce.

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    SantiagoElle vient le lendemain, à onze heures. Je ne l'attendais pas. Ou plutôt : je n'osais pas l'attendre, ce qui est différent, et qui laisse le corps dans un état de vigilance permanente qui fatigue plus que l'attente elle-même.Elle frappe deux coups à la porte de la maison d'hôtes. Deux coups nets. Puis elle entre sans attendre la réponse, c'est chez elle, après tout ; c'est ma règle qui l'invente, pas la sienne, et elle referme derrière elle.Elle porte un jean, un pull marin, des baskets. Cheveux relevés à la va-vite. Pas de maquillage. Elle a l'air d'une femme qui n'a pas dormi.— Assieds-toi, dit-elle. Où tu veux. Là.Elle désigne le fauteuil près de la fenêtre. Je m'y assieds. Elle prend la chaise en face, se penche en avant, coudes sur les genoux, et elle me regarde.— Raconte.Un mot. Un ordre. Elle ne préfacera pas. Elle ne va pas dire j'ai réfléchi toute la nuit, ou tu as dit hier, ou je veux c

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    Elle attend.— Tu vas coopérer, dis-je. Complètement. Tu vas donner les noms de tes complices, les numéros de comptes, les canaux. Et tu vas témoigner contre eux si nécessaire. Si tu coopères, vraiment, entièrement, je demanderai à mes avocats de plaider en ta faveur au moment de la peine. Pas pour toi. Pour Milagros. Elle a demandé, l'autre jour, si tu allais aller en prison longtemps. J'ai dit oui. Elle a dit j'aimerais qu'elle apprenne à être moins triste avant de sortir. C'est elle qui te sauve d'une partie de ta peine, Renata. Pas moi. Elle.Renata pleure encore. D'une autre façon, cette fois. Une pleur silencieuse et lente qui n'a plus rien de la panique.Je sors.Dans le couloir, Sanabria m'attend.— On la conduit à Insaurralde ?— Dans une heure. Laissez-la se laver d'abord. Donnez-lui de l'eau. Elle n'a rien avalé depuis dix-huit heures.— Madame.— Sanabria.— Oui, madame.— Merci.

  • Celle qu'il croyait morte    Chapitre 190— La capture

    ValentinaIls la ramènent à Buenos Aires cette nuit-là.Ce n'est pas un transfert officiel. Cela le deviendra plus tard, quand nous la livrerons au commissariat d'Insaurralde. Pour l'instant, elle voyage à l'arrière d'une berline banalisée, entre deux hommes de Sanabria, menottée aux mains devant elle, capuche rabattue. Six heures de route. Ils font un arrêt technique à Pergamino ; personne ne sort. Ils arrivent à Buenos Aires à quatre heures du matin.Je les attends dans une pièce.C'est une pièce dans un bâtiment que je possède sans être propriétaire, c'est-à-dire dans un bâtiment que San Román Capital loue à un intermédiaire qui loue à un autre intermédiaire, et qui contient trois étages officiels et une pièce non officielle au sous-sol. La pièce fait quatre mètres sur cinq. Les murs sont blancs. Il y a une table, deux chaises, une ampoule. Pas de fenêtre. Pas de caméra. Pas de témoin.Cette pièce n'est pas une pièce de torture. Ce n'est pas mon métier. C'est une pièce d'entretien

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    ValentinaLa traque prend six semaines et se termine dans un immeuble sans nom d'un quartier sans grâce.Je ne la mène pas seule. C'est ce qu'il faut dire tout de suite, parce que c'est nouveau, et parce que c'est inconfortable. La traque de Renata Fierro est menée conjointement par mes hommes et par les hommes de Santiago, enfin, par ce qu'il reste des hommes de Santiago, c'est-à-dire Tomás, un vieux lieutenant nommé Sanabria, et trois ou quatre fidèles qui n'ont pas voulu partir malgré la débâcle.C'est Santiago qui a proposé cette coopération. Trois jours après son installation à l'estancia, il m'a demandé un rendez-vous, un rendez-vous officiel, à onze heures, à la table de la véranda de la maison principale, sans les enfants, et il m'a dit :Renata est mon problème. C'est moi qui l'ai créée. Je veux mes hommes dedans. Pas pour la peine, la peine, ce sera ton juge et tes moyens. Mais pour la recherche. Je connais ses ruses. J'ai vécu onze ans avec elle. Je sais où elle va se cache

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