LOGINLa porte de la suite se referma doucement derrière eux, étouffant les derniers bruits de la réception. Le silence qui suivit était différent de tous ceux qu'ils avaient connus un silence apaisé, intime, chargé de promesses.La chambre était magnifiquement décorée. Des pétales de roses rouges jonchaient le sol, formant un chemin jusqu'au lit immense aux draps de soie blanche. Des bougies diffusaient une lumière tamisée, dansante, créant des ombres douces sur les murs. Un bouquet de fleurs fraîches embaumait la pièce, mêlé à l'odeur subtile du bois de santal. Une bouteille de champagne millésimé attendait dans un seau d'argent, à côté de deux coupes en cristal.Collen s'arrêta un instant, contemplant la scène.– C'est magnifique, murmura-t-il.Chantelle s'approcha de lui, passa ses bras autour de sa taille.– C'est parfait.Il l'embrassa tendrement.– Je vais prendre ma douche. Je te laisse profiter de tout ça.– Dépêche-toi. Elle sourit, un sourire malicieux.Il disparut dans la salle d
Le soleil était doux, presque timide, comme s'il respectait le silence des lieux. Chantelle et Collen marchaient main dans la main entre les tombes, leurs pas feutrés sur l'herbe humide.Devant eux, une imposante pierre tombale : celle du grand-père Wilkerson.Collen s'agenouilla, posa une main sur le marbre froid.– Papi. Sa voix était grave, émue. Je suis venu te dire que la promesse est enfin réalisée. Chantelle est devenue ma fiancée, bientôt ma femme. La fille de Laurence, celle que tu avais choisie pour moi.Chantelle s'agenouilla près de lui, déposa une rose blanche sur la tombe.– Merci, monsieur. Elle sourit doucement. Merci d'avoir cru en ma mère. Merci d'avoir fait cette promesse. Sans elle, je ne serais peut-être jamais arrivée jusqu'à Collen.Collen lui prit la main, la serra.– Il serait fier de toi. De nous.Ils restèrent un moment en silence, puis se relevèrent.– Maintenant, dit Chantelle, viens. Je veux te présenter quelqu'un.Ils marchèrent jusqu'à l'autre bout du c
Le soleil filtrait à travers les stores de la chambre de Collen, dessinant des rayures dorées sur le sol. Collen était toujours allongé, immobile, les yeux fermés. Les machines bipaient calmement, rassurantes.Dans la chambre de Chantelle, Hélène tentait de convaincre la jeune femme de prendre soin d'elle.– Chantelle, ma chérie, il faut que tu ailles dans ta chambre. Tu dois prendre une douche, te changer, et le médecin doit te réexaminer.– Je ne veux pas le laisser seul. Chantelle serrait toujours la main de Collen, ses yeux rougis par une nuit de veille.– Tu ne le laisses pas seul. Robin est là, je serai avec toi le temps de ta douche, et tu reviens aussitôt après. Hélène lui caressa les cheveux. Il a besoin que tu sois forte. Et pour ça, il faut que tu prennes soin de toi aussi.Chantelle hésita, puis se pencha vers Collen. Elle déposa un baiser sur son front, sur ses lèvres.– Je rentre bientôt, mon amour. Ne t'inquiète pas, je reviens vite. Je viendrai veiller sur toi.Elle lu
Les ambulances arrivèrent, gyrophares tournoyants. Les infirmiers se précipitèrent, installèrent Collen sur un brancard, Chantelle sur un autre.Avant de fermer les portes du véhicule, Chantelle regarda Stéphane.– Merci. Des larmes coulaient sur ses joues noircies. Merci de nous avoir sauvés.– C'est normal. Il lui sourit, les yeux brillants. On est frères, non ?Elle rit, pleura, hocha la tête.– Frères. Pour toujours.Les portes se refermèrent. Les ambulances démarrèrent, emportant les deux amoureux vers l'hôpital, vers la guérison, vers la vie.Stéphane resta un moment immobile, regardant les véhicules s'éloigner. Puis il se tourna vers la cabane en feu, vers les policiers qui maîtrisaient Rhonda, menottée, hurlante de rage.– Emmenez-la, dit-il calmement. Et qu'elle pourrisse en prison.Il rejoignit Marco, qui l'attendait un peu plus loin, et ensemble, ils disparurent dans la nuit.La cellule était froide, humide, éclairée par un néon blafard qui bourdonnait sans interruption. Rh
La voiture de Collen roulait à tombeau ouvert. Il doubla la limite de vitesse, slaloma entre les véhicules, le cœur battant, l'esprit focalisé sur un seul objectif : sauver Chantelle.Son téléphone sonna. Stéphane.– Où t'es ?– J'arrive. Encore dix minutes.– On t'attend. Marco est avec moi.– Marco ? Collen fronça les sourcils. Qu'est-ce qu'il fait là ?– C'est lui qui nous a conduits ici. Je t'expliquerai plus tard.Collen raccrocha, accéléra encore.Les deux voitures arrivèrent presque en même temps, se garant un peu plus loin, cachées par les arbres. Collen rejoignit Stéphane et Marco.– C'est ici ? demanda Collen en observant la cabane.– Oui. Marco montra du doigt. Et regardez, il y a une dizaine d'hommes autour. Elle est bien gardée.Stéphane regarda Collen.– Il faut un plan.– J'ai une idée. Marco avança. Laissez-moi faire.Il s'approcha de la cabane, l'air perdu, les mains dans les poches.– Eh, monsieur ! appela-t-il en s'adressant aux gardes. Bonjour !Les hommes le regar
Stéphane composa un numéro sur son téléphone. La sonnerie retentit longtemps, puis une voix méfiante répondit.– Allô ?– Marco. C'est Stéphane Segarra. Il faut qu'on se voie. Tout de suite.Un silence. Puis :– Où ?– À la cafétéria près du parc. Dans vingt minutes. Sois là.Il raccrocha et démarra en trombe.Marco Sallé était assis à une table du fond, nerveux, les yeux fuyants. Stéphane s'assit en face de lui sans un mot, le regard dur.– Monsieur Segarra, commença Marco, la voix tremblante. Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?– J'ai une très grande tâche pour toi.– Laquelle ?– Il faut que tu me dises tout ce que tu sais sur Rhonda. Tous ses sales boulots. Toutes ses planques.Marco blêmit.– Monsieur, je… je ne peux pas…– Tu peux. Stéphane planta ses yeux dans les siens. Et tu vas le faire. Parce que si tu ne parles pas, je te livre à la police. Et avec tout ce que tu as fait, tu en as pour longtemps.Marco transpirait à grosses gouttes.– Je vous jure, monsieur, je n'ai fa
Chantelle resta figée, son esprit en plein tumulte. Tout ce qu’il disait avait du sens, et pourtant… un doute demeurait. Elle se mordit la lèvre avant de murmurer, presque pour elle-même :— Mais… cela ne prouve pas votre innocence, M. Wilkerso
Lorsque le soir arriva, Chantelle rangea soigneusement les dossiers sur son bureau. Comme à son habitude, elle prit son sac, prête à quitter son poste, les épaules légèrement tendues après une longue journée.Au même moment, Collen refermait également la porte de son bureau. Chantelle croisa les b
Collen revint de sa réunion aux alentours de dix heures et se dirigea directement vers son bureau. Il s’assit derrière son large bureau en acajou, l’air concentré, et saisit le combiné du téléphone. Ses doigts tapotaient le clavier avec précision, son regard froid fixé sur l’écran lorsqu’il composa
Son regard chercha Collen. Mais ce qu’elle y lut la paralysa : colère froide, méfiance, jugement.Elle tenta de se défendre, sa voix tremblante mais déterminée :— M. Wilkerson, je vous en prie… croyez-moi. Je n’ai rien fait qui pourrait déshonorer cette entreprise.Mais avant qu’elle ait pu termin







