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Chapitre 5

ผู้เขียน: Les écrits d'une Mariam
last update วันที่เผยแพร่: 2026-04-29 06:59:01

Chapitre 5

Drago

Le contrat est lourd dans ma main, pas à cause du papier  quelques feuilles à en-tête notarié  mais à cause de ce qu'il représente. Un père qui vend sa fille. Une dette de sept cent mille euros transformée en acte de propriété. La signature de Giuseppe Sarri, tracée au Montblanc, sur la ligne en pointillés. L'encre bleu nuit, encore fraîche, a bavé sur la dernière lettre de son nom  sa main tremblait.

Je tiens le document sous les yeux de Ludovica, assez près pour qu'elle puisse lire, assez loin pour qu'elle ne puisse pas le déchirer. Ses pupilles parcourent les lignes, et je bois chaque micro-expression qui traverse son visage : la crispation des sourcils, l'arrondi des lèvres, puis l'immobilité, cette immobilité soudaine qui est pire qu'un cri. Elle a compris le terme « attivo », elle a compris la clause de cession, elle a compris que son père a paraphé chaque page. J'attends une larme, un cri, une insulte. Rien. Le visage de marbre.

C'est presque décevant.

— Tu veux vérifier ? je propose en tournant les pages une à une. La clause de rachat est inexistante, au cas où tu aurais des illusions. La cession est pleine, entière, irrévocable. Tu es ici pour sept cent mille euros, Ludovica. Tu ne les vaux peut-être pas, mais ton père, lui, les valait.

— Où est-il ? demande-t-elle, et sa voix, enrouée, est la première chose qu'elle prononce depuis qu'elle est entrée dans cette maison.

— Ton père ? En fuite. Il a pris l'argent de la dette, ce qu'il en restait après avoir épongé ses créanciers les plus pressants, et il a disparu. Il m'a envoyé un texto, figure-toi. Un seul mot : « Pardonne-moi. » Je l'ai effacé.

Ses narines palpitent, mais ses yeux restent secs. C'est une résistance admirable, et j'en suis à la fois agacé et fasciné. La plupart des gens s'effondrent à ce stade. Les hommes d'affaires que j'ai ruinés pleuraient sur ce même marbre. Les héritiers déchus me suppliaient à genoux. Elle, non. Elle encaisse.

Je repose le contrat sur le guéridon. Mes hommes attendent, statues noires.

— Tu n'es pas une prisonnière au sens légal du terme, reprends-je. Légalement, tu es une employée sous contrat perpétuel. Tu seras nourrie, logée, vêtue. Tu auras des tâches, que je définirai. Tu parleras quand je te le dirai. Tu te tairas quand je te le dirai. Tu mangeras quand je te le dirai. Et tu dormiras quand je te le dirai.

Je marque une pause. Elle me fixe, impénétrable.

— Enfreins mes règles, et tu seras punie. Enfreins-les encore, et la punition doublera. Essaie de fuir, et tu découvriras que la villa Valenti est une prison bien plus efficace que tous les pénitenciers d'Italie. La falaise est à pic, la mer est froide, et mes hommes patrouillent vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Compris ?

Elle ne répond pas, mais je ne lui ai pas posé de question. J'avais dit « tu parleras quand je te le dirai », et ce n'était pas le cas. Qu'elle apprenne les codes.

Je me tourne vers Mariano, mon majordome, qui attend dans l'ombre du vestibule.

— Conduisez-la à sa chambre. Qu'elle se prépare pour le dîner. Je veux la voir à vingt heures précises. Dans la robe que j'ai choisie.

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