LOGINJUIN
MOI ? J'APPARTENAIS AU ROI DES LYCANES ?
Cette fois, je levai les yeux au ciel. « C'est peut-être un peu fort. Je n'appartiens à personne. » Miss Fiona me fusilla du regard. « Pas encore », ajoutai-je.
« Non, non, non », dit l'homme en s'interposant entre nous. « Tout va bien. Je suis Colt Davies et je travaille à la cour du Roi des Lycanes. »
Je souris. Vraiment ? Intéressant.
« Comme si je ne pouvais pas déjà le deviner à votre robe ! C'est pour ça que vous vous permettez de bousculer les gens comme ça ? Si je n'étais pas si occupé, j'aurais déjà porté l'affaire devant le Conseil. »
Je l'entraînai à l'écart, murmurant des excuses aux hommes. « Je crois que ça suffit. Vous attirez suffisamment l'attention sur moi, et ça me plaît. » Je grimaçai tandis que les gens s'arrêtaient pour nous dévisager. Déesse, mon premier jour ici et j'étais déjà en train de tout gâcher !
Elle souffla et, d'un claquement de doigts, redevint la jeune femme parfaite qu'elle était auparavant. Non pas qu'elle ait paru imparfaite pendant cette petite dispute. Après tout, cette femme était-elle capable d'être autre chose que parfaite ? « Venez, par ici. »
Elle nous guida à travers de nombreux couloirs et escaliers, et tandis que j'admirais… enfin, tout dans cet endroit, j'avais les pieds en compote. Juste au moment où je pensais ne plus pouvoir supporter la douleur, Mlle Fiona s'arrêta. « Voici votre chambre. J'espère que vous pourrez la trouver seule la prochaine fois. Il y a cinq chambres de chaque côté, et la dernière porte mène à la salle commune qui donne sur la salle à manger où vous prendrez vos trois repas. »
J'acquiesçai, parcourant le couloir du regard, puis retins mon souffle lorsque mon attention se posa sur un groupe de jeunes femmes qui se dirigeaient vers nous. J'en restai bouche bée. Si Mlle Fiona était parfaite, alors ces jeunes femmes étaient impeccables.
Des lèvres pulpeuses et rouges, des cheveux blonds, bronze et d'un noir profond, et des corps élancés qui se mouvaient avec une grâce que je ne pouvais même pas rêver d'égaler. La qualité de leurs vêtements me disait qu'elles n'étaient pas de mon rang et ils sculptaient leurs courbes sans rien dévoiler.
À côté d'elles, j'avais l'air d'une moins que rien.
Mince, pourquoi m'avaient-elles forcée à venir ici ? À cet instant précis, je voulais être n'importe où – même de retour dans mon campement – mais pas ici.
L'une des femmes s'avança. Sa robe jaune bouton d'or mettait en valeur ses cheveux blonds. Mon seul avantage sur elle était ma taille. Je la dépassais de plusieurs centimètres. Dommage que ce soit mon seul atout. Avec mon mètre soixante-dix-huit, j'étais plus grande que la plupart des filles – du moins, que toutes les filles de mon campement.
« Bonjour », dit-elle de la plus belle voix que j'aie jamais entendue. « Êtes-vous l'une des participantes ? »
« Bien sûr que non. Je pense que c'est une servante », dit l'une des filles, et les autres se joignirent à son rire. « Mariel, tiens-toi tranquille », gronda la blonde, visiblement la chef de la bande. « Je ne pense pas qu'elle soit une servante ici. D'ailleurs, les servantes sont plus élégantes et on peut deviner à quelle cour elles servent rien qu'à la couleur de leur robe. »
J'étais tellement absorbée par le nom de ma première ennemie que je n'écoutais pas ce que disait la fille. Mariel. Joli nom.
« Je m'appelle Adeline », dit la blonde. « Et toi ? »
Je pinçai les lèvres. « Je ne suis pas sûre que ça t'intéresse. Alors, "servante", ça fera l'affaire. »
Déesse, je venais d'arriver à Warding et j'avais déjà fait un scandale et je m'étais fait un ennemi. Qu'est-ce qui pouvait encore m'arriver de pire ? Mince ! J'aurais peut-être pas dû poser cette question.
« Eh bien, voici mes amies, Mariel et Anna. Nous sommes toutes des Lycans et mon père est le président du conseil. C'est un peu comme chez moi. J'espère que tu passeras un bon séjour, Servante. »
J'avais un mauvais pressentiment. « Merci », ai-je répondu. « Je suis sûre de vous revoir. »
« Bien sûr. » Adeline inclina la tête en guise d'adieu élégant. « À bientôt. »
Elle s'éloigna, ses amies la suivant à grandes enjambées. Je laissai mon regard s'attarder un instant sur elles avant de congédier le trio et de reporter mon attention sur Mlle Fiona qui, comme par hasard, s'était éclipsée de la conversation depuis le début.
J'inclinai la tête. « Alors, ma chambre ? »
Elle sursauta. « Oh. Bien sûr. Par ici. »
Nous avons marché en silence, tournant et dérivant à plusieurs reprises avant qu'elle ne s'arrête juste devant une porte. Plongeant la main dans le sac qu'elle serrait contre elle, elle en sortit une carte magnétique et la passa dans le lecteur. La porte s'ouvrit avec un clic et nous étions à l'intérieur en un clin d'œil.
« Voici votre chambre. »
Pour la énième fois de la journée, je restai bouche bée. La chambre était plus grande que toute ma maison. Un lit deux places trônait dans un coin, donnant sur une immense baie vitrée. Je poussai un cri de joie et courus vers lui. De là, je pouvais voir le pont que nous avions traversé pour arriver ici, la cascade en contrebas et même le tribunal du Conseil.
« C'est… » Je me tournai vers Mlle Fiona, dont l'expression restait la même, blasée et détachée. Mon sourire s'effaça. Elle devait être habituée à ce genre de train de vie luxueux. Elle s'approcha des portes que je n'avais pas remarquées et désigna d'abord celle de ma gauche.
« Voici le dressing. Tout ce dont vous avez besoin pour toute la durée de la Sélection est déjà fourni. S'il vous manque quelque chose, n'hésitez pas à me le dire et je vous l'apporterai. »
Je fronçai les sourcils. « Ce n'est pas la dernière fois que je vous vois ? »
Ses lèvres esquissèrent un sourire, mais elle garda un visage impassible. « Pourquoi ? Vous pensiez vous débarrasser de moi aussi facilement ? Je serai votre conseillère pendant toute la durée de votre séjour. Je vous guiderai à travers tout ce qui se passe et, à la fin de chaque semaine, je dois vous faire un rapport sur vous et vos progrès. Toutes les filles ici en ont un. »
Je levai les yeux au ciel. « Alors, vous êtes une espionne ? »
« Croyez ce que vous voulez. Sachez simplement que le Conseil vous surveille constamment. Si je ne suis pas là, il y a des caméras partout et ils peuvent vous surveiller à tout moment. Alors, je vous conseille de vous tenir à carreau. »
Soudain, je me suis sentie épuisée. Chaque muscle de mon corps réclamait mon repos. Je me suis effondrée sur le lit. Assimiler toutes ces nouvelles informations en deux heures, ça vous épuise.
Mlle Fiona m'a ignorée et a désigné l'autre porte. « Voilà votre salle de bain. Vous pourrez y jeter un œil quand vous vous sentirez mieux. À 20 h, vous devez rejoindre les filles pour dîner. Chaque matin, je passerai vous faire le point sur votre emploi du temps. Vous pourrez me dire si vous avez besoin de quoi que ce soit d'ici là. Si vous avez besoin de moi avant, vous pouvez toujours appuyer sur le bouton au-dessus de votre lit. »
Je l'ai fixée du regard une fois qu'elle eut terminé. On aurait dit qu'elle avait lu tout ça dans un livre. Pfff. Est-ce qu'on a le droit de s'amuser ici ?
JUIN« Mademoiselle Lily, accepteriez-vous de répondre à la question en premier ? » demanda Killian d'une voix douce.Lily sourit. « Bien sûr, Votre Altesse. Je suis prête à sacrifier mon confort, mes désirs personnels et ma liberté pour cette couronne, car vous servir, c'est servir le royaume. Je ne placerai rien au-dessus de votre volonté. »« Vous me flattez, ma dame », répondit Killian, lui lançant un regard charmeur.« Merci, Votre Altesse », répondit Lily en souriant. La scène devenait vraiment gênante.« Vous pouvez répondre à la question maintenant, Mademoiselle Adeline », murmura Killian.« Bien sûr », répondit Adeline en s'avançant. « Je suis prête à me sacrifier si cela renforce votre règne, car il n'y a pas de plus grand honneur que de se tenir aux côtés d'un roi comme vous. Je ne prétendrai jamais rien qui soit au-dessus de votre autorité, pas même mes propres désirs. »Killian lui sourit. « Vos paroles sont douces et agréables à l'oreille, ma dame. »« Merci, Votre Altes
JUINLa nuit précédant l'épreuve finale fut calme et tendue. Nous la passâmes toutes les trois seules, en silence. Je m'attendais à ce qu'Adeline me taquine sur mon échec du lendemain, mais elle ne le fit pas. Apparemment, le départ de Mariel et Anna de Warding lui était insupportable. Je suppose qu'elle découvrait la solitude.Mlle Fiona arriva ce soir-là, mais elle ne dit rien. Elle se contenta de me regarder jusqu'à ce que je brise le silence.« Pourquoi me regardes-tu comme ça ? » demandai-je.« Rien, ce n'est rien », répondit-elle en haussant les épaules. « Je suis juste un peu dépassée, je pense que nous le sommes toutes. »« Pourquoi ? » voulus-je savoir.« Demain, Warding n'existera plus. Je retournerai à ma place. Quant aux candidates, elles rentreront chez elles ou iront à Telmhyst où elles deviendront reines », répondit calmement Mlle Fiona.« Gagner ou rentrer chez soi, les deux options me semblent excellentes », ai-je répondu en riant. Mais en réalité, je ne le pensais pa
KILLIAN« La dernière candidate est Mlle June », m’annonça-t-elle. Un sourire incontrôlable se dessina sur mes lèvres, malgré ma conscience de l’interdit. Je dus me ressaisir pour que Mlle Jasmine ne remarque rien de ce qui se tramait entre June et moi.« Vous avez bien réussi », dis-je en m’éclaircissant la gorge. « J’espère que toutes les finalistes sont saines et sauves ? »« Oui, Votre Altesse », répondit-elle. « Je crois que certaines ont pleuré à cause du départ de leurs proches, mais je pense qu’elles s’en remettront. Avec votre permission, nous procéderons à la dernière épreuve après-demain et vous aurez enfin votre âme sœur à vos côtés. Quant à celles qui ont été disqualifiées aujourd’hui, nous les préparerons à devenir les concubines de celles que vous jugerez dignes. »« Non, ne faites pas ça ! » m’exclamai-je.« Mais c’était le plan, non ? » demanda Mlle Jasmine, perplexe.« Oui, c’était le plan, mais j’ai changé d’avis », répondis-je. « Je souhaite que les candidates puis
KILLIANLes mauvaises nouvelles arrivent par vagues, mais les bonnes aussi. La première bonne nouvelle que j'ai reçue venait de Jake. Il avait mené un raid fructueux contre le repaire et arrêté les trafiquants d'armes.« Le gérant du repaire est déjà mort, nous n'avons donc pas pu démasquer le cerveau de l'opération. Cependant, nous sommes certains qu'un haut gradé militaire tire les ficelles », m'expliqua Jake calmement. « Environ six commandants ont ce pouvoir. Si nous enquêtons sur chacun d'eux séparément, nous trouverons le coupable. Avec votre permission, je vais mettre en place une commission d'enquête. »J'acquiesçai : « Inutile de créer cette commission. Je confie la direction à Lord Glover. »« Il n'est encore qu'un civil, Votre Altesse », fit remarquer Jake. « Je pense qu'il est plus approprié qu'un officier militaire enquête sur la corruption au sein de l'armée. »« Je dis cela car j'ai une autre mission à vous confier », précisai-je. « Mais il faut régler quelque chose ava
JUIN« Ne t'emballe pas trop, je te renverrai chez toi au prochain tour », me dit Adeline avec un sourire narquois.« Tu rêves », rétorquai-je.« Ah, j'ai envie de te gifler », menaça-t-elle.« Tu rêves », répliquai-je.Son sourire avait disparu, laissant place à la rancœur. Les poings serrés, elle aurait pu me frapper.Mariel toucha légèrement Adeline : « Laisse-la tranquille, tu ne perds pas ton temps avec elle. On devrait aller dans nos quartiers et se préparer pour le prochain tour. »Adeline repoussa Mariel avec colère et s'éloigna d'un pas décidé. Rex sourit, fier de voir que je m'étais défendue. Lily s'approcha et, au moment où elle allait nous dépasser, Rex se planta devant elle, l'obligeant à s'arrêter.Lily soupira : « C'est quoi ton problème ? »« Tu sais très bien ce qu'il en est », répondit Rex d'un ton ferme. « Je t'ai tendu la main et tu n'as même pas été capable de me relever. Tu m'as laissé tomber et tu t'es enfui. Ce n'est pas un comportement acceptable. »« Ah bon ?
JUINPour la première fois depuis le début de la compétition à Warding, la pression était palpable. Avant, je ne souhaitais pas gagner, mais tout avait changé après avoir découvert que Killian n'était pas si mal… En fait, c'était lui que mon cœur désirait. Il restait dix-huit femmes à Warding et je devais faire partie des trois dernières.Quinze personnes allaient être éliminées et tout le monde sentait qu'ils étaient pressés d'en finir. Jamais autant de personnes n'avaient été éliminées d'un coup, et tous ceux qui s'intéressaient un tant soit peu à la compétition étaient sur les nerfs. Même si elles n'étaient pas éliminées aujourd'hui, quelqu'un de leur entourage le serait. J'imagine que beaucoup allaient pleurer… ceux qui avaient oublié qu'à la fin, il ne resterait qu'une seule gagnante.Lily gardait toujours ses distances et, pour une raison que j'ignore, j'aurais aimé pouvoir lui parler. Malgré notre désaccord, je voulais me réconcilier avec elle au cas où l'une de nous, voire tou
JUIN Les derniers mots de Fiona s'estompèrent tandis que je fixais l'immense lustre suspendu au-dessus de mon lit. Le seul lustre de tout mon campement appartenait à Alpha Roger — et même le sien ne scintillait pas comme celui-ci.Déesse… étions-nous vraiment si pauvres ?Il sembla que Fiona posai
JUINLE CHAUFFEUR EST ARRIVÉ TROP TÔT.J'avais fait mes adieux à Alpha Roger la veille au soir, mais je voulais lui reparler, juste pour agacer le chauffeur. Tous les membres de notre meute étaient là pour me voir partir. Je pouvais presque sentir leur joie.« Allez. » Alpha Roger me tira sur les d
JUIN« Mlle June Fallows, vous avez réussi l'épreuve et vous participerez maintenant à la sélection en tant que candidate numéro 14. »Ma gorge se serra et j'avalai difficilement ma salive. « Quoi ? »« Préparez vos affaires, dites au revoir. Dans deux heures, une voiture viendra vous chercher. Com
JUINJE N'AURAIS JAMAIS ÉTÉ CHOISI.« June Fallows », lut à voix haute l'une des trois femmes qui avaient remarqué la voiture élégante et luxueuse garée devant chez moi. « Tu as été "invitée" à Warding pour rejoindre le harem du Roi Lycan et participer à une sélection afin de choisir son épouse. »







