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CHAPITRE 131 : Les contractions

Author: L'encre
last update publish date: 2026-06-13 17:21:10

Les contractions commencèrent à 3 heures du matin.

Je me réveillai en sursaut, le ventre serré. Une douleur, pas très forte, mais étrange. Un pincement, une pression, une crampe. Puis ça passa.

– Ce n’est rien, me dis-je. C’est un faux travail.

Je me rendormis.

Une heure plus tard, nouvelle contraction. Plus forte. Plus longue. Je me réveillai à nouveau. Julien dormait, paisible. Je ne voulus pas l’appeler. Ce n’était peut-être rien.

À 5 heures, les contractions étaient régulières. Toutes les v
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    Les premiers jours, tout allait bien.Je pleurais de joie, de fatigue, d’émotion. Julien pleurait aussi. Élodie pleurait toujours. Nous pleurions ensemble, c’était notre rituel.Puis, vers le dixième jour, quelque chose changea.Je me regardai dans le miroir. J’étais moche. Mes cheveux étaient gras, mes yeux cernés, ma peau terne. Mon ventre était encore rond, flasque, marqué de vergetures. Je pesais le poids de la grossesse, mais plus la joie.– Tu es belle, disait Julien.– Je suis moche.– Tu es fatiguée.– Je suis moche et fatiguée.– Tu es belle et fatiguée.– Tais-toi.– Je ne me tais pas.– Tais-toi, Julien.Il se taisait. Je pleurais.– Pourquoi je pleure ? demandai-je.– Parce que tu es fatiguée.– Je pleurais avant, sans raison.– Parce que les hormones.– Je déteste les hormones.– Moi aussi.– Elles me rendent triste.– Je sais.– Je ne devrais pas être triste. J’ai tout. Un mari, une fille, une maison.– Tu as le droit d’être triste. La tristesse n’a pas de raison.– Si.

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    Elle pleurait toujours.– Elle n’a pas l’air convaincue, dis-je.– Elle va s’habituer.– J’espère.Nous entrâmes. La maison sentait le renfermé – nous étions partis depuis trois jours. J’ouvris les fenêtres. Le jardin sentait le lilas.– C’est beau, dis-je.– C’est chez nous.– C’est chez toi.– C’est chez nous.Il posa Élodie dans son berceau – un petit berceau en bois, au pied de notre lit. Elle arrêta de pleurer. Elle regarda le plafond, les murs, la lumière.– Elle reconnaît, dis-je.– Elle reconnaît quoi ?– L’odeur. La maison. Son odeur.– Tu crois ?– Je le sais.Elle sourit. Un petit sourire, à peine, mais un sourire.– Elle aime, dit Julien.– Elle aime.– On va être bien.– On va essayer.Les premiers jours furent un chaos magnifique.Il y avait des biberons partout, des couches sales, des vêtements éparpillés. La maison était sens dessus dessous. Nous étions épuisés, heureux, perdus.– Tu as vu la cuisine ? demanda Julien un matin.– Non. J’ai peur.– Il y a trois biberons

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    Le premier cri d’Élodie fut un choc.Je l’avais entendue pleurer, bien sûr, juste après la naissance. Mais ce cri-là était différent. C’était un vrai cri, un cri de faim, un cri de vie. Elle avait les poings serrés, le visage rouge, la bouche grande ouverte. Elle hurlait.– Elle a vos poumons, dit l’infirmière.– Elle a son caractère, dis-je.– Elle a ma voix, dit Julien.– Ta voix n’est pas si aiguë.– Ma voix de bébé.– Tu ne te souviens pas de ta voix de bébé.– Je l’imagine.Elle criait. Je pleurais. Julien pleurait aussi. L’infirmière sortit son téléphone.– Je peux prendre une photo ? demanda-t-elle.– Oui, dis-je.– Oui, dit Julien.Elle prit la photo. Nous étions en larmes, Élodie en colère. C’était la plus belle photo du monde.– Je vous l’enverrai, dit l’infirmière.– Merci.– Merci à vous. D’avoir donné la vie.Elle sortit. Nous restâmes seuls, tous les trois.– On est parents, dis-je.– On est parents.– C’est effrayant.– C’est merveilleux.– C’est les deux.– C’est l’amo

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    Les contractions commencèrent à 3 heures du matin.Je me réveillai en sursaut, le ventre serré. Une douleur, pas très forte, mais étrange. Un pincement, une pression, une crampe. Puis ça passa.– Ce n’est rien, me dis-je. C’est un faux travail.Je me rendormis.Une heure plus tard, nouvelle contraction. Plus forte. Plus longue. Je me réveillai à nouveau. Julien dormait, paisible. Je ne voulus pas l’appeler. Ce n’était peut-être rien.À 5 heures, les contractions étaient régulières. Toutes les vingt minutes, puis toutes les quinze, puis toutes les dix.– Julien, dis-je en le secouant.– Quoi ?– Je crois que c’est le moment.– Quel moment ?– Le bébé. Il arrive.Il se dressa d’un bond, les yeux écarquillés.– Quoi ? Maintenant ?– Bientôt.– On va à l’hôpital ?– Oui.– Je prépare la valise.Il courut dans le placard, sortit la valise que nous avions préparée des semaines plus tôt. Il la remplit de vêtements, de couches, de biberons. Ses mains tremblaient.– Tu as pris les papiers ? de

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