LOGINJe me lève, lentement, mes jambes tremblantes menaçant de me lâcher à chaque pas. Je me traîne jusqu'à la salle de bains, me regarde dans le miroir. Mon visage est marqué, mes yeux sont cernés, mes lèvres sont gonflées. Mon cou est couvert de morsures, mes seins de bleus, mes hanches de traces de doigts. Et entre mes cuisses, une sensibilité qui me rappelle à chaque mouvement ce qu'ils m'ont fait, ce que j'ai accepté, ce que j'ai aimé.
Je me lave, longuement, obstinément, comme si jeD'un seul coup, brutalement, sans préparation. Je crie, mon corps se cambrant sous l'invasion, mes mains s'agrippant à ses bras. Il ne me laisse pas le temps de m'habituer. Il commence immédiatement un rythme rapide, profond, impitoyable. Chaque coup de rein me pousse vers l'avant, me fait perdre l'équilibre, me force à me rattraper à lui. Je suis empalée, prise, possédée. Et dans le miroir, je vois tout.Je vois mes seins qui balancent au rythme de ses poussées. Je vois mon ventre qui se contracte à chaque intrusion. Je vois mes mains qui s'accrochent, mes doigts qui blanchissent, mes ongles qui s'enfoncent. Je vois mon visage, déformé par le plaisir, les yeux mi-clos, la bouche ouverte, les joues en feu. Je me vois jouir avant même d'avoir joui, je me vois me perdre, je me vois m'abandonner.— Regarde comme tu es belle.Sa voix est rauque, saccadée par l'effort. Il accélère encore, ses hanches claquant contre les miennes avec un bruit obscène. Ses doigts s'enfoncent dans mes hanches
Il déboutonne ma robe, lentement, un bouton à la fois, et le tissu glisse sur mes épaules, sur mes hanches, sur mes jambes. Je reste là, en sous-vêtements, exposée à mon propre regard, exposée à son regard. Il me déshabille entièrement, et je me retrouve nue devant le miroir, mon corps marqué par ses étreintes, mes seins lourds, mon ventre plat, mes cuisses tremblantes.— Regarde-toi, dit-il. Regarde comme tu es belle.Je me regarde. Je vois mes bleus, mes morsures, mes traces. Je vois mon corps marqué par lui. Je vois la femme qu'il a faite de moi.— Ces marques, murmure-t-il en les effleurant une à une. Ces bleus, ces morsures, ces traces. Elles racontent notre histoire. Elles racontent ce que nous sommes. Elles racontent ce que tu es devenue.Il me touche, lentement, ses doigts glissant sur ma peau, ses lèvres trouvant mon cou, mes épaules, mes seins. Je frissonne, mes mains s'agrippant à ses bras, mon corps tremblant sous ses caresses.Ses doigts commencent à la naissance de ma nu
Ximena Le retour à l'université se fait dans le silence. La voiture traverse les rues de Salamanque, les façades de pierre dorée défilant sous un ciel gris de fin octobre. Je regarde par la fenêtre, les mains croisées sur mes genoux, le corps encore courbaturé par le week-end au manoir. Il ne me parle pas. Il ne me regarde pas. Il conduit, les mâchoires serrées, les yeux fixés sur la route, et je sens entre nous une distance qui n'existait pas avant. Lucía. Le nom flotte dans l'air, invisible mais omniprésent. J'ai posé des questions. J'ai brisé un interdit. Et maintenant, il me punit par le silence. Il me dépose devant la résidence sans un mot. Je descends de voiture, mon sac sur l'épaule, et je le regarde s'éloigner. La voiture disparaît au coin de la rue, et je reste là, seule, dans le froid de l'aube, avec le poids de tout ce qui n'a pas été dit. Les jours suivants, il ne me contacte pas. Pas de message, pas d'appel, pas de convocation. Il donne ses cours normalement, sa voi
XimenaLe lendemain matin, il me réveille à l'aube. Il est habillé, frais, impeccable, comme si la nuit n'avait jamais eu lieu. Il ne mentionne pas notre conversation de la veille. Il ne mentionne pas Lucía. Il ne mentionne rien. Il me dit juste de m'habiller, de mettre des chaussures confortables, et de le rejoindre dans le jardin.Les jardins du manoir sont un labyrinthe végétal, un dédale de haies taillées, de statues anciennes, de fontaines asséchées. Il me guide à travers les allées, sans un mot, sa main ferme sur mon poignet. L'air est frais, chargé de l'odeur de la terre humide et des feuilles mortes. Le soleil se lève à peine, teintant le ciel de rose et d'or.— Où allons-nous ?— Tu verras.Il me conduit au centre du labyrinthe, un espace circulaire entouré de haies hautes, dissimulé aux regards. Une sorte de chambre à ciel ouvert, un sanctuaire de verdure, un lieu secret. Il s'arrête au milieu, me regarde, et un sourir
XimenaIl m'emmène au manoir familial pour un week-end, à la fin du mois d'octobre. La propriété se trouve à une heure de Salamanque, au cœur d'une vallée isolée, entourée de chênes centenaires et de collines dorées. C'est un bâtiment imposant, construit au dix-septième siècle, avec des tours, des créneaux, des fenêtres à meneaux. Un château, presque. Un domaine seigneurial. Le berceau de la famille Serrano.Nous arrivons au crépuscule, et la demeure se découpe sur le ciel pourpre comme une silhouette de légende. Il me fait descendre de voiture, m'entraîne à l'intérieur, et je découvre un hall immense, dallé de marbre, orné de tapisseries anciennes, éclairé par des lustres de cristal. Des portraits de famille sont accrochés aux murs, des visages sévères, des regards froids, des bouches pincées.— C'est magnifique, dis-je dans un souffle.— C'est un tombeau, répond-il.Il me guide à travers les couloirs, les salons, les bibliothè
Je me lève, le cœur battant, et je me dirige vers les toilettes du personnel, au fond du couloir. Mes pas résonnent sur le sol de pierre, et je sens les regards des autres étudiants sur moi. Savent-ils ? Devinent-ils ? Que voient-ils quand ils me regardent ? Une étudiante modèle, une assistante dévouée, une femme amoureuse ? Ou une proie, une chose, une possession ?La porte est entrouverte. J'entre, et il est là, debout devant le miroir, en train de se laver les mains. Il ne se retourne pas quand j'entre. Il ne dit rien. Il attend.— Ferme la porte à clé.Je m'exécute. Le déclic de la serrure résonne dans le silence. Il se retourne, lentement, et me regarde. Ses yeux noirs glissent sur moi, sur mon col roulé, sur mon pantalon sombre, et un sourire à peine perceptible flotte sur ses lèvres.— Enlève ton col roulé.Je m'exécute. Le tissu glisse sur ma peau, révélant les marques qu'il a laissées. Les bleus, les morsures, les traces de doigt







