เข้าสู่ระบบQu'est-ce qu'il insinue par là ? Quelque chose ? Il se paie ma tête, c'est une certitude maintenant. Mr Holloway m'a pourtant bien affirmé que c'était moi qu'il avait demandée. Moi. Pas une autre. Et voilà que soudainement, il n'y aurait plus de réunion ? C'est quoi cette mascarade ?
Je tente de reprendre contenance, mais les rouages de mon esprit tournent à plein régime. Soit quelqu'un s'est joué de moi à la direction, soit cet homme a décrété que sa nouvelle mission existentielle consistait à me déstabiliser à chaque interaction.
— Vous paraissez tendue, observe-t-il en ajustant ses boutons de manchette avec une minutie presque exaspérante.
— Pas du tout, je suis simplement... concentrée, dis-je, implorant intérieurement ma voix de ne pas trahir la confusion qui me submerge.
— Hm. Intéressant.
Intéressant ? Non mais qu'est-ce que ça veut dire, à la fin ? Pourquoi est-il ainsi ? Est-ce un divertissement pour lui, ou bien a-t-il véritablement un penchant pour les expériences psychologiques sur le personnel ?
Il s'avance vers moi, son sourire en coin indéfectiblement arrimé aux lèvres. Chaque pas semble étudié, millimétré, comme s'il prenait un plaisir profond à réduire la distance qui nous sépare. Mon corps réagit avant que mon cerveau n'ait eu le temps d'émettre un avis consultatif, et je recule d'un pas, manquant de peu de heurter le mur du couloir.
— Ne vous alarmez pas, Aurora. Je ne vais pas vous dévorer. Pas aujourd'hui, en tout cas.
Je le fixe, choquée, incapable de formuler la moindre réponse. Ma gorge se noue, et je déglutis avec difficulté. Pas aujourd'hui ? Mon Dieu, qu'est-ce qu'il sous-entend ? Que demain il envisagera peut-être de passer à l'acte ? Pourquoi faut-il que chacune de ses phrases ressemble à une devinette conçue pour me faire perdre pied ?
Mais avant que je ne parvienne à articuler une phrase cohérente — ou à opter définitivement pour la fuite — il éclate de rire. Un rire franc, chaleureux, presque désarmant, comme si toute cette scène n'était qu'un jeu dont il maîtrisait chaque règle... et dont j'étais le pion inconscient.
— Vous devriez contempler votre expression, dit-il en passant une main dans ses cheveux encore légèrement humides, son sourire en coin visiblement satisfait de ma déroute.
Ma gêne atteint des proportions monumentales. Ma respiration s'accélère, mes pensées s'embrouillent, et une certitude s'impose : je dois m'extraire de cette pièce au plus vite.
— Je... Je vais vous laisser, dis-je précipitamment, amorçant un demi-tour.
Mais évidemment, Adrian Ashford n'est pas le genre d'homme à qui l'on tourne le dos impunément. Avant que je n'aie esquissé deux pas, une main ferme saisit mon poignet et, en une fraction de seconde, me fait pivoter. Mon dos rencontre le mur avec douceur, et il se tient devant moi, les mains posées de part et d'autre de ma tête, m'enfermant dans une cage dont je ne suis pas certaine de vouloir m'échapper.
Mon cœur s'emballe. Non, il explose. Le martèlement sourd envahit mes tempes, si puissant que c'est la seule chose que je perçois désormais.
Il incline légèrement la tête, son visage s'approchant juste assez pour que je sente la chaleur de son souffle contre ma joue. Ses yeux d'un bleu sombre, presque orageux, plongent dans les miens avec une intensité qui me paralyse.
— Pourquoi fuyez-vous toujours, Aurora ? murmure-t-il, sa voix grave et veloutée comme une caresse inattendue.
Je bats des cils, incapable de répondre, incapable même de formuler une pensée cohérente. Mon cerveau a purement et simplement déserté ses fonctions, m'abandonnant face à ce tourbillon d'émotions contradictoires : appréhension, confusion... et quelque chose de bien plus troublant que je refuse catégoriquement de nommer.
— Je ne... Je ne fuis pas ! Enfin... pas vraiment. Je... je pensais simplement que vous aviez... terminé ? Oui, voilà, c'est cela, terminé... avec moi, dis-je en bafouillant, ma voix oscillant dangereusement entre la panique et le désarroi.
Un éclat amusé traverse son regard, et il s'incline légèrement vers moi, réduisant encore la distance entre nos corps. Je retiens mon souffle lorsque son nez effleure mes cheveux, un geste aussi déconcertant que profondément intime.
— Terminé avec vous ? murmure-t-il, sa voix basse vibrant si près de mon oreille que j'en ai le vertige.
Un frisson parcourt ma nuque tandis qu'il ajoute, presque imperceptiblement :
— Aurora, cela ne fait que commencer.
Mon cœur manque un battement. Peut-être deux. Je suis littéralement pétrifiée, incapable du moindre geste, du moindre son, de la moindre pensée digne de ce nom. Mais l'instinct de survie finit par reprendre le dessus. Sans réfléchir, je me baisse brusquement et plonge sous son bras, m'échappant avec une précipitation frôlant l'indécence.
— Je... Je dois y aller ! lâché-je en manquant de trébucher sur le seuil, ma voix au moins une octave plus aiguë que la normale.
Je ne prends pas la peine de regarder en arrière. Je sais qu'il me regarde partir, et cette simple certitude suffit à embraser mes joues. Une fois dans le couloir, je m'appuie contre le mur tapissé de soie, tentant de reprendre mon souffle, les pulsations affolées de mon cœur résonnant encore dans mes oreilles.
Qu'est-ce qui vient de se produire ?!
J'inspire profondément, essayant de juguler les battements anarchiques de mon pouls. Mais rien n'y fait. La scène tourne en boucle dans mon esprit, et je sens la chaleur remonter à mes joues avec une intensité renouvelée.
Il faut que je l'évite. Absolument. Ce... ce quoi, d'ailleurs ? Cet homme, ce patron improbable qui semble avoir fait de ma personne son nouveau passe-temps favori. Et dire qu'on m'avait dressé un portrait si différent de lui. « Un visionnaire », « un homme d'affaires redoutable », « charismatique mais distant ». Personne ne m'avait préparée à... ça.
Je secoue la tête, comme pour chasser ses mots, son sourire, et surtout... ce moment où il a osé enfouir son visage dans mes cheveux comme s'il en avait parfaitement le droit.
Adrian Ashford. Irrésistiblement dérangé. Oui, c'est la formule exacte.
Un rire nerveux m'échappe malgré moi. Je plaque mes paumes contre mes joues, espérant en apaiser un peu la brûlure persistante.
Et maintenant, comment est-ce que je vais bien pouvoir survivre au reste de la journée sans retomber nez à nez avec lui ? Peut-être existe-t-il un abri antiatomique dans les sous-sols du Grand Astoria où je pourrais me terrer jusqu'à la fin de mon service. Ou mieux, jusqu'à la fin de mon contrat.
Qu'est-ce qu'il insinue par là ? Quelque chose ? Il se paie ma tête, c'est une certitude maintenant. Mr Holloway m'a pourtant bien affirmé que c'était moi qu'il avait demandée. Moi. Pas une autre. Et voilà que soudainement, il n'y aurait plus de réunion ? C'est quoi cette mascarade ?Je tente de reprendre contenance, mais les rouages de mon esprit tournent à plein régime. Soit quelqu'un s'est joué de moi à la direction, soit cet homme a décrété que sa nouvelle mission existentielle consistait à me déstabiliser à chaque interaction.— Vous paraissez tendue, observe-t-il en ajustant ses boutons de manchette avec une minutie presque exaspérante.— Pas du tout, je suis simplement... concentrée, dis-je, implorant intérieurement ma voix de ne pas trahir la confusion qui me submerge.— Hm. Intéressant.Intéressant ? Non mais qu'est-ce que ça veut dire, à la fin ? Pourquoi est-il ainsi ? Est-ce un divertissement pour lui, ou bien a-t-il véritablement un penchant pour les expériences psycholog
Point de vue d'AuroraJe me tiens à l'arrière de la salle de repos du personnel, une tasse de thé tiède entre les mains, tentant désespérément de remettre un semblant d'ordre dans le chaos de mes pensées.Récapitulons, me dis-je en sirotant une gorgée qui me brûle légèrement la langue. Ce matin, j'ai surpris Monsieur Ashford, l'homme le plus intimidant et le plus troublant que j'aie jamais rencontré, en train de chanter du Queen dans sa salle de bain. Jusque-là, c'était déjà passablement embarrassant. Mais ensuite, il a décidé de pousser l'humiliation jusqu'à des sommets inexplorés en m'accueillant... dans le plus simple appareil. Oui, nu comme un ver. Avec un livre à la main et un sourire parfaitement satisfait.Franchement, quelles sont les probabilités ? Sur les milliards d'êtres humains qui peuplent cette planète, il fallait que ce soit moi qui tombe sur un tel moment. Peut-être qu'une divinité s'ennuie ferme là-haut et a décidé de transformer mon existence en comédie romantique d
Point de vue d'AdrianJe n'aurais jamais cru que chanter du Queen sous la douche pouvait mener à une rencontre pareille. En me regardant dans le miroir de la salle de bain, les cheveux encore humides et la serviette nouée négligemment autour de la taille, je ne peux réprimer un sourire. Cette employée, Aurora, a transformé ma matinée insipide en un véritable vaudeville.Rouge comme une pivoine en pleine éclosion, elle n'arrêtait pas de bafouiller des excuses, tout en serrant ces contrats contre sa poitrine comme si c'était un gilet pare-balles. Et ce vase brisé... Je ris encore en y repensant. Heureusement que c'était une reproduction sans grande valeur, chinée chez un antiquaire de seconde zone. Mais pouvais-je honnêtement laisser passer l'occasion de la tourmenter un peu ? Absolument pas.Elle était tellement mortifiée qu'elle a pris la fuite sans même accomplir la mission pour laquelle elle était venue. Les contrats ? Toujours dans ses mains, probablement froissés à l'heure qu'il
Un homme, de dos, une serviette blanche nouée négligemment autour des hanches, totalement absorbé par sa performance. Une brosse à cheveux en guise de micro, les yeux fermés, la tête renversée, il chante à pleine voix et esquisse un mouvement de bassin qui n'appartient qu'aux vrais passionnés de rock. Ses cheveux bruns ruissellent sur ses épaules, et les muscles de son dos se contractent au rythme de la musique imaginaire. C'est tellement inattendu, tellement absurde, tellement... humain, que je dois enfoncer mon poing contre mes lèvres pour étouffer un éclat de rire. Mais évidemment, ma légendaire maladresse choisit cet instant précis pour me trahir.En reculant d'un pas, mon coude heurte un guéridon près du mur. Le choc est suivi d'un bruit cristallin — un vase en porcelaine, délicat et manifestement ancien, qui bascule et se fracasse sur le sol en une constellation d'éclats blancs. Le bruit déchire le silence comme une détonation. Je me fige. Chaque cellule de mon corps hurle « FUI
Je suis Aurora Bennett, championne de la discrétion et virtuose de l'effacement. Ici, au Grand Astoria, savoir se volatiliser au bon moment est un art que j'ai élevé au rang de discipline olympique. Personne ne remarque la fille qui rajuste les tentures ou remplace les savons parfumés dans les salles de bain. Et franchement, c'est tout ce que je demande. Cela me permet d'évoluer en silence, d'un pas précis mais effacé, parfaitement invisible dans les coulisses feutrées de ce palace.Travailler dans un hôtel de luxe, c'est comme faire partie d'une horloge suisse. Chaque geste est réglé, du pli millimétré des draps au murmure feutré des voix dans les couloirs. Moi ? Je suis le rouage silencieux qui permet au mécanisme de tourner sans grincer. Et ça me va parfaitement.Ce matin, mon thé a malheureusement décidé de faire connaissance avec mon chemisier blanc. Une tache brune s'étale désormais juste au-dessus de ma poitrine, comme une carte de l'archipel du Désastre. Magnifique. Me voilà d







