LOGINAurora Bennett mène une existence qu'elle croyait parfaitement maîtrisée : discrète, irréprochable et sans éclat. Employée des étages au prestigieux Hôtel Grand Astoria, elle excelle dans l'art de passer inaperçue… jusqu'au jour où un simple accident la met sur la route de l'homme le plus influent de l'établissement. Adrian Ashford, jeune milliardaire charismatique et nouveau propriétaire de l'hôtel, est habitué à tout contrôler. Pourtant, chacune de ses rencontres avec Aurora tourne à la catastrophe : un plateau renversé, une tasse de thé renversée, un ascenseur immobilisé, des documents de contrats qui tombent… et une attirance qu'aucun d'eux ne parvient à expliquer. Entre secrets, quiproquos et sentiments naissants, ils découvriront que les plus beaux bouleversements sont souvent ceux que l'on n'avait jamais prévus.
View MoreJe suis Aurora Bennett, championne de la discrétion et virtuose de l'effacement. Ici, au Grand Astoria, savoir se volatiliser au bon moment est un art que j'ai élevé au rang de discipline olympique. Personne ne remarque la fille qui rajuste les tentures ou remplace les savons parfumés dans les salles de bain. Et franchement, c'est tout ce que je demande. Cela me permet d'évoluer en silence, d'un pas précis mais effacé, parfaitement invisible dans les coulisses feutrées de ce palace.
Travailler dans un hôtel de luxe, c'est comme faire partie d'une horloge suisse. Chaque geste est réglé, du pli millimétré des draps au murmure feutré des voix dans les couloirs. Moi ? Je suis le rouage silencieux qui permet au mécanisme de tourner sans grincer. Et ça me va parfaitement.
Ce matin, mon thé a malheureusement décidé de faire connaissance avec mon chemisier blanc. Une tache brune s'étale désormais juste au-dessus de ma poitrine, comme une carte de l'archipel du Désastre. Magnifique. Me voilà donc affublée d'un gilet de serveur emprunté en catastrophe au vestiaire, un modèle qui me donne l'allure d'un champignon boutonné jusqu'au cou. Pas le temps de ruminer mon infortune vestimentaire : Mr Holloway, le chef de réception, fond sur moi avec cet air pincé qui ne présage jamais rien de bon.
— Miss Bennett, portez ces contrats à la suite Impériale. Tout de suite.
— La... la suite Impériale ? Mais je ne suis pas habilitée à...
— Pas de « mais », je vous prie. Mr Ashford les attend.
Mr Ashford. Le nom claque dans l'air comme un coup de gong étouffé. Adrian Ashford, trente-deux ans, héritier d'un empire hôtelier, et nouveau propriétaire du Grand Astoria depuis six mois. On dit qu'il a fait fortune dans la tech avant de se tourner vers l'hôtellerie de luxe par... ennui, ou défi, les versions divergent. Son nom circule dans les étages comme une rumeur persistante, toujours accompagné d'un mélange d'admiration et de crainte. Certains employés jurent qu'il peut déceler un retard de trente secondes dans le service en petit-déjeuner rien qu'en humant l'air du restaurant. D'autres racontent qu'il a congédié une femme de chambre parce que les coins du lit n'étaient pas repliés à quarante-cinq degrés exacts. Apparemment, il est l'incarnation vivante du détail qui tue.
Une fois, j'ai surpris une conversation près de l'office. Un groom racontait, encore tremblant, qu'il avait croisé Mr Ashford dans l'escalier de service l'escalier de service, vous imaginez, comme s'il vérifiait les recoins les plus obscurs de son royaume. Le garçon aurait bafouillé une excuse incompréhensible avant de lâcher un seau d'eau savonneuse sur le tapis. Mr Ashford n'aurait rien dit. Un simple regard, paraît-il. Le genre de regard qui vous donne envie de rédiger votre lettre de démission sur-le-champ.
Et c'est cet homme-là qui m'attend dans la suite Impériale, où je vais devoir me présenter avec mon gilet champignon et ma dignité déjà en lambeaux. Franchement, pourquoi pas. Après tout, on n'est plus à un désastre près aujourd'hui.
Je me dirige vers l'ascenseur, tentant de ne pas trébucher sur mes propres pieds. Les portes coulissent dans un chuintement feutré, révélant un miroir au cadre doré qui me renvoie l'image d'une jeune femme aux cheveux châtains s'échappant de son chignon réglementaire, les joues déjà marbrées par l'appréhension.
Allez, Aurora, respire.
Ce n'est qu'une livraison de documents. Rien de dramatique. Pas comme si j'allais pénétrer dans l'antre d'un prédateur... ou, pire, me faire réduire en cendres par un milliardaire au sourire paraît-il aussi rare que ses compliments. Bon, d'accord, peut-être que j'en fais des tonnes. Mais les rumeurs ne mentionnent jamais un éclat de rire ou une marque de bienveillance de la part de Mr Ashford. Alors, techniquement, un petit frisson d'appréhension, ça reste légitime, non ?
Arrivée devant la double porte en acajou de la suite Impériale, je prends une longue inspiration et frappe trois coups discrets. Rien. Je recommence, un peu plus fort. Toujours le silence. Peut-être est-il en rendez-vous à l'extérieur ? Après tout, les jeunes magnats de l'hôtellerie ont sans doute des journées plus remplies que d'attendre des contrats dans leur suite.
Je pourrais redescendre et confier les documents à la réception. Ce serait la chose raisonnable à faire. La chose prudente. Mais une petite voix dans ma tête celle qui semble prendre un malin plaisir à me fourrer dans des situations impossibles insiste pour que j'utilise mon passe et dépose les dossiers directement sur le bureau de la suite. Ce sera rapide. Entrer, poser, sortir. Simple comme un battement de cil. Et puis, franchement, qu'est-ce qui pourrait mal tourner ?
Je glisse ma carte magnétique dans la fente. Le voyant passe au vert avec un bip discret. J'ouvre doucement la porte et me faufile à l'intérieur. La suite est à couper le souffle, évidemment. Un salon aux dimensions de cathédrale, des toiles abstraites sur les murs qui semblent palpiter sous la lumière tamisée, un piano à queue près de la baie vitrée qui offre une vue plongeante sur les toits de la ville. Chaque objet a l'air de valoir plus que ce que je gagnerai en dix ans de service. Je baisse les yeux presque instinctivement, comme si contempler ce luxe était un vol en soi. Pas le moment de lambiner. Je repère le bureau un meuble en verre et acier brossé et m'avance pour y déposer les contrats, concentrée sur ma mission.
Mais un bruit étrange me stoppe net. Un mélange improbable de... jazz et d'une voix masculine qui fredonne ? Je fronce les sourcils, tendant l'oreille malgré moi. La mélodie est douce, éraillée, presque intime. Est-ce que quelqu'un chante dans la salle de bain ? Chaque fibre rationnelle de mon être me hurle de partir, de poser ces maudits contrats et de m'enfuir avant que quiconque ne me surprenne. Mais une autre partie, celle qui semble curieusement aimantée par les ennuis, me retient. Juste un coup d'œil. Par curiosité.
Je me dirige vers le son, mes pas étouffés par l'épaisse moquette. La porte de la salle de bain est entrebâillée, et un ruban de vapeur parfumée au santal s'en échappe, accompagné d'une voix grave qui s'égosille soudain sur un air de rock des années 70 je crois reconnaître un vieux tube de Queen, mais je n'en jurerais pas. Mon cœur tambourine contre mes côtes. Je devrais faire demi-tour. Vraiment. Mais ma curiosité, cette maudite curiosité, me pousse à jeter un œil par l'entrebâillement.
Et là, je le vois.
Qu'est-ce qu'il insinue par là ? Quelque chose ? Il se paie ma tête, c'est une certitude maintenant. Mr Holloway m'a pourtant bien affirmé que c'était moi qu'il avait demandée. Moi. Pas une autre. Et voilà que soudainement, il n'y aurait plus de réunion ? C'est quoi cette mascarade ?Je tente de reprendre contenance, mais les rouages de mon esprit tournent à plein régime. Soit quelqu'un s'est joué de moi à la direction, soit cet homme a décrété que sa nouvelle mission existentielle consistait à me déstabiliser à chaque interaction.— Vous paraissez tendue, observe-t-il en ajustant ses boutons de manchette avec une minutie presque exaspérante.— Pas du tout, je suis simplement... concentrée, dis-je, implorant intérieurement ma voix de ne pas trahir la confusion qui me submerge.— Hm. Intéressant.Intéressant ? Non mais qu'est-ce que ça veut dire, à la fin ? Pourquoi est-il ainsi ? Est-ce un divertissement pour lui, ou bien a-t-il véritablement un penchant pour les expériences psycholog
Point de vue d'AuroraJe me tiens à l'arrière de la salle de repos du personnel, une tasse de thé tiède entre les mains, tentant désespérément de remettre un semblant d'ordre dans le chaos de mes pensées.Récapitulons, me dis-je en sirotant une gorgée qui me brûle légèrement la langue. Ce matin, j'ai surpris Monsieur Ashford, l'homme le plus intimidant et le plus troublant que j'aie jamais rencontré, en train de chanter du Queen dans sa salle de bain. Jusque-là, c'était déjà passablement embarrassant. Mais ensuite, il a décidé de pousser l'humiliation jusqu'à des sommets inexplorés en m'accueillant... dans le plus simple appareil. Oui, nu comme un ver. Avec un livre à la main et un sourire parfaitement satisfait.Franchement, quelles sont les probabilités ? Sur les milliards d'êtres humains qui peuplent cette planète, il fallait que ce soit moi qui tombe sur un tel moment. Peut-être qu'une divinité s'ennuie ferme là-haut et a décidé de transformer mon existence en comédie romantique d
Point de vue d'AdrianJe n'aurais jamais cru que chanter du Queen sous la douche pouvait mener à une rencontre pareille. En me regardant dans le miroir de la salle de bain, les cheveux encore humides et la serviette nouée négligemment autour de la taille, je ne peux réprimer un sourire. Cette employée, Aurora, a transformé ma matinée insipide en un véritable vaudeville.Rouge comme une pivoine en pleine éclosion, elle n'arrêtait pas de bafouiller des excuses, tout en serrant ces contrats contre sa poitrine comme si c'était un gilet pare-balles. Et ce vase brisé... Je ris encore en y repensant. Heureusement que c'était une reproduction sans grande valeur, chinée chez un antiquaire de seconde zone. Mais pouvais-je honnêtement laisser passer l'occasion de la tourmenter un peu ? Absolument pas.Elle était tellement mortifiée qu'elle a pris la fuite sans même accomplir la mission pour laquelle elle était venue. Les contrats ? Toujours dans ses mains, probablement froissés à l'heure qu'il
Un homme, de dos, une serviette blanche nouée négligemment autour des hanches, totalement absorbé par sa performance. Une brosse à cheveux en guise de micro, les yeux fermés, la tête renversée, il chante à pleine voix et esquisse un mouvement de bassin qui n'appartient qu'aux vrais passionnés de rock. Ses cheveux bruns ruissellent sur ses épaules, et les muscles de son dos se contractent au rythme de la musique imaginaire. C'est tellement inattendu, tellement absurde, tellement... humain, que je dois enfoncer mon poing contre mes lèvres pour étouffer un éclat de rire. Mais évidemment, ma légendaire maladresse choisit cet instant précis pour me trahir.En reculant d'un pas, mon coude heurte un guéridon près du mur. Le choc est suivi d'un bruit cristallin — un vase en porcelaine, délicat et manifestement ancien, qui bascule et se fracasse sur le sol en une constellation d'éclats blancs. Le bruit déchire le silence comme une détonation. Je me fige. Chaque cellule de mon corps hurle « FUI












Bienvenue dans Goodnovel monde de fiction. Si vous aimez ce roman, ou si vous êtes un idéaliste espérant explorer un monde parfait, et que vous souhaitez également devenir un auteur de roman original en ligne pour augmenter vos revenus, vous pouvez rejoindre notre famille pour lire ou créer différents types de livres, tels que le roman d'amour, la lecture épique, le roman de loup-garou, le roman fantastique, le roman historique et ainsi de suite. Si vous êtes un lecteur, vous pouvez choisir des romans de haute qualité ici. Si vous êtes un auteur, vous pouvez obtenir plus d'inspiration des autres pour créer des œuvres plus brillantes. De plus, vos œuvres sur notre plateforme attireront plus d'attention et gagneront plus d'adimiration des lecteurs.