로그인Il ressemblait à Lémek comme un reflet déformé. La même mâchoire carrée, le même regard sombre, mais quelque chose de plus dur, de plus amer, de plus désespéré.— Pourquoi il m’envoie des messages ? demanda Rebecca. Qu’est-ce que je lui ai fait ?— Rien. Tu n’as rien fait. C’est son frère qu’il veut atteindre à travers toi. Ou peut-être qu’il veut se venger de toi parce qu’il ne peut pas se venger de la maladie, de la prison, de la vie. Tu es une cible facile. Une obsession partagée.— Partagée ?— Lémek t’aimait. À sa manière. Et Simon le savait. Il a toujours su que son frère te plaçait au-dessus de tout. Au-dessus de lui, au-dessus de Solange, au-dessus de leurs propres enfants. Ça a dû créer des jalousies, des rancœurs. Et maintenant que Lémek se meurt, Simon se retrouve seul avec cette obsession qui n’est même pas la sienne. C’est pathétique.— C’est dangereux.— Oui. C’est pour ça qu’il faut le neutraliser. Pas le détruire. Le neutraliser. Lui faire comprendre que ça ne sert à r
— Ils sont en sécurité. Simon n’a jamais montré de violence envers les enfants. Mais on va prévenir Solange, et on va renforcer la sécurité autour de l’association. Juste au cas où.Rebecca hocha la tête, le visage grave mais déterminé. Elle n’avait plus peur. Elle l’avait dit à Julien, elle le répétait à Chloé. Mais elle était en colère. Une colère froide, lucide, qui ne demandait qu’à être utilisée.— Il ne s’en tirera pas comme ça, dit-elle. Simon. Cette fois, il va payer.— Il paiera. La police est sur le coup. Et nous aussi.Chloé prit la main de Rebecca, la serra fort. Elles étaient de nouveau en guerre, mais cette fois, l’ennemi était plus faible, plus isolé, plus désespéré. Et elles, elles étaient plus fortes que jamais. Unies, déterminées, invincibles. Pour de bon. Pour toujours. Enfin.***La convocation arriva trois jours plus tard, un matin gris d’automne. Chloé avait passé ces soixante-douze heures à rassembler des informations, à contacter ses anciennes sources, à épluch
Elle le lui avait communiqué, et il avait promis de lancer une vérification dès le lendemain matin. Mais Chloé n’était pas du genre à attendre le lendemain matin. Elle avait passé le reste de la nuit à éplucher les réseaux, les bases de données accessibles, les informations publiques sur les détenus. À l’aube, elle avait déjà une certitude : Marc Lémery, connu également sous les noms de Lémek Lémery et Lémek Durand, était toujours incarcéré à la prison de Fresnes. Elle avait vérifié trois fois, par trois sources différentes. Il n’était pas sorti. Il n’allait pas sortir. Son état de santé, selon un contact qu’elle avait au ministère de la Justice, s’était même aggravé ces dernières semaines. Il était sous traitement lourd, en soins palliatifs. Il ne représentait plus aucune menace physique.Alors qui ? Qui avait envoyé ce message ?La réponse lui vint au milieu de la matinée, alors qu’elle buvait son troisième café dans la cuisine de Rebecca et Julien. Le capitaine Mercier l’avait rapp
Julien se leva à son tour, s’approcha d’elle, la prit dans ses bras. Ils restèrent ainsi un long moment, enlacés devant la fenêtre, à regarder la nuit parisienne. Dehors, tout était calme. La ville dormait, paisible, magnifique. Et dans le cœur de Rebecca, il y avait cette même paix, cette même sérénité. Une paix durement conquise, mais solidement ancrée. Une paix que personne ne pourrait plus lui voler.— Je suis fier de toi, murmura Julien.— Moi aussi, je suis fière de moi. C’est nouveau, cette sensation. Avant, j’avais honte. Honte d’avoir été naïve, honte d’avoir été manipulée, honte d’avoir été brisée. Mais aujourd’hui, je n’ai plus honte. Je suis fière. Fière d’avoir survécu, fière d’avoir témoigné, fière d’avoir aidé toutes ces femmes. Fière d’être devenue celle que je suis.— Tu as raison d’être fière. Et moi, je suis fier de t’aimer.— Moi aussi, je suis fière de t’aimer.Ils s’embrassèrent, doucement, longuement, et ce baiser était différent des autres. Il n’était pas passi
Rebecca tourna la tête vers lui. Dans la pénombre du salon, son visage était grave, mais ses yeux brillaient de cette détermination tranquille qu’elle lui connaissait si bien.— Je ne fuirai plus.— Qu’est-ce que tu veux dire ?— Pendant des années, j’ai fui. J’ai fui Lémek, j’ai fui mes peurs, j’ai fui mes souvenirs. Je me suis cachée derrière des serrures renforcées, des alarmes, des gardes du corps. J’ai vécu dans la peur, et cette peur a failli me détruire. Mais aujourd’hui, c’est fini. Je ne fuirai plus.— Rebecca, ce n’est pas fuir que de se protéger. C’est être prudente, c’est être sage.— Je sais. Et je continuerai à être prudente. À être sage. Mais je ne changerai plus rien à ma vie pour lui. Ni pour Simon, ni pour personne. J’ai passé trop d’années à regarder par-dessus mon épaule. À sursauter au moindre bruit. À vérifier dix fois les serrures avant de dormir. Cette vie-là, ce n’est pas une vie. Et j’ai décidé de vivre. Vraiment vivre. Pleinement. Sans peur.— Et si le messa
— Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Julien en entrant dans la cuisine, une serviette autour du cou, les cheveux encore mouillés.— Un message. D’un numéro inconnu.— Qu’est-ce qu’il dit ?Elle lui tendit le téléphone sans répondre. Il lut les trois mots, et son visage se durcit.— "Je sors bientôt." C’est lui ? Lémek ?— Non. Lémek est mourant. C’est Simon. Ça ne peut être que lui. Il est sorti de prison il y a six mois, tu te souviens ? Maître Morel nous avait prévenus.— Oui, je me souviens. Il n’avait jamais cherché à te contacter.— Jusqu’à aujourd’hui.Julien prit le téléphone, enregistra le numéro, fit une capture d’écran du message.— On va le montrer à la police. Et à Maître Morel. Simon est toujours sous le coup de son interdiction de contact. Un seul message, et il retourne en prison.— Pour combien de temps ? Six mois ? Un an ? Et après, il ressortira. Et il recommencera.— Alors on va faire en sorte que cette fois, ce soit définitif.— Comment ?— On va prouver qu’il agit pour







