MasukC’est le cœur battant à vive allure, les dossiers serrés contre sa poitrine haletante, qu’Anne toqua contre la porte.
— Allez-y, rentrez ! Sa voix la fit sursauter, faisant jaillir cette main tremblante vers la poignée. Elle avala sa salive, secouant légèrement son visage pour reprendre un peu de son sang-froid. D’un coup, elle actionna le levier et la porte s’ouvrit plus grandement d’elle-même. Cette dernière laissa entrevoir un assez grand bureau de marbre, aussi grand et imposant que son propriétaire, qui semblait ne pas être intéressé par la nouvelle arrivante. Droite, mais le corps peinant à tenir cette posture, Anne fit un demi-petit pas jusqu’au seuil avant de s’arrêter brusquement, le regard agrandi. « Oh, mon Dieu, c’est bien lui ! » Elle le confirma une fois de plus en le voyant de plus près à présent. — Reprends-toi, Anne, un murmure se fit entendre. Elle soupira et reprit sa lancée : — Mon... — Je me demandais bien à quel moment vous vous décideriez à rentrer ! Il l’interrompit au même instant d’une voix assez calme pour être tout aussi troublante, et ce, sans daigner la regarder. Les lèvres légèrement tremblantes, Anne s’approcha un peu plus en tendant les documents vers l’avant. — Excu... Excusez-moi, monsieur... Je ne pensais pas avoir pris autant de temps. Voici les documents que vous avez demandés, finit-elle par dire en les lui tendant un peu plus près de lui. Un silence lourd s’installa dans la pièce. Philippe feuilleta et signa les documents qui l’occupaient depuis son arrivée, et une fois à la dernière page, il leva doucement son regard jusqu’à elle. Anne sentit un frisson la parcourir ; instantanément, ses jambes la ramenèrent légèrement vers l’arrière. Philippe prit les documents sans réellement montrer la moindre émotion, une attitude tout à fait normale. Il les consulta d’un coup d’œil rapide et les lui tendit de nouveau. — Bien, reprenez-les. La prochaine fois, faites en sorte que les tâches soient plus explicites. Ici, je n’ai que des titres, des noms, et pas d’intervenant. Où sont les horaires ? Qui est censé faire quoi à quel moment ? — Monsieur, je... — À moins de dire quoi que ce soit qui puisse apporter des clarifications sur ces dossiers, je vous prie de ne rien ajouter et de vous arrimer à ce qui a été souligné comme remarque. C’est comme ça qu’on finit par apprendre. Il les tendit avec insistance. Anne, le regard baissé presque apeurée, se pencha vers l’avant avant de les récupérer. — Je fais les ajustements nécessaires et je vous reviens, monsieur. Puis elle se retourna. — Une seconde ! Sa voix grave retentit. Elle se retourna et lui fit de nouveau face. — Oui, monsieur ? — J’ai bien cru entendre que vous avez été nouvellement recrutée ? C’est bien cela ? Sa voix reprit une forme plus calme. — Oui, c’est bien cela, répondit Anne d’une voix à peine audible. — Très bien. Prenez ce stylo, (qu’il lui tendit) : notez toutes mes remarques et fournissez-moi ce dossier dans les deux heures qui suivent. Anne acquiesça, s’attelant immédiatement à la tâche sans perdre une minute. — Dans deux heures, je vous attendrai dans mon bureau, et revenez avec mademoiselle Soreille par la même occasion, rajouta-t-il. — Soreille ? Elle murmura, mais très vite, fut reprise par le son de la voix grave qui lui demandait si tout était compris. — Oui, monsieur, s’empressa-t-elle d’y répondre. — Maintenant, allez-y et donnez un bon rendu. Anne hocha rapidement la tête et se ravisa aussitôt vers la poignée de la porte. — Anne ! Soudain, la voix de son interlocuteur retentit. Les doigts d’Anne se serrèrent sur ce levier. « Ce ton... c’est le même ! » pensa-t-elle en soupirant presque, comme si elle venait d’entendre un mot qui lui était familier. « Il sait que c’est moi, il le sait très bien... Cette voix calme, mais suffisamment grave et virile pour me maintenir scotchée à ses lèvres. » Elle resta ainsi un moment à penser quand, subitement, elle sentit une présence derrière elle et un bras musclé l’agrippa par les hanches avant de lui permettre de se retourner. — Vous ?! soupira-t-elle, le regard ahuri. — Qu’est-ce que tu crois, que je ne me souviendrais pas de toi, de notre nuit ? Il se pencha vers ses lèvres, puis vers son cou, qu’il effleura d’un baiser doux. Un jaillissement de son souffle chaud suffit à la faire suer de l’intérieur. — Non, non, pas ici, non, murmura-t-elle. — Chut ! Je ne te ferai pas de mal... Je sais que tu as encore tant à découvrir. Et sa main ouvrit délicatement son pantalon tailleur, laissant entrevoir sa culotte noire en dentelle. — Non, non, pas maintenant, les dossiers, Soreille. Philippe se penchait vers elle en se déboutonnant, et au fur et à mesure, le dos d’Anne se cambra contre la porte qui se referma sous le poids de son corps. — Je sais que t’en as envie comme cette nuit. Tu te souviens ? Sa voix était aussi chaude que de la braise. — Tu veux que je descende comme la dernière fois ? Tu le veux ? Son souffle chaud se porta de nouveau à son cou. Et le regard plein de désir d’Anne se montra enfin à la vue de ce torse qu’elle reconnaissait si bien ; elle déboutonna sa chemise et, en même temps, un hochement de tête s’ensuivit. — Rends-moi encore une fois... descends, oui, descends encore une fois. — Ahrrrghhhh !!! Ses doigts effleurèrent son bas tout mouillé, commandant l’entièreté de son corps devenu tout chaud. — Demande-le-moi encore comme la dernière fois... demande... — Oui, vas-y, rends-moi de nouveau femme, je veux te ressentir au plus profond... — Mademoiselle ? Mademoiselle ? Vous allez bien ? La voix de Philippe retentit, la réveillant de son rêve éveillé. — Oui !!! Anne sursauta. La mèche de sa chevelure se déplaça du reste. Elle transpirait comme si son corps avait été soumis à une bonne séance de yoga-fitness. — Oui, monsieur, que dites-vous ? Philippe se pencha vers son tiroir et, tout d’un coup, il s’avança jusqu’à elle. Anne le suivit du regard, scotchée sur cette carrure si imposante et cet amas de muscles qui prenait toute la place, son regard intense aussi qui ne la laissait pas se raviser. Il s’avança jusqu’à elle : — Mon... sieur... ? souffla-t-elle dans un murmure presque sourd. Il souleva la mèche de cheveux qu’il ramena à l’arrière de son oreille. Et il se pencha délicatement vers elle : — Tenez ça ! Je crois bien que vous en aurez besoin. Puis il se rétracta et se rassit à son bureau, comme si de rien n’était, se jetant à nouveau dans ses dossiers posés sur la table. — Vous pouvez y aller, finit-il par dire. Anne porta sa main vite fait à sa poitrine comme pour lui demander de se calmer, ensuite elle acquiesça. — Oui, monsieur. D’une voix basse et en claquant immédiatement ses talons aussi vite qu’une gazelle, elle se retrouva hors du bureau et finit enfin par s’effondrer contre le mur, adossée. Sa respiration était forte, comme si elle courait tout un marathon. — Anne, calme-toi, se disait-elle. Son regard se porta sur cette main où il avait enfoui un paquet de petits mouchoirs. Elle l’ouvrit et s’essuya le front déjà mouillé de sueur. — Mais qu’est-ce qui m’arrive ? À m’imaginer des trucs bizarres. Elle se tapota vivement le visage de ses deux mains et, par la suite, reprit sa marche en tenant fermement les dossiers contre elle. Mais à peine fit-elle un pas qu’elle s’arrêta vivement et ses yeux descendirent vers le bas de son tailleur. Une flaque bien visible avait envahi cet espace. — Oh non !! Mince !! Elle contourna de l’autre sens et fila aussi vite aux toilettes, qu’elle referma à clé. Les yeux embués, Anne porta ses mains à son visage et recouvrit ses yeux, honteuse. — Mais qu’est-ce qu’il m’arrive, mon Dieu ?!! C’est avec la mine triste qu’elle porta de nouveau la vue à son bas tout mouillé, et elle confirma sa crainte : — Et je suppose qu’il l’a remarquée, soupira-t-elle résignée, en portant un regard honteux au paquet de mouchoirs qu’elle tenait dans sa paume. — Anne, calme-toi !! Comment vais-je faire ? !C’est le cœur battant à vive allure, les dossiers serrés contre sa poitrine haletante, qu’Anne toqua contre la porte.— Allez-y, rentrez !Sa voix la fit sursauter, faisant jaillir cette main tremblante vers la poignée.Elle avala sa salive, secouant légèrement son visage pour reprendre un peu de son sang-froid. D’un coup, elle actionna le levier et la porte s’ouvrit plus grandement d’elle-même.Cette dernière laissa entrevoir un assez grand bureau de marbre, aussi grand et imposant que son propriétaire, qui semblait ne pas être intéressé par la nouvelle arrivante.Droite, mais le corps peinant à tenir cette posture, Anne fit un demi-petit pas jusqu’au seuil avant de s’arrêter brusquement, le regard agrandi.« Oh, mon Dieu, c’est bien lui ! »Elle le confirma une fois de plus en le voyant de plus près à présent.— Reprends-toi, Anne, un murmure se fit entendre.Elle soupira et reprit sa lancée :— Mon...— Je me demandais bien à quel moment vous vous décideriez à rentrer !Il l’interr
Du haut de ses talons noirs de 6 à 8 cm, Anne, vêtue d’un ensemble tailleur couleur beige-crème et les cheveux longs noirs coiffés en chignon arrière, s’installa à son poste, la mine sérieuse, prête à donner le meilleur d’elle-même.— Bienvenue !! pouvait-elle entendre de part et d’autre entre les espaces de travail qui l’entouraient dans la pièce.Elle ouvrit son ordinateur et prit son carnet. Elle y marqua la première note de sa « To Do List » de la journée :— Observer, écouter, apprendre et m’appliquer.C’était la mention de cette journée.Son regard se leva et elle vit arriver Soreille, une collègue plus expérimentée avec qui elle avait pas mal sympathisée pendant sa période d’essai.Cette dernière arriva jusqu’à elle, le sourire aux lèvres, elle aussi vêtue élégamment en respectable employée digne de ce nom. Anne se leva, elle aussi souriante, et les jeunes femmes se prirent dans les bras.— Bien heureuse de te revoir, ma chère, lui dit-elle.— Moi aussi, je ne m’y attendais abs
Les bruits de sons émanant de la buvette couvraient ses gémissements, personne ne l’entendait, les ruelles étaient vides. Le malheureux la tira fermement vers une entrée assez sombre.— Viens là ma petite !!Il la plaqua contre le mur, tentant de baisser son pantalon en toute vitesse ; Anne se débattait. Mais sa bouche restait close, et ses membres bloqués sous le gabarit de son agresseur.— Vite fait, on n’en parle plus, tu verras, ça va te plaire, continua-t-il à dire, la braguette ouverte et celle d’Anne sur le point de l’être aussi.S’armant de force, Anne finit par le mordre et se mit à courir de toutes ses forces jusqu’au trottoir en hurlant. Malheureusement, très vite, la voix grave de l’assaillant retentit.— Tais-toi ou je tire ! la menaçait-il, un revolver en main.Anne se retourna, les bras levés, le visage marqué par la peur.— Je vous en supplie, laissez... Laissez-moi partir s’il vous plaît, je vous promets que je ne dirai rien... Je vous en prie... Ne me faites pas de m
Le visage rayonnant et le cœur battant à vive allure, Anne marchait aussi vite que possible en tenant son portable entre ses mains. Rien ne semblait pouvoir venir gâcher ce moment qui, pour elle, méritait d'être célébré avec la bonne personne. « Ethan n'en va pas croire ses oreilles… j'ai enfin pu l'obtenir et je veux partager cette nouvelle avec lui.» Elle s'avança, hâtant sa marche, courant presque, les yeux lumineux, traversant porte après porte du dortoir des étudiants, et finit enfin par arriver devant la chambre de ce dernier. Mais très vite, elle resta saisie par des gémissements aussi intenses que perturbants. Dans un élan de confusion, Anne fit un pas de plus et posa sa main tremblante sur la poignée de la porte déjà légèrement ouverte. D'un coup, elle resta de nouveau saisie ; son regard étincelant d'il y a quelques instants perdit de son éclat, et ses yeux commencèrent à s'humidifier en entendant ces paroles qui résonnèrent comme un coup de poignard dans le dos : — T







