LOGIN— Encore vous ?! lança Seraleonne, furieuse, les bras tremblants sous la pluie battante qui les inondait tous les deux.
Ses cheveux dégoulinaient, ses vêtements collaient à sa peau, et son regard lançait des éclairs plus violents que ceux du ciel. — Et vous, vous ne savez pas regarder la route quand vous conduisez ?! répliqua Xavier, le ton tout aussi sec, la mâchoire contractée. — Ah non mais je rêve ! s’écria-t-elle en écartant les bras. C’est MOI la fautive maintenant ?! C’est vous qui avez failli me faucher comme un chien, me tuer et empêcher mon fils de me revoir ce soir ! Mais non, c’est encore moi qu’on accuse ?! Mon Dieu, où va ce monde ?! — Vous êtes certaine d’être restée concentrée sur la route ? demanda Xavier d’un ton acerbe, les sourcils froncés. — Qu’est-ce que vous insinuez là ?! gronda-t-elle, prête à exploser. — Vous aviez l’air… ailleurs tout à l’heure. Quand je suis venu chercher mon salaire, on aurait dit une femme au bord de la rupture. Vous étiez paumée… Peut-être que vous cherchiez un moyen de tout arrêter et j’étais juste le bouc émissaire parfait. — Pardon ?! souffla-t-elle, choquée. Vous insinuez que j’ai provoqué l’accident ? Que j’ai cherché à mourir ?! — Je ne fais que constater, répliqua-t-il froidement en tournant les talons. Mais après tout, ce n’est pas mes affaires. Bonne soirée, madame. Il remonta calmement dans son camion, claqua la portière. Seraleonne, elle, tenta de redémarrer sa voiture… Rien. Le capot était enfoncé, le pare-brise fissuré, et le moteur refusait de ronronner. La panique commençait à la gagner, la pluie redoublait de violence. — Seigneur… qu’est-ce que je vais faire maintenant ? murmura-t-elle, la voix tremblante. C’est alors qu’un klaxon puissant retentit. Elle leva la tête. La vitre du camion de Xavier s’abaissa lentement. — Montez, dit-il simplement. Je vais vous déposer. Seraleonne croisa les bras, boudant. L’orgueil la tiraillait… mais la réalité la rattrapait rapidement. Elle jeta un œil autour d’elle : la route était totalement déserte, les rares lampadaires grésillaient sous la pluie battante, et aucun taxi n’allait risquer de rouler dans cette tempête. Son fils l’attendait. Elle n’avait pas le luxe de jouer la fière. Xavier descendit calmement de son camion, son pas assuré, ses bottes claquant dans les flaques. Il ouvrit la portière côté passager et la regarda. — Allez, montez. — Je peux le faire seule, merci, grogna-t-elle, le menton relevé avec fierté. — Ah ouais ? Voyons voir ça, répondit-il en croisant les bras sur son torse large, un sourire narquois au coin des lèvres. Elle tenta de grimper, s’y reprit à deux fois, mais la hauteur du camion et ses talons trempés eurent raison de sa volonté. Elle glissa légèrement et se retint de justesse. — Acceptez mon aide, madame, lança-t-il d’une voix grave. Sinon, on va tous les deux finir par choper une pneumonie ici. Moi, ça m’est égal. Mais vous… Vous voulez vraiment laisser votre fils orphelin ? Le coup porta. Elle soupira, baissa les yeux, puis acquiesça silencieusement. Xavier s’approcha alors dans son dos, posa doucement ses mains sur ses hanches et la souleva avec aisance. Le geste fut fluide, maîtrisé… mais leur proximité éveilla quelque chose de troublant. Même trempée, elle dégageait un parfum subtil, un mélange de fleurs et de force. Le contact de ses courbes contre lui, même fugitif, provoqua un frisson qu’il ne s’était pas autorisé depuis des années. Il détourna aussitôt le regard, chassant cette pensée absurde. — Voilà, c’est fait, dit-il sèchement en refermant la portière. Seraleonne, à l’intérieur, sentit aussi ce court frisson. Mais elle s’obligea à l’ignorer. Ce n’était ni le lieu, ni le moment. Seraleonne s’installa sur le siège passager, trempée mais digne. Xavier, lui, remonta dans la cabine, secouant ses cheveux mouillés d’un geste rapide. — Où dois-je vous déposer ? demanda-t-il en jetant un coup d’œil dans sa direction. — Conduisez. répondit-elle froidement, le regard obstinément fixé à la vitre. Je vous dirai quand nous y serons. Xavier arqua un sourcil, amusé par tant de fierté mal placée. — D’accord, madame mystère. Mais j’emprunte quelle route, votre Altesse ? — Continuez sur celle-ci, monsieur, ça ira. — Xavier. rectifia-t-il, un brin provocateur. — Peu importe. Conduisez, monsieur l’assassin. Il éclata d’un petit rire ironique. — Ah, donc maintenant je passe de chauffeur à meurtrier ? C’est moi qui vous ai sortie de la pluie, au cas où vous l’auriez oublié. — Tu as surtout failli m’écraser, oui ! Et maintenant tu joues les sauveurs ? C’est l’hôpital qui se fout de ses patients ! — Ou peut-être que c’est la madame tête en l’air qui refuse de voir qu’elle est en tort ? — Oh la ferme. T’es qu’un camionneur imbus de lui-même ! — Et vous, vous êtes du genre à vous faire tromper par votre mari et à vouloir rejeter la faute sur le monde entier.GLORY HÔTEL Dans la chambre qu’elle avait louée, Béatrice se tenait près de la fenêtre. Sa tenue, délicieusement provocante, épousait chaque courbe de son corps, tandis que ses escarpins vertigineux accentuaient encore davantage son allure assurée. Une lumière tamisée caressait sa silhouette, dessinant autour d’elle une aura presque irréelle. Le silence… Un silence lourd, complice… Seulement troublé par le rythme lent et maîtrisé de sa respiration. Téléphone en main, elle composa un numéro. Une sonnerie. Deux. Trois. Puis… Une voix. Chaleureuse. Enveloppante. Dangereusement familière. __Mon petit cœur… Un sourire étira lentement les lèvres de Béatrice. Un sourire calculé. Précis. __Alex Kovalev… Sa voix glissa comme une caresse
Après que l’appel fut achevé, un léger goût amer se déposa au fond de sa conscience. Une pointe de culpabilité, fugace… qu’il balaya presque aussitôt d’un revers de pensée.__ Il le mérite… pour avoir joué avec ma sœur.Il expira longuement, comme pour enterrer ce malaise, puis se rassit. Le regard fixé sur la porte, il attendait sa mère, prêt à entrer dès qu’elle sortirait de la chambre de sa petite sœur.Chambre 27Flavia, après avoir enfilé la tenue que l’infirmière lui avait remise, franchit enfin la porte.Et là…Le monde s’écroula.Sa fille. Étendue. Immobile. Reliée à des machines dont les bips froids remplaçaient sa voix.Un cri déchira sa poitrine.__ Seigneur… ! Mon bébé… !Sa voix tremblait, brisée, étranglée par une douleur trop grande pour être contenue. Elle resta figée sur le seuil, comme si une force invisible clouait ses pieds au sol. Avancer devenait un supplice.Ava…
— Comment a-t-elle eu mon numéro, celle-là ? se demanda-t-il en fronçant les sourcils, visiblement agacé.— Xavier, on y va ?— Attends, maman… que je règle un petit tracas.— D’accord, fiston. Mais dépêche-toi.Il hocha légèrement la tête, puis décrocha. Sa voix, glaciale, semblait remonter des profondeurs de son être.— Qu’est-ce que tu me veux, Béatrice ?— Xavier… Xavier… Xavier… mon tout beau. Je suis tellement ravie d’entendre ta voix. Tu sais à quel point tu m’as manqué ?— Tu m’appelles pour ce genre de bêtises, sérieusement ?Un léger rire glissa à l’autre bout du fil.— Si j’étais toi, je ne raccrocherais pas si vite… Ce que j’ai en ma possession pourrait t’aider à te venger de celui qui a détruit ta famille.Le regard de Xavier se durcit instantanément.— Crache le morceau, Béatrice.— Pas si vite, mon tout beau… Je vois que j’ai enfin capté ton attention. Et crois-
— Quoi ?! s’écria-t-elle, les yeux écarquillés. Dis-moi que tu plaisantes, s’il te plaît…— Hélas non, mon amour… c’est bien réel. Je compte te présenter à ma famille. Tu es ma compagne, et je suis fatigué de vivre dans l’ombre avec toi. Je veux que le monde sache que tu es à moi… et que je suis à toi, mon bébé.— Oui mais… Xavier… murmura-t-elle d’une voix presque enfantine. J’ai peur, mon cœur…— Je comprends, ma lionne. Mais ce ne sont que mes parents, pas une conférence devant une multinationale, répondit-il avec un léger sourire. Calme-toi… ils vont t’adorer.— Je l’espère, amour… tu m’as vraiment surprise.— C’était exactement le but, avoua-t-il avec un regard malicieux. Je veux qu’ils découvrent la vraie toi… celle qui m’a fait tomber. Pas celle qui va préparer tout un discours pour les impressionner. Sois naturelle, bébé… respire. Tout va bien se passer.Elle le fixa un instant, cherchant dans ses yeux cette assurance don
Le silence régnait dans l’appartement. Un silence lourd, presque complice. Elle s’apprêtait à quitter la chambre de Daniel. Après avoir fouillé rapidement, elle n’avait pas trouvé ce qu’elle espérait. Pourtant, ce numéro encerclé en rouge dans le carnet continuait de brûler dans son esprit. Ce genre de détail ne trompait jamais. Daniel ne faisait rien au hasard. Elle posa sa main sur la poignée de la porte pour sortir… lorsqu’un détail attira son regard. Un portrait accroché au mur. Légèrement de travers. Elle resta immobile. Ses yeux se plissèrent. Sur la photo, Daniel affichait ce regard froid et hautain qu’il réservait au monde entier. Un mélange d’arrogance et de mépris qui semblait dire : personne ne peut m’atteindre. Le photographe avait capturé son vrai visage. — Toujours aussi insupportable… murmur
La salle de réunion de Xamie Šarl était plongée dans une atmosphère sérieuse et professionnelle. Autour de la grande table ovale, plusieurs anciens fournisseurs observaient attentivement les documents posés devant eux. Certains murmuraient entre eux, d’autres parcouraient déjà les premières pages du dossier. Xavier resta debout quelques secondes, les mains posées sur la table. — Comme vous le savez, commença-t-il calmement, le marché pétrolier traverse actuellement une phase de réorganisation stratégique. Il activa l’écran de projection derrière lui. La première diapositive apparut. — Xamie Šarl a choisi d’anticiper ces changements afin d’offrir à ses partenaires une collaboration plus stable et surtout plus rentable sur le long terme. Séraléonne distribua quelques documents supplémentaires pendant que Stelly ajustait la présentation. L’un des fourni







