ログインNelson, numéro sept, était le nettoyeur. Il s’occupait de faire disparaître toute trace compromettante, veillant à ce qu’aucune preuve, aucun meurtre, ne puisse être relié à un membre de la bande.
— Espérons juste qu’elle soit vraiment compétente, dit Liam.
Liam était le numéro deux. Le petit frère de Nicolas. Avocat de la bande, il avait étudié le droit, spécialisé en criminalité. Défendre les autres, empêcher qu’un membre dorme en prison, telle était sa mission. Il n’avait jamais perdu un procès. Criminel ou non, lorsqu’on faisait appel à lui, il trouvait toujours une solution. Le sang Caputolo avait fait de lui un avocat redoutable. Mais Liam n’était pas seulement un homme de loi : les menaces et la contrainte faisaient aussi partie de ses spécialités.
— Je vous comprends tous, admit Nicolas. Je vous promets que vous ne serez pas déçus de mon choix. Elle va gérer.
Au même moment, la porte du séjour s’ouvrit. L’un des hommes de Nicolas entra, s’approcha de lui et murmura quelques mots à son oreille.
— Faites-la entrer.
L’homme hocha la tête et sortit. Quelques minutes plus tard, la porte s’ouvrit sur Élise et Nadia. Tous levèrent les yeux vers les deux jeunes femmes qui venaient d’entrer dans la pièce.
Nicolas se leva et s’approcha d’Élise.
— Comment te sens-tu ?
— Un peu stressée, mais ça peut aller.
— Super. Tu es ravissante ce soir.
— Merci beaucoup.
— Allons-y.
Nicolas la prit par la main et l’amena jusqu’à la table.
— Messieurs et dame, je vous présente Élise. Élise, je te présente…
Il présenta chacun des membres de la bande à tour de rôle. Après quelques échanges et quelques taquineries entre Élise et les membres du groupe, le moment sérieux arriva enfin.
— Élise, commença Nicolas, il est temps de te parler du travail que nous attendons de toi.
Il se tourna vers un homme qui lui tendit une photo. Nicolas la prit et la donna à Élise.
— C’est qui ? demanda-t-elle.
— Vincenzo Bellini, répondit Osi. Fils unique. Il gère un empire : trafic de drogue, trafic d’armes, trafic de femmes, trois bookmakers. Il contrôle aussi une grande partie du marché noir et dirige le groupe Savotoure, une organisation capable de faire disparaître n’importe qui en quelques minutes. C'est un puissant groupe chinoise.
Le cœur d’Élise se serra un instant.
— Avant la mort de son père, poursuivit Brian, nous étions alliés. Il nous laissait gérer des zones, faire entrer des marchés, contrôler une partie du marché noir. Mais il y a deux mois, il a tout coupé. Il a dit ne plus vouloir travailler avec nous.
— Élise, reprit Nicolas, ton travail consistera à le séduire. Vincenzo est un homme dur, très dur. Il ne se laisse jamais plier. Son point faible, ce sont les femmes courageuses, audacieuses, celles qui respirent le danger.
— Élise, intervint Juliette, es-tu capable de relever ce défi ? Nicolas nous a dit que tu en étais capable. Nous lui avons proposé de chercher quelqu’un d’autre, mais il a refusé. Il a insisté : ce sera toi.
— Si tu te sens trop secouée, je…
— Je vais le faire, coupa Élise, d’une voix ferme.
Tous échangèrent des regards surpris. Tous, sauf Nicolas.
— Que dois-je faire ? demanda Élise.
— Tu es sûre de toi ? demanda Rodriguez.
— Oui, je vais le faire, répéta-t-elle. Dites-moi ce que vous attendez de moi.
— Nous voulons que tu infiltres son organisation, expliqua Nicolas. Que tu te rapproches de Vincenzo, que tu gagnes sa confiance, qu’il fasse de toi sa fiancée. Tu nous informeras de tout : ses faits et gestes, ses activités. Tu ne seras pas seule. Nous allons t’entraîner. Nadia te formera en premier, elle est la meilleure parmi nous. Ensuite, tu passeras entre les mains de chacun. Juliette interviendra aussi. Je serai le dernier à te former avant ton entrée en contact avec Vincenzo.
Il marqua une pause.
— Il est possible que tu sois contrainte de tuer ou de faire des choses extrêmes pour attirer son attention. En es-tu capable ?
— Oui, je suis prête, répondit Élise sans hésiter. Je ferai le nécessaire pour que vous obteniez ce que vous voulez.
— Je commence déjà à l’aimer, lança Brian.
Tous éclatèrent de rire.
— Je commence à comprendre pourquoi Nicolas t’a choisie, dit Liam. Tu as du cran. J’espère simplement que tu tiendras jusqu’au bout.
— Vous pouvez compter sur moi.
— Je pense qu’elle ira loin, ajouta Nelson. Je le vois dans ses yeux.
— J’oubliais, reprit Nicolas. Je t’ai promis de me présenter correctement. Je m’appelle Nicolas Caputolo. Numéro un de la bande. Je supervise tout ce que font les membres ici présents. Avec le temps, tu en sauras plus sur moi. Cela te va ?
— Oui, ça me va pour le moment.
— Bien. Portons un toast à Élise, à la nouvelle alliance et aux bonnes choses qui nous attendent.
Tous levèrent leurs verres, trinquèrent et burent.
**
Trois mois plus tard...
Ce soir-là, au centre de la ville de New York, le night-club le plus populaire animait la galerie.
De loin, on pouvait entendre des voix qui s’élevaient, accompagnées de cris de joie. L’intérieur était bondé de monde. Le DJ, debout au fond de la salle, casque sur les oreilles, mettait le feu au rythme de la foule qui bougeait dans tous les sens.
Soudain, trois voitures s’immobilisèrent dans la cour du night-club. Les portières de la première voiture s’ouvrirent : quatre hommes en costume en sortirent, refermèrent les portières et prirent position. Les portières de la troisième voiture s’ouvrirent à leur tour ; les hommes firent les mêmes gestes. Puis vint enfin le tour de la deuxième voiture. Seule la porte du côté non chauffeur s’ouvrit en premier sur un homme aux yeux ivoire, le visage marqué de cicatrices. Il était bien musclé. Il ouvrit ensuite la portière arrière.
L’occupant posa d’abord son pied droit au sol. À peine avait-il sorti la tête de la voiture que tous les hommes baissèrent la tête. Il était imposant, bien stylé, et son simple regard en disait long. Il dégageait une aura hors du commun.
Il regarda autour de lui un instant avant de se tourner vers l’homme qui se tenait à sa gauche.
— Monsieur, voulez-vous que j’aille renvoyer tout le monde ? demanda-t-il.
— Non, Cobra, répondit-il.
Cobra, c’était le nom de son homme de main. Un homme rigoureux, à qui rien n’échappait. Ex-garde du corps du président de la République.
Cobra se tourna vers les hommes postés devant la voiture et leur fit un signe de la main. Ils hochèrent la tête et entrèrent.
Quelques instants plus tard, ils ressortirent. L’un d’eux s’approcha de Cobra et lui murmura quelques mots à l’oreille.
— Monsieur, on peut entrer, dit Cobra.
Accompagné de ses hommes, le Boss entra. Dès qu’il franchit la porte, la musique se coupa.
Les danseurs qui s’agitaient se calmèrent, les serveurs s’arrêtèrent un instant. C’était comme si sa présence avait figé le temps.
Aucune voix ne s’élevait, personne ne parlait. On aurait pu entendre le bourdonnement des mouches.
— C’est qui ? murmura un jeune homme dans un coin.
Son ami regarda d’abord la distance qui les séparait du Boss et de ses hommes, puis se tourna vers lui.
— Ne me dis pas que tu ne le connais pas ? dit-il à voix basse.
L’autre se contenta de hocher la tête.
— Vincenzo, répondit-il. C’est un grand mafieux. Il peut te faire disparaître en un instant. On dit qu’il est pire que son père. Son caractère est inhumain.
— Non, je ne le connais pas.
— Tu as déjà entendu parler de la famille Bellini ?
Les yeux de son ami s’agrandirent soudainement, comme s’il venait d’entendre un secret.
— Oui, je les connais. Ne me dis pas que c’est le fils de…
— Oui, c’est lui. Vincenzo Bellini. Si tu veux vivre en paix, ne tombe jamais entre ses mains. Tout le monde le connaît.
— On ferait mieux de ne plus parler.
Les deux amis se turent.
Pendant ce temps, Vincenzo avait déjà été conduit à l’étage du night-club, dans une grande salle vitrée. De là, il pouvait observer tout ce qui se passait en bas.
Il s’assit, posa le pied droit sur le pied gauche, puis fit un signe de la main à Cobra.
— Monsieur ?
— Ils peuvent continuer leurs petites fêtes, autorisa-t-il.
— Monsieur, désirez-vous des filles ou boire quelque chose ?
— Les filles, non. Mais je veux du champagne.
— Ce sera fait, monsieur.
Cobra s’avança vers la vitre et fit un signe de la main au DJ. Aussitôt, la musique reprit. Les voix s’élevèrent de nouveau, les gens dansaient et criaient comme si tout était redevenu normal.
Un jeune homme monta à l’étage avec une bouteille de champagne dans un seau et un verre.
À l’entrée de la salle, les hommes l’arrêtèrent et le fouillèrent avant de le laisser passer. Il déposa la bouteille et le verre sur la table, puis fit un pas en arrière et demanda, sans lever la tête :
— Avez-vous besoin de quelque chose d’autre, monsieur ?
— Tu peux partir, répondit Cobra.
Le serveur se retourna et redescendit.
— Je peux l’ouvrir ? demanda Cobra.
Nicolas se leva, fit le tour de la table et se positionna derrière Vincenzo.— Comment se fait-il que vous continuiez de respecter cet homme ? Si nous en sommes là, c’est parce qu’il a confondu amour et business. C’est un homme faible. Juste parce que j’ai attaqué sa copine, il a osé tuer mon frère. Messieurs, voici ce que je veux : j’aimerais que vous tous ici, vous travailliez pour moi, imposa Nicolas.Le clan Bellini échangea des regards.— Oui, vous m’avez bien entendu. Loin de là, Osi doit prendre le règne de la drogue dans vos territoires. Vous serez simplement les fournisseurs, certes, mais lui, il va occuper vos territoires. Quant à toi, Dimitri, ce sera la même chose.— C’est impossible, s’imposa Mateo en se levant.— Tu n’as pas idée de qui nous sommes, bondit Dimitri de son côté.— Y a-t-il d’autres choses ? demanda Santiago.Nicolas sourit.— Oui, monsieur. J’aimerais que la compagne de Vincenzo passe une nuit avec moi et que Vincenzo soit à mon service. Je veux être le ro
La question fit l’effet d’une bombe dans le cœur d’Élise.— Je... je..., balbutia-t-elle. Que racontes-tu, Vincenzo ? Cet homme a failli me tuer. Je ne ferai jamais une alliance avec lui, à grand jamais. Tu ne me fais pas confiance, c’est ça ?— Je n’ai jamais dit ça, Élise. Je voulais juste être sûr que tu n’y es pour rien.— Tu peux avoir la conscience tranquille, je n’y suis pour rien. Tu devrais me croire.Vincenzo lui serra la main.— Je te crois, Élise ! Je te crois ! À présent, je pense que tu es la seule en qui je pourrais avoir le plus confiance.— Je ne trahirai jamais ta confiance, tu peux en être sûr.Vincenzo se contenta simplement de sourire. Cette nuit-là, les deux franchirent la porte de leur terre promise. Contrairement à Vincenzo, qui s’était plongé directement dans le sommeil, Élise, elle, était restée là, éveillée, à se demander si Vincenzo l’avait démasquée, s’il était au courant que c’était elle qui était derrière tout ceci.Ne trouvant pas le sommeil, elle se le
Vincenzo sortit son téléphone portable, entra dans sa messagerie et envoya un message aux parrains. Ces derniers, après consultation, le supprimèrent automatiquement.À tour de rôle, ils se levèrent et quittèrent la maison sans ajouter un mot de plus.Après leur départ, Vincenzo se retrouva seul dans sa salle de sport. Il voulait évacuer un peu le stress, ainsi que la colère qui montait en lui. Il donna des coups de poing au sac, en pagaille, tout en murmurant le nom de Nicolas. Cela dura de longues minutes avant qu’il ne s’arrête et ne s’assoie.— Cobra, j’aimerais que tu fasses quelque chose pour moi, fit-il.— Je vous écoute, monsieur.— Tu es au courant qu’il y a un traître parmi nous ? demanda Vincenzo.— Oui, monsieur, je vous ai entendu le dire à la réunion.— J’aimerais que tu gardes un œil sur nos hommes, surveille-les correctement.— Et Élise ? demanda Cobra.— Comment ça, Élise ? Je parle simplement de tes hommes, Cobra.— Monsieur, vous ne pensez pas qu’elle peut être une
Nicolas se leva, déposa sa cigarette au sol et l’écrasa. Il s’approcha ensuite des ambulances avec Osi. Tous deux vérifièrent le contenu. Tout était dedans, comme Élise l’avait dit.— C’est du lourd, lança Osi. Je n’aimerais pas être à la place de ses hommes en ce moment.— Je vais montrer à ses hommes que c’est moi qui gouverne.— Qu’allons-nous faire maintenant ? As-tu un plan ?Nicolas ne dit rien. Il sortit simplement son téléphone portable, entra dans ses contacts et lança un numéro.***Mateo et Dimitri venaient de franchir la cour de Vincenzo, avec les yeux remplis de colère. Les autres parrains, informés de la situation, se trouvaient déjà chez lui également.— Comment ça s’est passé ? demanda Vincenzo.— Pour dire vrai, je n’en sais même pas, répondit Mateo. Ces ambulanciers agissaient comme les autres : mêmes couleurs de voiture, mêmes procédés, comme s’ils étaient au courant de tout.— Qui peut être responsable de ce coup ? demanda Johnson.— Je pense que...Au même moment,
Élise ne fit plus rien. Nicolas arrêta le taxi devant un petit supermarché. Élise ouvrit la porte. Au moment de sortir, la voix de Nicolas la rattrapa.— Merci, Élise.Elle hocha la tête et sortit. Nicolas s'éclipsa.***Une semaine plus tard...Le port de New York avait accueilli ce matin quinze ambulanciers, tous venus dans l'unique but de transporter la drogue. Dès que le conteneur fut posé au sol, Mateo vérifia si c'était réellement sa drogue, Dimitri ses armes. Après s'être rassurés tous les deux, ils ordonnèrent le chargement. Des hommes en treillis corrompus étaient positionnés dans les quatre coins du port, prêts à stopper leurs collègues non corrompus qui viendraient semer de la zizanie.Le chargement dura des heures avant d'être terminé. Les ambulanciers se mirent en route.Quelques minutes après leur départ, quinze autres ambulanciers firent leur apparition. Mateo et Dimitri, qui se trouvaient toujours sur les lieux en train de discuter avec les policiers corrompus, furent
Pendant qu'ils échangeaient, Élise était assise sur le canapé de l'autre côté, tendant correctement l'oreille. Elle avait tout enregistré dans sa tête, mot pour mot. Après quelques minutes de discussion supplémentaire, les parrains se retirèrent. À peine avaient-ils quitté le domicile de Vincenzo que la pluie fit son entrée spectaculaire. Elle passa toute la nuit à tomber, comme si elle pleurait. Élise s'était blottie dans les bras de Vincenzo, profitant de sa chaleur.Le lendemain, Élise chercha une ruse pour quitter la maison. Elle avait prétendu aller faire quelques courses pour la maison. Vincenzo avait essayé de la convaincre de prendre un homme avec elle, mais elle avait refusé. Elle voulait y aller seule, sans garde du corps. Vincenzo n'eut pas d'autre choix que de respecter sa décision.Debout au bord de la voie, un taximan se gara à côté d'Élise. Elle regarda autour d'elle avant d'entrer à l'intérieur. Le chauffeur, sans même demander sa destination, se mit en route. Après qu
Soudain, les trois voitures s’arrêtèrent devant la maison. Les gardes à l’extérieur furent maîtrisés en un instant. Une fois le portail ouvert, ils commencèrent à tirer sur tout ce qui bougeait. Les tirs retentissaient de tous les côtés. Les hommes d’Osi tombaient n’importe comment, dans tous les s
La voiture qui avait pris Élise s’immobilisa devant un appartement. Le conducteur coupa le moteur, descendit et ouvrit la portière.— Madame !Élise sortit. Il referma la porte.— Passez une bonne journée.— Vous aussi.Il remonta dans la voiture, démarra et repartit.Après s’être assurée qu’il éta
Nicolas ne broncha plus. Les mains tremblantes, il déposa le couteau sur la table, saisit sa chaise et la jeta de l'autre côté de la pièce. La chaise se fracassa en mille morceaux. Tous les autres baissèrent ensuite leurs armes.Vincenzo se leva.— L'heure n'est plus au dialogue. Venir ici était un
Nicolas lui servit un autre whisky dont le pourcentage d’alcool était différent du précédent. Au bout de quelques minutes, Osi était devenu incontrôlable, il ne pouvait même plus tenir debout sur ses deux pieds. Le pauvre, il s’était baigné dans l’alcool comme s’il était dans une piscine. Lentement







