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Chapitre : 02

last update Fecha de publicación: 2026-03-19 17:57:24

Le grand portail de la prison s’ouvrit sur Élise. Lentement, elle sortit de la cour, s’arrêta un instant et se retourna pour regarder cet endroit qui lui avait volé trois longues années, cet endroit qui était prêt à la faire disparaître à jamais. Elle n’avait jamais cru pouvoir respirer un jour l’air de la liberté. Elle ferma les yeux et inspira profondément.

À peine les rouvrit-elle qu’une voiture Range Rover blanche s’immobilisa devant elle.

La portière arrière s’ouvrit et un jeune homme, habillé d’un tricot et d’un jean, en sortit puis s’approcha d’elle.

— J’espère que je ne suis pas en retard ? demanda-t-il.

— Qui êtes-vous ?

— Je suis là pour vous conduire à destination, de la part de Nicolas. Laissez-moi prendre votre sac.

Le jeune homme essaya de prendre le sac d’Élise, mais cette dernière refusa.

— Ce n’est pas la peine, je garderai mon sac moi-même.

Il n’insista pas, ouvrit la deuxième portière arrière et invita Élise à monter. Elle le regarda quelques minutes avant d’entrer et de prendre place.

— Bonsoir, Élise, lança une voix douce devant elle.

— Cette voix, c’est vous, n’est-ce pas ?

La jeune femme se pencha sur le côté et tourna le regard vers l’avant. Impossible, elle n’en croyait pas ses yeux. Cette femme, c’était celle qui l’avait protégée sous la douche.

— Comment se fait-il que…

— Que je sois déjà remise en liberté ?

— Oui, c’est impossible.

— J’ai été envoyée ici pour veiller sur toi, rien de plus. Je suis aussi chargée de te former avant ton infiltration.

— Me former ?

— Tu en sauras davantage très bientôt.

Elle se redressa, donna le top au chauffeur qui mit le moteur en marche et s’élança sur la route.

Assise à l’arrière, les yeux braqués sur l’extérieur, Élise contemplait chaque endroit qui défilait sous ses yeux.

Soudain, la voiture s’arrêta devant un magasin. D’en haut, on pouvait facilement deviner ce qui se passait à l’intérieur.

— Élise, suis-moi.

Élise descendit puis suivit la jeune demoiselle. Dès leur entrée, tout le monde se prosternait comme si elles étaient des présidentes.

Arrivée devant une étagère, la jeune demoiselle s’arrêta, fit un signe de la main à l’un des membres du personnel qui accourut vers elle.

— Oui, madame.

— Occupez-vous de cette demoiselle, s’il vous plaît. Élise, elle va s’occuper de toi, je ne serai pas loin. Et s’il vous plaît, j’aimerais qu’elle soit vraiment élégante. Choisissez-lui une robe parmi vos dernières collections.

— Vous pouvez compter sur moi, madame.

La jeune demoiselle se retira. La conseillère montra des robes sexy à Élise. Parfois, elle acceptait, parfois elle refusait.

Après quelques minutes de shopping, elle avait le nécessaire. La jeune demoiselle régla la facture et elles reprirent la route.

Cette fois-ci, la voiture se gara devant un hôtel cinq étoiles. Elle conduisit directement Élise à sa chambre. La chambre était vaste.

Deux canapés se trouvaient au milieu ; en face, un grand écran diffusait de la musique.

À gauche, une grande ligne d’armoires, l’endroit idéal pour ranger ses affaires ; à droite, la douche. Élise déposa le sac et s’assit sur le canapé.

— Ça te plaît ? demanda la jeune demoiselle.

— Pour une fille qui vient de sortir de prison, je pense que ça peut aller.

— Parfait. Je passerai te chercher à dix-neuf heures. Tâche d’être élégante ce soir.

— Je ferai de mon mieux.

— Tiens ce portable, il n’y a qu’un seul numéro dedans, c’est le mien. Tu n’as qu’à m’appeler si jamais tu as un souci.

Élise prit le téléphone.

— Je dois te laisser. Repose-toi avant dix-neuf heures.

La jeune demoiselle était sur le point de franchir le seuil, mais la voix d’Élise la stoppa.

— Tu ne m’as pas dit comment tu t’appelais.

— Appelle-moi Nadia.

— Merci beaucoup, Nadia. Merci pour tout.

Elle se contenta de répondre par un sourire et sortit.

Seule, Élise se leva et se laissa tomber sur le lit. Elle fut balancée de gauche à droite, du haut vers le bas, avant de s’immobiliser enfin au milieu. Elle ferma lentement les yeux, admirant le confort auquel elle faisait face désormais : d’abord le shopping, maintenant cette chambre d’hôtel avec ce lit. Ce confort était incomparable à ce qui régnait autrefois dans sa cellule.

Elle se leva, enleva sa chemise et entra sous la douche. Elle appuya sur un bouton et l’eau se mit à couler. Elle resta immobile, laissant l’eau parcourir son corps. Sans le vouloir, des larmes commencèrent à jaillir de ses yeux. Elle n’en revenait toujours pas, incapable de croire à ce qu’elle était en train de vivre. Elle ferma les yeux quelques minutes, puis les rouvrit. Rien n’avait changé. Elle était toujours là, sous la douche, l’eau coulant encore sur son corps. Ce n’était pas un rêve, mais une réalité.

Après avoir fini de se laver, elle sortit, enfila une petite robe et se laissa retomber une nouvelle fois sur le lit. Elle se détendit jusqu’à ce que le sommeil frappe à sa porte.

***

Dix-neuf heures trente…

Située au cœur de la ville, la villa de Nicolas était un manoir hors du commun. La cour était si vaste qu’on aurait cru à un stade. Des hommes lourdement armés faisaient des allers-retours constants.

À l’entrée, une fraîcheur agréable accueillait les invités.

À gauche, cinq voitures de luxe parfaitement alignées ; à droite, un large espace aménagé de canapés haut de gamme et d’une télévision dernier cri. En avançant dans la cour, on pouvait facilement se mirer dans les carreaux impeccables.

Ce soir-là, le manoir avait accueilli des invités de marque.

Tous étaient assis autour de la grande table installée dans le séjour, discutant, plaisantant, lançant parfois des piques teintées d’humour noir.

— Dis-moi, qui est exactement cette fille ? demanda Rodriguez.

Rodriguez était le numéro trois de la bande. Un homme au caractère dur, au visage fermé, incapable d’afficher le moindre sourire. Pour lui, un homme ne devait jamais sourire. Il était trafiquant d’armes.

— Tu vas la connaître très bientôt, Rodriguez, répondit Nicolas.

— Je ne comprends pas pourquoi tu as choisi une prisonnière. Penses-tu vraiment qu’elle en est capable ? demanda Brian.

Brian, numéro quatre de la bande, affichait presque toujours un sourire. Pas un vrai. Seulement celui qu’il arborait lorsqu’il s’apprêtait à faire du mal. Propriétaire de plusieurs bookmakers, il gérait également un casino de jeux.

— Brian a raison, admit Osi.

Osi était le numéro cinq. Il se disait le plus gentil du groupe, mais ses actes prouvaient le contraire. Il était chargé de la vente de cocaïne et contrôlait la plupart des zones.

— Nicolas a sûrement une raison, intervint Juliette.

Juliette était le numéro six. Une femme hors du commun. Tuer était son métier. Elle n’avait aucune notion de l’amour, rien qui s’en rapproche. Elle n’avait jamais échoué à une mission.

— Nicolas ne nous a jamais trahis, lança Nelson.

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