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Chapitre 41 : L'Armure

作者: Déesse
last update publish date: 2026-09-10 08:14:22

Elara

Je suis assise par terre, dans la salle de bains du domaine, le dos collé contre la baignoire froide, et je tremble.

Pas de froid. Non. De choc. De peur rétrospective. De cette terreur qui ne frappe qu'après, quand le danger est passé, quand le corps comprend enfin à quel point il a frôlé le gouffre. Mes mains ne cessent de s'agiter, mes doigts s'entrelacent et se désentrelacent sans que je puisse les contrôler. La céramique glacée sous mes paumes ne suffit p
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    ScarlettJe ne sais pas qui frappe à la porte de l'autre, cette nuit-là.Je sais seulement qu'il est minuit passé, que je n'ai pas dormi depuis le bureau, depuis le dossier, depuis la gifle, et que tout à coup je suis debout dans le couloir qui relie nos chambres, pieds nus sur la pierre froide, et que sa porte s'ouvre avant que j'aie frappé, comme si la marque l'avait prévenu, comme si elle lui avait murmuré à l'oreille elle vient.Nous restons face à face dans l'encadrement. Lui en noir, moi en blanc, et entre nous une semaine de vérité qui fume encore comme une terre bombardée.— Je te hais, dis-je.— Je sais.— Je te hais pour ma mère. Je te hais pour mon père. Je te hais pour chaque nuit sans chauffage, chaque faux nom, chaque fois que j'ai eu peur. Je te hais avec tout ce que j'ai, et il ne me reste que ça.— Je sais.— Et malgré ça...Ma voix se brise. Malgré ça, me voici. Devant sa por

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    ScarlettJe me lève.Je ne sais pas que je vais le frapper avant de le faire. Ma main part toute seule, avec sept ans de course derrière elle, sept ans de peur, le visage de ma mère, la toux de mon père, les nuits sans chauffage, les lentilles, les faux noms, les fossés anonymes où j'ai failli finir, tout ça part dans mon bras, et ma paume frappe sa joue avec un claquement qui résonne dans tout le bureau.Sa tête tourne sous l'impact.Il ne bouge pas. Il ne se défend pas. Il redresse simplement le visage vers moi, la marque rouge de ma main sur sa peau, et il attend.Et moi, moi j'éclate.Pas en sanglots. En quelque chose de pire, de plus ancien, quelque chose qui monte du ventre et qui déchire tout au passage, une hystérie que je ne me savais pas capable de produire, des larmes qui coulent sans que je pleure, une voix qui n'est plus une voix :— Toute cette mort... toute cette ruine... le manoir, ma mère, mon père qui meurt, sept ans de terreur, sept ans à dormir un œil ouvert... pou

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    ScarlettJe crois que je ne respire plus.Les mots sont là, dans l'air du bureau, et ils refusent de rentrer dans ma tête, ils rebondissent, ils ricochent, parce que s'ils entrent, le monde entier change de forme.— Répète, dis-je.— Tu as entendu.— Répète tout. Depuis le début. Pas la version de tout à l'heure. La vraie.Il se redresse. Il ne fuit pas. C'est la seule chose que je peux dire en sa faveur en cet instant, et elle est infime : il ne fuit pas.— La guerre économique contre les O'Connor, dit-il. Elle n'est pas née du conseil. Elle est née de moi.— Quoi.— Il y a six ans. Un an après le bal. Un an à te chercher dans tous les registres, tous les clans, tous les ports, et à ne rien trouver, parce que ton oncle est bon, il est très bon, il t'a effacée proprement. Et un jour, en épluchant pour la centième fois les listes des grandes maisons vampires, j'ai compris que je cherchais au mauvais endroit. Tu n'étais nulle part parce que ta famille te cachait. Les O'Connor te protége

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