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CHAPITRE 9 La Compagne D’ Hugo

Auteur: Gwen Dee
last update Date de publication: 2026-03-13 07:06:20

La forêt devint étrangement silencieuse.

Les pattes d’Aiden glissèrent sur le sol humide lorsqu’il s’arrêta brusquement, ses muscles se contractant sous son épaisse fourrure argentée. Le vent changea de direction, apportant avec lui un faible écho d’urgence, aigu et insistant.

Alpha, la voix d’Hugo résonna dans son esprit, tendue par l’inquiétude. Ta présence est requise au palais. Immédiatement.

Les oreilles d’Aiden se aplatirent.

Louis, agrippé à l’épaisse fourrure qui recouvrait son cou, rit à bout de souffle. leave empty Mon oncle, pourquoi t’es-tu arrêté ? Je croyais qu’on faisait la course avec le vent.

Pierre expira lentement, se stabilisant lui-même ainsi que son loup. Le devoir, pensa-t-il sombrement.

leave empty Nous devons rentrer leave empty, dit Pierre à voix haute, sa voix grave vibrant dans la poitrine d’Aiden. leave empty Quelque chose d’important est arrivé. leave empty

Louis fit la moue pendant une seconde avant d’acquiescer avec enthousiasme. leave empty D’accord ! On peut courir vite à nouveau ? leave empty

Aiden s’abaissa instinctivement et Louis resserra son étreinte. Dès que le garçon fut en sécurité, Aiden se lança en avant, puissant, implacable, déchirant la forêt à une vitesse renouvelée. Les arbres défilèrent dans un flou, l’odeur des pins et de la terre laissant place à celle de la pierre et du fer alors que Silver Moon Crest apparaissait devant eux.

Aux portes du palais, Aiden ralentit. Les gardes se redressèrent instantanément, impressionnés et respectueux à la vue du loup de leur Alpha. Aiden se transforma en plein élan, sa fourrure disparaissant, ses os craquant et se reformant jusqu’à ce que Pierre se tienne debout, torse nu, respirant régulièrement, le regard perçant. Il était à nouveau habillé, des vêtements propres l’attendaient, préparés par les serviteurs du palais qui savaient qu’il valait mieux ne pas détourner le regard.

leave empty Va dans tes appartements, Louis leave empty, dit Pierre doucement, posant une main sur l’épaule du garçon. leave empty Je viendrai te chercher plus tard. leave empty

Louis hésita, puis sourit. leave empty Promis ? leave empty

Pierre acquiesça. leave empty Promis. leave empty

Ce n’est que lorsque le garçon eut disparu dans le couloir que Pierre se retourna.

Hugo était déjà là.

Son bêta se tenait raide, la mâchoire serrée, les épaules tendues comme s’il retenait quelque chose d’explosif. Un soulagement passa brièvement sur son visage lorsqu’il vit Pierre, mais il disparut tout aussi vite.

leave empty Que s’est-il passé ? leave empty demanda Pierre.

Hugo ne répondit pas immédiatement. Au lieu de cela, il fit un signe vers la grande salle. De la musique s’en échappait faiblement, accompagnée de rires, de cliquetis de gobelets et du murmure de nombreuses voix.

leave empty Ils sont arrivés leave empty, dit enfin Hugo.

Pierre fronça les sourcils. leave empty Arrivés ? leave empty

leave empty Les louves leave empty, répondit Hugo. leave empty Toutes célibataires. Toutes vierges. De toutes les meutes alliées. leave empty

Pierre s’arrêta de marcher.

leave empty Je n’étais pas là leave empty, dit-il d’un ton neutre.

leave empty C’est justement le problème leave empty, répondit Hugo. leave empty Elles ont été accueillies, nourries, fêtées… et tu étais introuvable. leave empty

Un muscle se contracta dans la mâchoire de Pierre.

leave empty Tu sais que je ne crois pas qu’il faille forcer le destin leave empty, dit Pierre. leave empty Si ma compagne était ici, je l’aurais senti. leave empty

leave empty Je sais leave empty, dit Hugo avec précaution. leave empty Mais le décret de la déesse de la Lune… leave empty

leave empty Je n’ai pas oublié leave empty, l’interrompit Pierre.

Ils entrèrent dans la grande salle.

Au moment où Pierre franchit le seuil, l’atmosphère changea.

Toutes les conversations s’interrompirent. Tous les regards se tournèrent vers lui.

Des dizaines de louves étaient dispersées dans la salle, certaines assises, d’autres debout, toutes vêtues de robes élégantes, leur parfum mêlé à une anticipation nerveuse. Pierre dégageait une puissance intense et implacable. Plusieurs louves se raidirent instinctivement. Quelques-unes baissèrent les yeux.

Aiden remua.

Pierre inspira profondément.

Rien.

Aucune attraction.

Aucune étincelle.

Aucune reconnaissance.

Pas même un murmure.

Rien, confirma Aiden d’une voix calme mais distante. Ce n’est pas le nôtre.

Pierre sentit sa poitrine se serrer, non pas de déception, mais d’une résignation familière et creuse.

Hugo se pencha vers lui. leave empty Regarde au moins, murmura-t-il. Pour sauver les apparences.

Pierre acquiesça d’un signe de tête.

Il traversa la salle à pas mesurés, répondant aux salutations avec une indifférence polie. Plusieurs femmes rassemblèrent suffisamment de courage pour l’approcher, le sourire trop enthousiaste, les yeux brillants d’espoir.

leave empty Mon roi… leave empty

leave empty C’est un honneur… leave empty

leave empty J’ai tellement entendu parler de vous… leave empty

Pierre répondit courtoisement, brièvement, sans s’attarder. Son regard ne s’adoucit jamais. Son loup ne bougea pas.

Au bout de quelques minutes, il s’arrêta.

leave empty Cela ne sert à rien leave empty, dit Pierre à voix basse à Hugo. leave empty Si elle était ici, je le saurais. leave empty

Hugo s’apprêtait à répondre quand…

Son souffle se coupa.

Le corps d’Hugo se raidit.

Leo surgit violemment en lui, ses griffes griffant son esprit.

Compagne. Compagne. Compagne.

Ce mot n’était pas une pensée, c’était un ordre.

De l’autre côté du couloir, Francisca se figea en plein mouvement. Son souffle se coupa, ses doigts s’agrippèrent au tissu de sa robe alors que quelque chose d’ancien et d’indéniable lui transperçait la poitrine. Son loup se réveilla, à la fois paniqué et affamé, poussant vers l’avant, exigeant.

Son regard se posa sur Hugo.

Le monde se rétrécit.

Les bruits s’atténuèrent. Les odeurs s’intensifièrent. Son cœur battait si fort qu’elle était sûre que tout le monde pouvait l’entendre.

Hugo était déjà en mouvement.

Il ne se souvenait pas avoir décidé de franchir la distance qui les séparait, seulement qu’il était soudainement là, la dominant de toute sa hauteur, son aura s’écrasant contre la sienne comme une tempête. L’attraction était insupportable, sauvage, déchirant toute retenue de ses os.

Les lèvres de Francisca s’entrouvrirent dans un souffle tremblant.

leave empty Hugo…

Il ne répondit pas.

Leo prit le contrôle.

Hugo prit son visage entre ses mains et s’empara de sa bouche dans un baiser féroce et dévorant, un baiser qui exprimait la possession, la reconnaissance, l’inévitabilité. Francisca haleta, puis se fondit en lui, son loup hurlant de triomphe alors qu’elle lui rendait son baiser sans réfléchir ni avoir honte.

Le lien se resserra.

Des halètements résonnèrent dans la salle. Les loups se figèrent. Certains détournèrent les yeux. D’autres restèrent bouche bée, stupéfaits.

Hugo interrompit brusquement le baiser, le front appuyé contre le sien, le souffle court, les yeux brillants.

Ses mains tremblaient.

Tous ses instincts lui criaient de la marquer, de sceller ce que le destin avait déclaré, mais il les réprima avec un effort brutal.

Francisca vacilla, étourdie, ses doigts agrippant ses manches comme si le fait de lâcher prise allait la déchirer.

Leurs regards se croisèrent.

Une compréhension mutuelle s’établit entre eux, brute, tacite, absolue.

Le petit rire grave de Pierre brisa la tension.

leave empty Eh bien, dit-il calmement en se levant de son siège, il semble que cette réunion ait finalement trouvé son but. leave empty

Des murmures parcoururent la salle : choc, admiration, envie.

Pierre leva la main. leave empty Ce sera tout, dit-il fermement. leave empty Profitez du reste de la fête. Puis retournez en toute sécurité dans vos meutes. leave empty

Les gardes s’empressèrent d’escorter les invités vers la sortie.

Hugo reprit enfin le contrôle, l’horreur se lisant sur son visage lorsqu’il réalisa ce qu’il avait fait. leave empty Alpha… Je… leave empty

Pierre lui posa une main sur l’épaule. leave empty Détends-toi, dit-il. Félicitations, Hugo.

Hugo baissa les yeux vers Francisca, qui le regardait comme si le monde venait de s’écrouler et de se reconstruire en un instant.

Pierre sourit faiblement. leave empty On dirait que le destin était impatient. leave empty

Il se retourna et partit.

De retour dans ses appartements, Pierre se tenait seul à la fenêtre, le clair de lune se répandant sur le sol en pierre. Sept ans.

Il avait autrefois imaginé rencontrer sa compagne jeune — le feu, la certitude, la reconnaissance instantanée. À dix-neuf ans, il avait inconsciemment scruté les foules. À vingt-deux ans, il avait attendu.

À vingt-cinq ans, il ne cherchait plus.

Aiden, murmura-t-il intérieurement.

Quand le moment sera venu, répondit simplement son loup, nous le saurons.

Pierre expira lentement.

leave empty Pour l’instant, dit-il à voix haute, je vais laisser le destin me trouver. leave empty

La lune observait en silence.

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