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La solitude pesante

作者: Seth
last update 最終更新日: 2025-04-03 17:16:01

Victor rentra chez lui comme tous les soirs, poussant la porte d’entrée avec lassitude.

Il n’y avait pas de lumière d’accueil, pas de voix joyeuse pour lui souhaiter la bienvenue. Seulement le bruit distant de la télévision et le faible bourdonnement d’un téléphone vibré.

Il posa ses clés sur la table, hésita une seconde avant de se diriger vers le salon. Camille était là, recroquevillée sur le canapé, son écran illuminant son visage impassible.

— Salut.

Un murmure, presque une tentative désespérée de se raccrocher à une habitude.

— Hmm.

Une réponse automatique, sans lever les yeux, sans même feindre un sourire.

Victor resta debout un instant, cherchant quoi dire, quoi faire pour briser ce mur invisible entre eux.

— Ta journée s’est bien passée ?

— Oui.

Un mot. Sec. Froid. Comme chaque soir.

Il voulait lui parler. Lui dire qu’il se sentait seul, même en sa présence. Qu’il avait besoin d’elle, de ses rires, de ses gestes tendres qu’elle lui refusait désormais.

Mais il savait que cela ne servirait à rien.

Alors, il soupira et se dirigea vers la cuisine.

Il prépara un repas qu’elle ne remarquerait pas, mangea dans un silence pesant, puis se réfugia dans leur chambre, un livre à la main.

Avant, il l’attendait. Il espérait qu’elle le rejoigne, qu’elle se blottisse contre lui comme autrefois.

Mais il avait cessé d’espérer.

Il savait qu’elle viendrait bien plus tard, après avoir terminé sa soirée virtuelle, après avoir échangé des messages avec des inconnus plus intéressants que lui.

Et chaque nuit, il s’endormait en se demandant quand il avait cessé d’être une priorité dans sa vie.

---

Élise – S’accrocher à l’illusion

Élise ouvrit un tiroir et en sortit une vieille photo.

Elle et Antoine, souriants, enlacés, le soleil couchant illuminant leurs visages. C’était un été, un de ces moments où tout semblait simple, où aimer Antoine ne signifiait pas se battre contre ses démons.

Elle effleura du bout des doigts le visage rieur de son mari, celui qui lui manquait tant.

Elle entendit un bruit derrière elle. Antoine venait de rentrer.

Elle se précipita vers lui, dissimulant la photo derrière son dos comme une adolescente prise en faute.

— Tu es là.

Antoine leva un sourcil, un peu surpris.

— Ben oui, où veux-tu que je sois ?

Elle sourit faiblement.

— Je pensais juste… que tu rentrerais plus tard.

Il haussa les épaules et se laissa tomber sur le canapé.

— J’avais pas envie de sortir ce soir.

Ce n’était rien. Une simple phrase, un constat banal.

Mais pour Élise, c’était une victoire.

Il était là. Avec elle.

Peut-être que ce soir, ils pourraient parler. Peut-être qu’il se souviendrait de ce qu’ils avaient partagé.

Elle alla chercher deux verres et une bouteille de vin.

— Ça te dit qu’on boive un verre ensemble ? Comme avant ?

Antoine la regarda, puis soupira.

— Élise…

Son ton était las, agacé.

— Juste un verre.

Il la fixa un instant avant de tendre la main.

— OK.

Elle se pressa de remplir son verre avant qu’il ne change d’avis, un mince espoir battant dans sa poitrine.

Ils trinquèrent en silence.

Elle le regardait, cherchant un signe, un geste qui prouverait qu’il était encore là, quelque part, sous cette fatigue et cet ennui.

— Tu te souviens de ce voyage en Espagne ? demanda-t-elle doucement.

Antoine haussa un sourcil.

— Quel voyage ?

Elle rit, un peu nerveusement.

— Celui où tu t’es perdu dans les ruelles de Barcelone et où on a fini par manger dans ce minuscule restaurant familial…

Il fronça les sourcils, essayant de se rappeler.

— Ah ouais… Peut-être.

Son cœur se serra.

Il ne se souvenait pas.

Ou pire : il s’en fichait.

Elle but une gorgée de vin pour masquer sa peine.

— C’était un beau moment.

— Si tu le dis.

Il vida son verre d’un trait et se leva.

— Je vais me coucher.

Élise le regarda disparaître dans la chambre, ses mains serrées autour de son verre.

Elle voulait croire que ce n’était pas perdu.

Que quelque part, sou

s cette indifférence, il y avait encore l’homme dont elle était tombée amoureuse.

Mais chaque soir, il lui échappait un peu plus.

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