MasukIdaLes nuits sont courtes, les journées sont longues, mais notre amour est plus fort que tout. Klaus et moi avons appris à trouver des moments pour nous, des instants volés au temps, des bulles d'intimité dans le chaos de la vie familiale.Un soir, alors que Rose et Violette sont endormies, Klaus m'attire sur le canapé. Ses mains caressent mes épaules, ses lèvres effleurent ma nuque, son souffle est chaud contre ma peau.— Je t'aime, Ida, murmure-t-il. Je t'aime plus que tout.— Je t'aime, Klaus. Je t'aime pour l'éternité.Il me déshabille avec une lenteur infinie, un geste à la fois, comme s'il voulait redécouvrir chaque courbe de mon corps. Mes doigts s'enfoncent dans ses cheveux, mes lèvres cherchent les siennes, mon corps s'abandonne au sien.— Tu es si belle, Ida. Si belle, si parfaite, si vivante.— Ne parle pas, Klaus. Ne parle pas, aime-moi.Il entre en moi, doucement d'abord, puis plus profondément, plus passionnément. Nos corps s'emboîtent, nos souffles se mêlent, nos cœurs
IdaLe retour à la maison est un chaos joyeux, un tourbillon de rires et de larmes, de nuits blanches et de journées épuisantes. La boutique en dessous de notre appartement est fermée pour quelques semaines, les fleurs attendent patiemment dans leurs vases, les clients compréhensifs ont promis de revenir. Pour l'instant, notre univers se réduit à ces deux petites créatures qui ont envahi notre vie, notre cœur, notre âme.Rose et Violette sont inséparables, deux gouttes d'eau, deux petites fées aux cheveux blonds et aux yeux bleus. Elles dorment dans le même berceau, se réveillent en même temps, pleurent en chœur. Parfois, je les observe pendant des heures, fascinée par leurs mimiques, leurs petits gestes, leurs sourires qui s'ébauchent dans leur sommeil.Klaus est un père attentionné, dévoué, presque maladroit dans sa tendresse. Il les prend dans ses bras avec une précaution infinie, comme s'il avait peur de les briser. Il leur chante des berceuses d'une voix rauque, il leur raconte d
Ida Les semaines passent, les mois s'écoulent. L'école prospère, Ariane grandit, les jumelles s'épanouissent. La vie est belle, la vie est pleine, la vie est heureuse. Mais un matin, une enveloppe arrive, une enveloppe timbrée du sceau de la prison de Berlin. Je l'ouvre, mes doigts tremblent légèrement, mes yeux parcourent les mots. "Ida, Je sais que je n'ai pas le droit de te demander quoi que ce soit. Je sais que j'ai fait des choses horribles, impardonnables, monstrueuses. Mais je te demande une chose, une seule chose. Viens me voir. Une dernière fois. Pour que je puisse te regarder dans les yeux, te dire que je suis désolé, te demander pardon. Niklaus." Je reste immobile, la lettre à la main, les pensées qui s'entrechoquent. Niklaus. L'homme qui m'a enlevée, séquestrée, torturée. L'homme qui a failli détruire ma vie, mon amour, mon avenir. Mais aussi l'homme qui a souffert, l'homme qui a aimé, l'homme qui a perdu. — Qu'est-ce que c'est ? demande Klaus en s'appr
IdaLes jours s'écoulent comme les pétales d'une fleur qui s'épanouit lentement sous le soleil printanier. Rose et Violette grandissent, leurs rires emplissent la boutique, leurs premiers pas émerveillent nos cœurs. Chaque jour est un cadeau, chaque instant est une bénédiction, chaque sourire est une promesse.L'appartement au-dessus de la boutique est devenu un vrai foyer, un refuge de chaleur et d'amour où les murs résonnent encore des éclats de rire des jumelles. Klaus a installé une balançoire dans le jardin, Helene a cousu des rideaux en tissu fleuri, Valeska a accroché des mobiles colorés au-dessus des berceaux. La vie est douce, la vie est belle, la vie est paisible.Ce matin, le courrier apporte une enveloppe, une enveloppe épaisse, à l'écriture fine et élégante. Je la reconnais immédiatement, cette écriture qui m'est si familière, ces lettres délicates qui dansent sur le papier. Mon cœur se serre, ma main tremble, mes yeux s'embuent. C'est l'écriture de Valeska.— Qu'est-ce q
IdaLa grossesse avance, mon ventre s'arrondit, mes émotions s'intensifient. Chaque mouvement de l'enfant est une joie, chaque battement de cœur est un miracle, chaque jour est une découverte.Un matin, lors d'une échographie de routine, la médecin nous annonce la nouvelle. Son sourire est radieux, sa voix est excitée, ses yeux brillent.— Félicitations, dit-elle. Vous attendez des jumelles.Le monde s'arrête. Klaus et moi nous regardons, nos yeux s'écarquillent, nos bouches s'ouvrent.— Des jumelles ? répétons-nous en chœur.— Oui, des jumelles. Deux petites filles, en parfaite santé.Je sens les larmes couler sur mes joues, une émotion profonde qui me submerge. Klaus prend ma main, il la serre si fort que j'en perds presque le souffle.— Deux petites filles, murmure-t-il. Deux petites filles, Ida. Notre famille s'agrandit, notre amour se multiplie.— Deux petites filles, Klaus. Deux bébés, deux sourires, deux cœurs.La médecin nous laisse, nous restons seuls dans la salle d'examen,
IdaLes mois passent, l'école prospère. Les étudiants arrivent de partout, certains débutants, d'autres passionnés, tous animés par la même flamme, la même passion pour les fleurs et la beauté.Je suis heureuse, comblée, épanouie. Chaque jour est une joie, chaque instant est un bonheur. Mais quelque chose change en moi, quelque chose que je sens grandir, quelque chose que je n'ose pas encore nommer.Un matin, alors que je suis en train de préparer un atelier, une vague de nausée me submerge. Je m'accroche au bord de la table, je ferme les yeux, je respire profondément. La nausée passe, mais une certitude s'installe, une évidence qui me traverse comme un éclair.Je suis enceinte.Je reste immobile, les mains crispées sur la table, les yeux fixés sur le bouquet de roses que je suis en train d'arranger. Mon cœur bat la chamade, mes pensées se bousculent, mes émotions se heurtent. Une joie immense m'envahit, mêlée à une peur sourde, une inquiétude, une appréhension.Klaus entre dans la pi
IdaJe ne sais pas combien de temps je peux tenir.Trois jours. Trois jours que nous cohabitons dans cet appartement minuscule, à s'éviter dans les couloirs, à s'effleurer dans la cuisine, à s'épier du coin de l'œil. Trois jours que je fais semblant de ne pas remarquer sa présence, alors qu'elle oc
KlausCinq heures quarante-sept. Le jour se lève à peine, filtrant à travers les rideaux bon marché dans une lumière gris pâle, la couleur des regrets du lendemain.Je n'ai pas fermé l'œil.Le canapé est un instrument de torture, c'est un fait objectif. Mais ce n'est pas le canapé qui m'a tenu évei
IdaJe ne dors pas.Le lit est trop grand, trop mou, trop froid. Les draps sentent la lessive industrielle et cette odeur de neuf qu'ont les meubles achetés à la hâte. Rien ici n'est vivant. Rien n'a d'histoire. Cet appartement est une coquille vide, un décor de théâtre où nous jouons une comédie a
KlausJe ne dois pas la regarder.C'est la règle numéro un. La seule, à vrai dire. Je la récite en boucle depuis que je suis entré dans cette salle minuscule où l'air sent le renfermé et le vieux monsieur. Ne pas la regarder. Ne pas s'attarder. Rester professionnel, distant, aussi froid que le doss







