LOGIN· Sers-moi, dit-il.
Je verse le café dans sa tasse. Le liquide coule en un filet parfait, régulier. Je ne renverse pas une goutte. Je suis fière de ce petit exploit. Il ne le remarque pas. Ou il fait semblant.
· Maintenant, à genoux.
Je m'agenouille à côté de lui. Mes genoux touchent le carrelage froid. La sensation est immédiate, une fraîcheur qui monte dans mes os. Je redresse le do
Sa voix s'est brisée sur les derniers mots. Sa main s'immobilise sur mon bas-ventre, juste au-dessus de mon pubis. Sa chaleur irradie dans tout mon bassin, mais c'est sa confession qui me brûle. C'est un cadeau immense, peut-être le plus précieux qu'il m'ait jamais fait. C'est lui qui est à nu maintenant. Il dépose ses peurs une à une à mes pieds, comme des offrandes sacrificielles.— Ouvrez les yeux, Maître. S'il vous plaît. Je veux vous voir.Il ouvre les yeux. Ils sont à quelques centimètres des miens. Son regard est trouble, noyé, brillant d'une émotion contenue qui ne demande qu'à déborder. Je vois la petite veine qui bat sur sa tempe, le léger tremblement de sa lèvre inférieure. Il est be
ÉliseUne semaine a passé depuis la reprise du rituel. Une semaine douce, pleine de regards appuyés et de gestes tendres. Une semaine de convalescence amoureuse. La fêlure est derrière nous, devenue une cicatrice que nous portons à deux, comme un secret partagé que nous sommes les seuls à pouvoir lire sur nos corps et dans nos âmes.Il est rentré plus tôt aujourd'hui. Le soleil de fin d'après-midi baigne le salon d'une lumière dorée, presque irréelle, qui transforme les particules de poussière en paillettes flottantes. Je suis à ma place, à genoux, nue, les cuisses légèrement écartées, les paumes tournées vers le ciel sur mes cuisses. La postur
Il se penche. Il embrasse mon épaule. Là où la lanière a frappé. Ses lèvres sont douces sur ma peau chauffée.— Ce soir, je veux te prendre. Pas comme avant. Pas dans l'urgence, dans la passion brute. Dans la lenteur, la conscience, la présence. Je veux te prendre en sachant ce que nous faisons. En sachant qui nous sommes.— Oui, Maître.Il me guide vers le lit. Je m'allonge sur le ventre. Les marques contre les draps frais. Il s'allonge sur moi. Son poids est chaud. Rassurant.Il entre en moi. Lentement. Profondément. Consciemment.
ÉliseLundi. Une semaine exactement depuis le début de la fêlure. Une semaine de doutes, de peurs, de fuites, de retours. Une semaine qui a tout changé. Qui nous a changés.Il est rentré du travail. Je suis dans le salon. Nue. Le collier autour du cou. Le petit cadenas. Je l'attends. Comme tous les soirs. Mais ce soir est différent. Ce soir, tout recommence.Il entre. Il pose sa mallette. Il enlève sa veste. Ses gestes sont calmes. Posés. Différents de la semaine dernière.Il s'approche de moi. Il me regarde. Son regard est doux. Profond. Il voit tout. Ma nudité
Je me suis agenouillée. Sur le tapis. Là où je m'agenouille toujours. Nue sous ma robe. Le collier autour du cou. Le petit cadenas.Il s'est agenouillé devant moi. Nos visages à la même hauteur. Ses yeux dans les miens.— Je vais te donner de nouvelles règles. Pas des règles de soumission. Des règles d'amour.— Je vous écoute, Maître.— Première règle. Quand je tombe, tu me relèves. Quand je doute, tu me rassures. Quand je fuis, tu m'attends.— Oui,
Il a regardé ses mains. Elles tremblaient légèrement.— J'ai eu peur. Peur de ce que j'étais devenu. Un homme qui frappe la femme qu'il aime. Qui la soumet. Qui la marque. J'ai regardé nos photos. Les cordes. Les lanières. Les larmes. Et je me suis demandé si je n'étais pas un monstre.Sa voix s'est brisée.— Mais en partant. En étant seul. En pensant à toi, à genoux, m'attendant toute la nuit. J'ai compris. Je ne suis pas un monstre. Je suis un homme qui aime une femme. Une femme qui a besoin de ce que je lui donne. Qui le demande. Qui le reçoit. Qui en vit.Il a levé les yeux vers moi. Ils étaien







