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Author: Jaanai
last update Petsa ng paglalathala: 2026-09-17 19:08:00

JEANNE

C’était lundi et j’étais assise sur le beau mais inconfortable canapé en cuir devant le bureau de Louis, m’efforçant de ne pas m’agiter. Mon cœur cognait contre ma cage thoracique et une sueur nerveuse humectait ma peau. L’assistant de Louis, un jeune homme qui s’était présenté comme Paul, me dévisageait de l’autre côté de l’espace, et je me demandais s’il pouvait deviner à quel point j’étais nerveuse.

Il décrocha son téléphone, me jeta un regard, dit quelque chose, puis raccrocha.

« Vous pouvez entrer, Mademoiselle Marchand. »

Je lui adressai un sourire de remerciement, puis me levai en lissant ma jupe crayon grise. Avec l’aide de Manon, je l’avais associée à un chemisier crème sans manches parsemé de délicats petits boutons sur le devant. Des escarpins noirs à brides achevaient la tenue. Comme l’avait dit Manon, la tenue était élégante tout en mettant superbement mes courbes en valeur.

Professionnelle avec une pointe de sensualité. Parfaite pour me donner la confiance nécessaire face à cette situation inconfortable.

Paul me lança un regard légèrement inquiet, et je réalisai que je m’étais immobilisée, figée devant le mur de verre dépoli qui entourait la porte du bureau de Louis. Secouant ma paralysie temporaire, je franchis les derniers mètres et frappai.

« Entrez. »

Son ton sec raidit ma colonne vertébrale. Quel que fût son problème, je n’avais rien fait dont j’aurais dû avoir honte. Je refusais de le laisser m’intimider davantage qu’il ne le faisait déjà.

La porte d’onyx s’ouvrit sans effort sous ma main et je pénétrai dans l’immense bureau, balayant la pièce du regard pour retarder le moment où je devrais regarder l’homme assis derrière le grand bureau en acajou.

C’était un bureau d’angle : les vastes fenêtres occupaient presque entièrement deux pans de mur, et je fus immédiatement frappée par la vue splendide de la skyline de la ville. Deux canapés jumeaux se faisaient face de part et d’autre d’une table basse à l’autre extrémité du bureau, avec un bar et un coin café à côté. Quelques tirages artistiques en noir et blanc ornaient le mur du fond, et une seconde porte menait probablement à une salle de bain privée.

N’ayant plus d’excuses, je posai enfin les yeux sur Louis.

Dieu. Il était toujours aussi beau. Même s’il ressemblait bien davantage au sévère homme d’affaires qu’il était qu’à l’homme de la nuit où nous nous étions rencontrés. Sa veste de costume épousait parfaitement ses larges épaules, et lorsqu’il se leva, mon regard glissa le long des lignes parfaitement coupées qui ne faisaient qu’accentuer sa stature.

Je ramenai mon attention sur son visage, mes lèvres s’étirant en un sourire nerveux.

Il ne le lui rendit pas. Il contourna simplement son bureau et s’y appuya, les bras croisés, son regard froid me parcourant de la tête aux pieds.

Après avoir pris une profonde inspiration, je m’avançai vers lui et lui tendis la main.

« Enchantée de vous rencontrer… euh, à nouveau, euh, Monsieur Chevalier. »

Mes joues s’échauffèrent tandis que les souvenirs de cette nuit s’imposaient dans mon esprit.

Il hésita une seconde, et mon estomac se noua. Il n’allait tout de même pas me laisser en plan.

Il n’en fit rien. Il s’avança et enserrá ma main dans sa grande poigne chaude. Ma paume picota.

« Vraiment ? » dit-il.

Mes sourcils se haussèrent, et dès qu’il relâcha ma main, je la retirai.

« Euh… »

Dieu, c’était embarrassant. J’étais une professionnelle, pour l’amour du ciel. La situation était horriblement gênante, mais j’aurais au moins dû être capable d’aligner une phrase cohérente.

« Bien sûr. Je suis très enthousiaste à l’idée de travailler avec le groupe Chevalier. »

Voilà qui sonnait professionnel et positif.

Ses yeux se plissèrent tandis qu’il m’étudiait.

« Depuis combien de temps travaillez-vous sur cette proposition ? »

Je décalai mon poids d’un pied sur l’autre et regardai les profondes chaises en cuir devant son bureau, me demandant si j’étais censée rester debout pendant tout l’entretien. Louis remarqua mon regard mais ne m’invita pas à m’asseoir.

Je retins un soupir.

« Nous y travaillons depuis environ deux mois. »

Il hocha la tête, passant la main sur sa mâchoire. Une soudaine mémoire me traversa : cette même mâchoire, râpeuse de barbe de cinq heures, frottant délicieusement la peau sensible de l’intérieur de mes cuisses. Mes tétons se durcirent et j’espérai que ma réaction n’était pas visible.

« Donc vous saviez qui j’étais quand vous vous êtes assise à côté de moi au bar ? »

Quoi ? Je secouai la tête.

« Non, je ne savais pas qui vous étiez. »

Un sourcil sombre se leva.

« Vous affirmez que vous vous êtes assise à côté de l’un de vos clients potentiels les plus lucratifs, habillée pour tuer et avec une histoire toute prête sur votre cœur brisé, et que ce n’était pas intentionnel ? »

Sa voix ne trahissait rien — il parlait comme si la réponse lui était indifférente —, mais l’angle dur de sa mâchoire démentait son indifférence.

« Qu’est-ce que vous me demandez exactement ? »

« Je vous demande si vous avez planifié tout ça. Quelles sont les chances que vous vous retrouviez à côté de moi au bar ce soir-là, que vous finissiez dans mon lit, puis que vous entriez dans mon bureau la semaine dernière ? »

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