ログインManonIl émet un son qui est à la fois un rire et un grognement. Sa bouche descend sur mon cou, mes clavicules, mes seins, marquant un chemin de baisers brûlants, de morsures légères qui promettent de devenir des souvenirs sur ma peau demain. Ses mains explorent, redécouvrent chaque courbe, chaque muscle qu’il connaît si bien d’un point de vue technique, mais qu’il apprend maintenant sous l’angle du plaisir. Il trouve les points de tension, les efface avec une précision d’artisan, transformant la douleur d’athlète en extase de femme.Quand sa main se glisse entre mes cuisses, il trouve ma chaleur, mon humidité, ma préparation évidente pour lui. Un grognement de satisfaction masculine lui échappe.— Tu es prête pour moi, constate-t-il, son doigt traçant un cercle lent, torturant.— Toujours, haleté-je. Je l’ai toujours été.Son exploration est méthodique, implacable, comme son entraînement. Il apprend mes réactions, les provoque, m’emmène au bord du précipice encore et encore, me laiss
ManonLa porte de mon appartement se referme dans un clic sourd, isolant le monde entier. Soudain, le silence est absolu, pesant de tous les mots non-dits, de tous les désirs contenus. Nous sommes debout dans l’entrée étroite, encore enveloppés des relents de la compétition – le talc, la sueur froissée, l’adrénaline qui se retire. Mais sous cela, une nouvelle énergie monte, primitive, électrique.Alex est là, à un pas de moi. Il a lâché mon sac, qui repose contre le mur comme un vestige d’une vie révolue. Il ne me regarde plus en entraîneur, en stratège. Il me regarde en homme. Et ce regard est un déshabillage, une revendication lente et totale. La glace a fondu, laissant place au brasier qui couvait depuis le premier jour.— Tu es sûre ? demande-t-il, sa voix rauque dans le silence.La question n’est pas une hésitation. C’est un dernier hommage aux règles, un ultime respect pour le chemin parcouru. Je réponds sans un mot. Je ferme la distance entre nous et, sur la pointe des pieds, j
ManonLe jour J est là.Il n'a pas la couleur des grands événements. Pas de soleil héroïque, pas de ciel d'azur. C'est un jour gris, pâle, d'une neutralité absolue. Comme si l'univers retenait son souffle.Dans le gymnase des qualifications nationales, l'air est froid, climatisé à l'excès. Il sent le désinfectant, la peur et le talc. Je suis dans ma bulle d'avant-compétition, enfilant mes peaux sur mes mains déjà meurtries, sentant les regards des autres athlètes, des entraîneurs, des juges. Mais je ne vois qu'un point fixe, une ancre dans cette mer d'anxiété : Alex.Il est à quelques mètres, près du bord du praticable, vêtu de son uniforme d'entraîneur – polo de la fédération, pantalon noir. Il consulte ses notes, mais ses yeux, quand il les lève, ne quittent que moi. Ils n'ont plus rien de la tempête du gymnase, de la passion dévorante de notre point de rupture. Ils sont clairs, froids, professionnels. Un rempart de glace. Et c'est exactement ce dont j'ai besoin.Ces deux dernières
ManonIl se brise.Avec un son qui est à la fois un gémissement et un rugissement, il prend possession de ma bouche. Le baiser n’a rien de doux. C’est une revendication, une dévoration. C’est des mois de frustration, de désir contenu, qui se libèrent dans un choc de lèvres, de langues, de dents. Ses mains remontent le long de mon dos, s’enfoncent dans mes cheveux, me tiennent captive contre lui. Je réponds avec la même sauvagerie, mes mains griffant le coton de son débardeur, s’accrochant à ses épaules comme à une bouée dans un torrent.Nous sommes deux forces de la nature qui s’affrontent, se nourrissent l’une de l’autre. Le goût de la sueur, du sel, de lui, m’envahit. L’odeur de nos corps excités se mêle, enivre. Nous vacillons, toujours enlacés, et mon dos heurte la poutre d’appui des barres asymétriques. Le métal froid contre ma peau brûlante, son corps brûlant contre le mien. C’est un contraste fou, exaltant.Ses lèvres quittent les miennes pour descendre le long de mon cou, traç
ManonL'été bat son plein, devenant une étuve tropicale dont le gymnase n'offre aucun répit. L'air est immobile, saturé de l'odeur âcre de la résine chaude, de la sueur qui sèche sur les tapis, et de quelque chose d'autre, d'animal, de primordial, que nous ne nommons pas mais qui émane de nos corps tendus à craquer.La qualification est dans deux semaines. Le compte à rebours est un tic-tac obsédant dans ma tête, dans chaque cellule de mon corps. L'entraînement a atteint un niveau de cruauté que seul Alex peut concevoir. C’est du raffinement à la limite de la rupture, du muscle et de la volonté poussés à l’extrême. Et à travers tout cela, l'attraction entre nous, au lieu de se dissiper, s'est concentrée, affinée, devenue une lame d'acier chauffée à blanc.Aujourd'hui, c'est la dernière grande session de préparation avant le début du cycle de compétition. L'épuisement est tel que mes os semblent vibrer d'une fatigue fondamentale. Mais c'est aussi la journée où la tension charnelle, si
ManonLa pression devient palpable, un étau qui se resserre autour de nos tempes à chaque jour qui passe. Les qualifications nationales approchent, une sombre montagne à l'horizon de nos vies. C'est la première vraie étape, le premier barrage décisif sur le chemin des Jeux. L'air lui-même, dans le gymnase, semble se condenser, chargé d'une électricité nerveuse.Alex est plus concentré, plus exigeant que jamais. L'incident sur la poutre, la tension charnelle qui avait craquelé notre carapace professionnelle, semble avoir été scellé sous une couche de glace plus épaisse. Il est redevenu la machine, l'analyste froid. Mais je sais. Je sens la différence. Sa froideur n'est plus naturelle. Elle est fabriquée, maintenue par un effort surhumain de volonté. Ses corrections sont encore plus brèves, ses touches encore plus rapides et impersonnelles, comme si ma peau était devenue radioactive. Il évite mon regard, sauf quand il s'agit de décomposer un mouvement. Alors, son regard est si intense q







