공유

Chapitre 2

작가: Mila Cerise
« Madame Delmas, voici l'ébauche de la convention de divorce. »

Paul Girard a posé le dossier sur la petite table près du lit d'hôpital. Son front s'est aussitôt plissé.

Avant de venir, il connaissait déjà toute l'histoire. Il s'était préparé. Mais il ne s'attendait pas à voir Aurore dans un état pareil.

Paul suivait la famille Delmas depuis l'enfance. À l'époque où Jean Delmas, le père d'Aurore, était encore en vie, il travaillait déjà pour le Groupe Delmas. Aujourd'hui, les deux groupes avaient fusionné. Même avec toute la bonne volonté du monde, il n'avait plus réellement les moyens d'intervenir.

« Mais je dois vous le dire clairement. Si vous insistez pour divorcer, il faudra vous préparer au pire. »

Le geste d'Aurore s'est arrêté net au milieu de la lecture.

« Au pire, de quoi parlez-vous ? »

« Après l'entrée de capitaux du Groupe Delmas, les activités ont été progressivement intégrées au Groupe Vasseur. Ces dernières années, Monsieur Vasseur a discrètement racheté les actions éparses. Aujourd'hui, que ce soit les parts ou les activités, le Groupe Delmas est déjà totalement absorbé. Avec votre position actuelle, vous ne pouvez pas lutter contre lui. »

Paul a baissé la voix.

« Si l'affaire va jusqu'au tribunal, vous risquez... de repartir sans rien. Je vous conseille d'y réfléchir sérieusement. »

Les doigts d'Aurore se sont crispés d'un coup. Le papier s'est froissé sous sa poigne.

L'ambition et la puissance de Romain, elle les connaissait depuis le début. Mais elle n'avait jamais imaginé que leur histoire finirait ainsi, dans un affrontement aussi brutal.

« Je refuse de croire qu'il puisse tout contrôler », a-t-elle lâché entre ses dents. « Même s'il ne me reste qu'un souffle, je récupérerai ce qui m'appartient. »

Paul a soupiré doucement.

« D'accord. L'essentiel, c'est que vous sachiez ce que vous faites. »

Ses paroles ont porté un coup sévère.

Aurore est restée assise sur le lit, immobile, le regard vide.

Le téléphone a vibré. Le livreur appelait. Elle s'est levée, s'est appuyée contre le mur et a avancé lentement jusqu'à l'entrée de l'hôpital.

Sous la lumière crue du soleil, une Maybach était stationnée un peu plus loin.

Romain se tenait près de la voiture. Il a ouvert la portière pour Léna, puis a posé une main attentive dans le bas de son dos, avec une douceur presque excessive.

Léna est montée en souriant, un sourire éclatant, trop éclatant, qui rendait Aurore encore plus pâle.

Aurore a suivi la voiture des yeux jusqu'à ce qu'elle disparaisse, puis elle s'est retournée et est rentrée dans sa chambre.

Elle s'est assise pour manger. Un simple bol de bouillon léger, déjà tiède.

C'était fade. Difficile à avaler.

Les larmes sont tombées dans le récipient en plastique. Elle a bu le liquide mêlé à l'amertume, gorge serrée, le goût amer lui brûlant la bouche.

Elle n'en avait avalé que quelques gorgées quand le téléphone s'est mis à vibrer frénétiquement.

L'appel de Camille s'est affiché à l'écran.

« Aurore, t'es passée où ? Samedi prochain, c'est l'anniversaire de grand-père. La réception aura lieu au domaine Delmas. Bouge-toi et reviens préparer tout ça. »

« Je ne peux pas venir. Trouve quelqu'un d'autre. »

« Quelqu'un d'autre ? T'es la femme de Romain. Même avec les jambes cassées, tu devras ramper jusqu'ici. »

À ce stade-là, Camille croyait encore pouvoir lui donner des ordres ?

Avant, Aurore la choyait, la laissait tout passer, répondait à la moindre de ses exigences. Pas par gentillesse. Mais parce qu'elle aimait Romain et acceptait de tout endurer pour la famille Vasseur.

Aujourd'hui, elle ne ferait plus jamais ça.

« Si tu ne reviens pas aujourd'hui pour préparer la réception, j'en parle à maman. On verra comment elle va te remettre à ta place. »

« J'ai déjà renoncé à Romain, tu crois vraiment que j'ai peur de ta mère, cette ancienne maîtresse ? »

« Tu dépasses les bornes ! »

Camille a hurlé aussitôt.

Le passé d'Hélène, ancienne maîtresse devenue épouse, restait un tabou absolu chez les Vasseur.

La phrase d'Aurore avait allumé la mèche. À l'autre bout du fil, Camille a explosé.

Les insultes se sont mises à fuser sans retenue. Aurore a coupé l'appel, sans hésiter. Puis, d'un geste sec, elle l'a bloquée.

Camille, folle de rage, a jeté son téléphone contre le mur.

Très bien, Aurore Delmas. T'as pris confiance, maintenant ? Tu crois vraiment que je n'ai aucun moyen contre toi ?

Elle a aussitôt appelé Romain.

« Romain, maman m'a demandé d'appeler Aurore pour qu'elle revienne aider à préparer l'anniversaire de grand-père. Non seulement elle refuse, mais en plus elle traite maman de maîtresse et nous insulte tous les deux. »

« Pourquoi tu vas encore la provoquer ? »

La voix de Romain était glaciale.

« Et puis, même si tu ne l'aimes pas, t'as oublié les règles de la famille ? C'est ta belle-sœur. Tu lui dois le respect. »

À l'autre bout du fil, Camille s'est aussitôt tassée.

« Mais, tu prends sa défense maintenant ? Je suis ta sœur, non ? »

« Ça suffit. Pour la réception, laisse maman s'en charger. »

Il a raccroché sans attendre de réponse.

De toute façon, quels que soient leurs efforts, leur grand-père, Georges Vasseur, ne leur avait jamais accordé la moindre bienveillance.

À côté du bureau, Thomas, son assistant, hésitait depuis un moment avant d'oser parler.

« Monsieur Vasseur, l'autre jour, devant l'hôpital, il m'a semblé voir... Madame Delmas courir après votre voiture. Ensuite, il y a eu un accident. Vous pensez qu'elle pourrait réellement aller mal ? »

« Courir après ma voiture ? »

Romain a laissé échapper un ricanement. Le stylo a claqué lourdement sur le bureau.

« Aurore tient trop à sa vie pour faire ce genre de chose. Elle cherche juste à me forcer la main. »

Il a balayé l'air d'un geste impatient.

« Laisse tomber. Qu'elle fasse son numéro. Quand elle en aura assez, elle reviendra toute seule. »

Thomas n'en était pas si sûr.

Certes, il méprisait l'acharnement d'Aurore. Avant, à chaque apparition, elle collait Romain comme une ombre, presque étouffante.

Mais depuis hier...

C'était beaucoup trop calme.

En temps normal, elle aurait déjà mis toute la famille sens dessus dessous.

Une fois, lors d'un anniversaire de mariage, Romain était en déplacement. Son vol avait été retardé. À peine descendu, il était rentré directement chez lui.

En ouvrant la porte, il avait trouvé le salon dans un état de chaos total.

Aurore avait fait une crise. Dans un accès de colère, elle avait tout saccagé.

Cette fois-ci, au contraire, tout était trop calme. Connaissant son caractère, elle n'allait certainement pas en rester là.

Thomas voulait lui rappeler cet épisode. Mais en voyant l'expression sombre de Romain, il a ravalé ses mots.

Ce soir-là, vers vingt-deux heures, dans un salon privé d'un club très fermé, Romain buvait face à Sébastien Beaumont.

« On dit que Léna est enceinte ? »

Sébastien faisait lentement tourner son verre, un sourire en coin.

« Pas mal, tu n'as pas traîné. »

Romain lui a lancé un regard sombre.

Sébastien riait doucement.

« Alors ? Tu comptes divorcer quand d'Aurore ? »

Romain a avalé une gorgée de whisky. Sa pomme d'Adam a roulé. Il n'a rien dit.

« Réfléchis bien », a repris Sébastien en se penchant vers lui. « Sophie Lefèvre rentre le mois prochain. À l'époque, les bases du Groupe Vasseur, c'est sa mère et ton père qui les avaient posées ensemble. Si elle revient, ce n'est clairement pas pour rien. Elle vise l'héritage. »

Il a tapoté la poitrine de Romain.

« Aujourd'hui, le Groupe Delmas est devenu une filiale. Aurore n'a plus aucune valeur stratégique. Mais Léna porte le premier enfant de la nouvelle génération. Du côté de ton grand-père, l'avantage penchera forcément pour toi. À ce moment-là, divorcer et officialiser Léna, c'est tout bénéfice. »

Les doigts de Romain glissaient lentement le long du verre. Dans son regard, tout était trouble.

Le téléphone de Sébastien s'est mis à vibrer. En voyant le nom s'afficher, son expression a aussitôt changé.

« Chérie, j'arrive. »

Il a attrapé sa veste et est parti précipitamment.

Romain est resté seul, à boire en silence.

Au milieu de la nuit, le chauffeur l'a ramené à la maison.

Il a poussé la porte. Le salon était plongé dans le noir, aucune lumière n'avait été laissée allumée comme d'habitude.

Romain a avancé en titubant jusqu'au canapé et s'y est laissé tomber. Il s'est pincé l'arête du nez.

« Aurore... apporte-moi un verre d'eau... »

Il n'y a eu aucune réponse.

Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il a réalisé qu'Aurore n'était pas rentrée.

Il a sorti son téléphone. Son doigt est resté suspendu au-dessus de son numéro, puis il l'a frappé violemment contre le canapé.

« Aurore, je vais voir jusqu'où tu comptes aller. »

Le lendemain matin, Romain est arrivé au bureau sans son allure habituelle. Sa chemise était froissée, son visage tiré.

« Qu'est-ce qu'il a aujourd'hui ? Il est toujours impeccable d'habitude... »

« Dispute avec sa femme ? Elle l'aurait envoyé dormir sur le canapé ? »

Les employées avaient déjà vu Aurore auparavant. Son caractère affirmé les avait marquées.

« Vous n'avez vraiment rien à faire ? »

Léna est passée devant elles d'un pas rapide, une main posée sur son ventre arrondi. Sa voix était aiguë, chargée d'une supériorité assumée.

« Tous vos dossiers sont terminés ? Vous n'avez plus besoin de votre prime ce mois-ci ? Retournez travailler. Tout de suite. »
이 작품을 무료로 읽으실 수 있습니다
QR 코드를 스캔하여 앱을 다운로드하세요

최신 챕터

  • Je me remarie, et alors ?   Chapitre 291

    Face à ce regard si sérieux, Aurore a senti son cœur vaciller pendant une fraction de seconde.Mais, l’instant d’après, elle a retrouvé toute sa froideur et a retiré sa main d’un geste sec.« Tant que tu ne le regrettes pas. »À peine avait-elle fini de parler qu’Aurore s’est retournée et est partie.Cet après-midi-là, Aurore a tenu une conférence de presse.Léna s’y est présentée avec son enfant dans les bras. Elle a raconté tout ce qu’Alexandre avait fait et a présenté les résultats d’un test de paternité. L’affaire a aussitôt relancé la tempête médiatique. Alexandre s’est rendu en personne sur les lieux, bien décidé à se défendre.Mais, à ce moment-là, Aurore ne lui a laissé aucune occasion de prendre la parole. Sur le grand écran, c’était le beau visage de Chloé qui est apparu.Chloé a montré les blessures qu’Alexandre lui avait infligées. Elle a raconté les violences conjugales qu’elle avait subies seulement quelques jours après leur mariage, et elle a déclaré qu’elle avait déjà

  • Je me remarie, et alors ?   Chapitre 290

    Étienne lui a expliqué la situation en quelques mots. Dès qu’elle a compris qu’Aurore l’avait envoyé, son regard, jusque-là éteint, s’est aussitôt illuminé.« Mais… »Chloé s’inquiétait encore des gardes du corps qui se trouvaient dehors.« Tout à l’heure, il ne t’a pas appelée pour te demander de m’accompagner prendre l’air ? Nous pouvons sortir sans nous cacher. Une fois que tu auras quitté cette villa, tu seras libre. »La voix d’Étienne était grave, et son expression restait parfaitement sérieuse.En entendant ces mots, une lueur d’effroi est passée dans le regard de Chloé, mais elle a très vite pris sa décision.Depuis le début, elle voulait fuir cette villa. Seulement, le plan qu’elle avait envisagé auparavant était trop dangereux à mettre en œuvre.En revanche, si elle partait avec Étienne, cela attirerait beaucoup moins les soupçons.Elle n’avait rien à emporter. Elle a seulement jeté un regard au salon qui l’avait plongée dans ce cauchemar. Dans ses yeux, il n’y avait pas l

  • Je me remarie, et alors ?   Chapitre 289

    « S’il te reste encore un peu d’humanité, aide-moi à sortir Chloé de cet enfer. »Pour l’instant, elle ne pouvait pas s’approcher de la villa d’Alexandre. Dès qu’elle s’en approcherait, Alexandre risquait fort de deviner leurs intentions, et tous leurs efforts seraient réduits à néant.Mais Étienne était différent. Après tout, il était le frère cadet d’Alexandre. Quoi qu’il fasse, Alexandre ne devrait sans doute pas le soupçonner.Après avoir posé un long regard sur Étienne, Aurore s’est retournée et est entrée dans la Villa Orosia.En regardant cette silhouette frêle et amaigrie, le regard sombre d’Étienne s’est légèrement durci. Ses doigts se sont serrés en poings, et ses yeux se sont remplis de culpabilité et de frustration.Il ne voulait pas qu’ils se manquent ainsi.De toute sa vie, il n’avait aimé qu’une seule femme : Aurore.Avant cela, son image de play-boy n’avait été qu’une façade. Il n’avait jamais éprouvé le moindre sentiment pour une autre femme et n’avait jamais eu de

  • Je me remarie, et alors ?   Chapitre 288

    « Oui, je suis fou ! Je n’aurais pas dû douter de toi. Pardon, j’ai eu tort ! »Étienne a serré Aurore contre lui comme s’il tenait dans ses bras un trésor retrouvé après l’avoir cru perdu. Il n’osait pas desserrer son étreinte, de peur qu’Aurore ne disparaisse dès qu’il la lâcherait.En entendant ses excuses, Aurore s’est raidie de tout son corps. Elle est restée hébétée pendant une seconde, mais elle a tout de même continué à se débattre pour s’éloigner.Ce qu’elle avait enduré ne pouvait pas être effacé par de simples excuses.« Je ne savais pas qu’Alexandre était capable d’une chose pareille. J’ai toujours vu Alexandre comme un proche sur lequel je pouvais compter. Pour moi, il était comme un pilier. Je n’avais jamais imaginé qu’il puisse me mentir, et je ne savais pas non plus que tu avais traversé des épreuves aussi cruelles. Tu peux me frapper, m’insulter, tout ce que tu veux ! »En disant cela, il a pris la main d’Aurore et l’a portée vers son propre visage pour qu’elle le fr

  • Je me remarie, et alors ?   Chapitre 287

    Alexandre a aussitôt sorti son téléphone et a ordonné à ses hommes de retrouver Léna au plus vite.« Morte ou vivante, retrouvez-la. Je veux qu’on me la ramène ! »Avec cet ordre, ses hommes savaient désormais comment agir.Dehors, Étienne n’était pas allé bien loin. En entendant cet ordre, il a eu l’impression que tout son sang se glaçait dans ses veines. Son visage est devenu livide, ses doigts se sont serrés en poings, et la vérité semblait sur le point de s’imposer à lui.Pendant les deux jours qui ont suivi, Alexandre a cherché Léna tout en essayant de gérer la crise auprès des journalistes. Mais ces derniers n’ont rien voulu entendre.Personne ne savait où ils avaient obtenu la vidéo, mais on y voyait Léna reconnaître de sa propre bouche qu’elle avait eu une liaison avec Alexandre, qu’elle avait donné naissance à un enfant né de cette liaison, et qu’Alexandre l’avait abandonnée sans se soucier d’elle, au point de presque causer la mort de l’enfant.Elle avait même une vidéo les

  • Je me remarie, et alors ?   Chapitre 286

    Dans les yeux sombres d’Étienne s’est inscrite une profonde méfiance. Une froideur presque palpable l’enveloppait tout entier, et son regard portait cette autorité ferme qui ne laissait aucune place à la contradiction.Alexandre a hésité une seconde, puis il a baissé les yeux. Sa voix s’est faite plus grave.« Léna m’a tendu un piège. »« Donc, cet enfant est bien de toi ? » a poursuivi Étienne.« Je n’en sais rien. »Alexandre a desserré légèrement son nœud de cravate, tandis qu’une ombre sombre passait dans ses yeux.« Comment peux-tu ne pas le savoir ? » a demandé Étienne, déconcerté.« Étienne, tu es en train de me demander des comptes ? »Il était rare qu’Alexandre laisse paraître une telle impatience devant Étienne. Dans les souvenirs de ce dernier, Alexandre avait toujours été doux et protecteur ; quoi qu’il arrive, il ne lui avait jamais adressé la moindre parole dure.Mais aujourd’hui, quelque chose semblait avoir changé. Et pourtant, rien ne semblait vraiment différent.«

더보기
좋은 소설을 무료로 찾아 읽어보세요
GoodNovel 앱에서 수많은 인기 소설을 무료로 즐기세요! 마음에 드는 작품을 다운로드하고, 언제 어디서나 편하게 읽을 수 있습니다
앱에서 작품을 무료로 읽어보세요
앱에서 읽으려면 QR 코드를 스캔하세요.
DMCA.com Protection Status