LOGINElle n’avait rien à perdre. Il avait tout à risquer. Lina mène une vie simple, rythmée par son travail dans un café parisien. Adrien, lui, règne sur un empire bâti sur le pouvoir, l’argent et les secrets. Leur rencontre bouleverse leurs certitudes et donne naissance à une passion aussi intense que dangereuse. Mais lorsque le passé d’Adrien refait surface sous la forme d’un ennemi prêt à tout, Lina devient une cible. Pris entre amour et pouvoir, Adrien devra choisir jusqu’où il est prêt à aller pour la sauver. L’Or et la Cendre est un roman de passion, de suspense et de sacrifice, où l’amour devient la plus grande des forces… et le plus grand des dangers.
View MoreAdrien Valmont avait appris très jeune à ne rien devoir à personne.
Ni excuses. Ni reconnaissance. Ni explications. Il se souvenait encore de cette sensation précise — celle d’avoir compris, avant les autres, que le monde ne fonctionnait pas à l’équité mais à la force. Pas la force brute. La force froide. Celle qui consiste à observer, à anticiper, à frapper au bon moment sans trembler. Il venait de là. D’un endroit où l’on ne s’attend pas à réussir. D’un milieu où l’argent n’était pas un outil mais une obsession lointaine, presque mythologique. Il avait grandi avec l’idée que certains vivaient dans un autre monde — inaccessible, protégé, fermé — et qu’il n’y entrerait jamais à moins de le forcer. Alors il avait forcé. À vingt ans, il dormait peu. À trente, il ne dormait presque plus. Les nuits n’étaient qu’un prolongement stratégique des journées. Pendant que les autres ralentissaient, lui calculait. Pendant que les autres espéraient, lui décidait. Il n’avait jamais cru aux raccourcis. Seulement à l’endurance. À trente-huit ans, Adrien Valmont était à la tête d’un groupe financier dont le nom circulait à voix basse dans les conseils d’administration européens. Il possédait des parts dans des entreprises qu’il n’avait jamais visitées, influençait des décisions politiques qu’il ne commentait jamais, et contrôlait suffisamment de flux pour ne plus avoir à justifier quoi que ce soit. Il était arrivé au sommet sans bruit. Sans scandale. Sans excès visibles. Sans éclats inutiles. C’était ce qui le rendait dangereux. Son bureau occupait le cinquante-septième étage d’une tour de verre. Une baie vitrée entière offrait une vue plongeante sur Paris, comme si la ville avait été disposée là pour son usage personnel. À cette hauteur, tout semblait abstrait. Les embouteillages devenaient des lignes immobiles. Les passants, des points anonymes. Les problèmes, des variables. Adrien aimait cette distance. Elle lui permettait de respirer. Le bureau était à son image : épuré, précis, presque clinique. Bois sombre, métal brossé, cuir italien. Aucun objet superflu. Pas de photos. Pas de souvenirs. Pas de visages. Il n’exposait rien qui puisse être utilisé contre lui. Il se tenait debout, immobile, les mains croisées dans le dos, observant la ville sans vraiment la voir. Il ressentait ce malaise familier. Ce vide diffus, impossible à nommer, qui s’installait parfois lorsque tout allait trop bien. Adrien n’avait jamais été malheureux. Mais il n’était pas heureux non plus. Il connaissait le plaisir. Le sexe. Le confort. Le pouvoir. Pas la paix. Les femmes passaient dans sa vie avec une facilité déconcertante. Elles étaient belles, intelligentes, ambitieuses ou décoratives — parfois les deux. Elles savaient ce qu’il représentait. Elles savaient ce qu’il pouvait offrir. Et elles acceptaient, tacitement, les règles du jeu. Adrien ne mentait jamais. Il n’avait pas le temps pour ça. Il était clair. Présent. Généreux. Mais distant. Il ne promettait rien qu’il ne voulait pas tenir. Le désir était mécanique. Efficace. Sans surprise. Les corps s’emmêlaient, les nuits passaient, puis chacun reprenait sa trajectoire. Il ne s’attachait pas. Ou plutôt — il avait appris à ne pas le faire. — Monsieur Valmont ? La voix de son assistante le tira de ses pensées. Elle se tenait près de la porte, droite, professionnelle, tablette contre elle. Elle ne faisait jamais un pas de trop. Adrien inspirait ce respect presque instinctif, cette prudence silencieuse. — Les investisseurs de Singapour attendent votre validation. Et la presse insiste pour une déclaration concernant Norvex. Norvex. Encore une acquisition. Encore une victoire. Il hocha lentement la tête. — Demain, dit-il simplement. Elle nota. Puis hésita. — Tout va bien ? La question était presque incongrue. Mais elle avait osé. Adrien tourna légèrement la tête. Pas assez pour la regarder vraiment. — Oui. C’était toujours la même réponse. Quand elle quitta la pièce, le silence revint. Dense. Total. Adrien se passa une main sur le visage. Il était fatigué. Pas physiquement. Autrement. Une fatigue sourde, celle qui ne disparaît pas avec le repos. Il enfila son manteau sans appeler de chauffeur. Descendre à pied était un luxe qu’il s’autorisait rarement. Marcher, se mêler aux autres, sentir le froid — c’était une manière de se rappeler qu’il existait encore en dehors des chiffres. La pluie avait commencé à tomber lorsqu’il sortit de l’immeuble. Fine, persistante, presque intime. Elle assombrissait les trottoirs, collait aux vêtements, brouillait les reflets. Adrien marcha sans direction précise. Il aimait ces moments où personne ne le reconnaissait. Où il n’était qu’un homme parmi d’autres. Où son nom n’avait aucun poids. Les rues s’enchaînaient. Les pensées aussi. Il se demanda, sans vraiment le vouloir, à quel moment il avait cessé d’attendre quelque chose de la vie. À quel moment il avait remplacé le désir par la stratégie. Il ne trouva pas de réponse. Il sentit seulement cette impression étrange — comme si quelque chose, quelque part, était sur le point de céder. Quand il aperçut la lumière du café, il hésita. L’endroit était minuscule. Ordinaire. Sans charme particulier. Coincé entre une laverie et une boutique impersonnelle. Tout ce qu’il évitait habituellement. Et pourtant, il poussa la porte. À cet instant précis, Adrien Valmont ne le savait pas encore, mais sa vie venait de se déplacer de quelques centimètres. Et parfois, c’est tout ce qu’il faut pour provoquer un effondrement.Le jour se leva doucement sur le manoir.Une lumière pâle s’infiltrait à travers les rideaux, dessinant des formes mouvantes sur les murs encore tièdes du sommeil. Le jardin, dehors, était calme et l’air portait cette odeur fraîche des débuts de journée, un mélange d’herbe humide et de ciel clair.Lina dormait sur le côté, un bras replié contre elle. Adrien était réveillé depuis quelques minutes déjà, il avait pris l’habitude de ces instants suspendus, juste avant que la maison ne s’anime. Ils étaient rares, précieux et jamais prémédités.Un bruit léger se fit entendre dans le couloir.Des pas rapides, puis d’autres plus irréguliers, une voix chuchotée, trop enthousiaste pour rester discrète.— Chut… Papa dort encore.— Non… Papa pas dormir, répondit une petite voix plus grave.La porte s’ouvrit sans précaution.Alba entra la première, elle avait encore son pyjama froissé, les cheveux en bataille, les yeux brillants de cette énergie matinale que rien ne semblait pouvoir entamer. Louis
Le dessert venait d’être débarrassé.Il restait sur la table deux verres à moitié pleins, quelques miettes oubliées, et cette chaleur particulière qui s’installe quand un repas a duré plus longtemps que prévu, non par lenteur, mais par envie de rester. Le restaurant commençait doucement à se vider, les conversations se faisaient plus rares et plus basses. La lumière avait changé imperceptiblement, comme si elle s’était adoucie pour accompagner la fin de la soirée.Lina posa sa serviette sur le bord de l’assiette.Adrien la regardait sans insistance, il connaissait ce moment. Celui où elle se repliait légèrement vers l’intérieur, non pas pour s’éloigner, mais pour rassembler quelque chose. — C’était une bonne idée, dit-elle enfin. De sortir ce soir.— Oui, répondit-il simplement.Lina tourna lentement son verre entre ses doigts.— Tu te rends compte que c’est la première fois depuis longtemps qu’on est là… juste tous les deux ? demanda-t-elle.— Oui.— Pas en tant que parents qui s’or
Trois ans plus tard, le manoir n’était plus un lieu que l’on observait, il était habité.Pas seulement par des meubles, des habitudes ou des voix, mais par une circulation invisible, presque organique, qui liait chaque espace à ceux qui y vivaient. Lina traversa le salon pieds nus, un torchon sur l’épaule, en évitant soigneusement une petite voiture rouge abandonnée au milieu du passage. Alba était installée sur le tapis, concentrée sur une construction bancale, la langue légèrement sortie dans cet effort sérieux qu’elle mettait désormais dans tout ce qu’elle entreprenait.— Maman, regarde, dit-elle sans lever les yeux. Ça tient.Lina s’arrêta, observa la tour asymétrique, sourit.— Ça tient très bien.Alba releva enfin la tête, satisfaite, puis retourna à son œuvre avec application.Dans la cuisine, Louis protesta, pas vraiment un cri, plutôt une sommation sonore, insistante, ponctuée de petits coups de pied contre la chaise haute. Adrien était penché vers lui, une cuillère en suspe
La nuit commença sans signal clair, juste cette sensation différente et plus profonde.Lina se réveilla une première fois vers deux heures du matin. Elle resta immobile, attentive à son corps. Une contraction monta, plus ample que les précédentes, enveloppante. Elle ferma les yeux, respira lentement.Elle se rendormit quelques minutes, d’un sommeil léger, presque vigilant.La seconde fois, elle posa la main sur Adrien.— Adrien.Il ouvrit les yeux immédiatement.— Oui.— Cette fois, je crois que c’est pour de bon.Il se redressa, regarda l’heure.— Maintenant ?— Oui, c’est différent et régulier.Il hocha la tête, sans précipitation.— Prend le temps qu’il te faut. Dit-il.Ils restèrent encore un moment assis sur le lit, à écouter le rythme s’installer. Les contractions revenaient, espacées mais nettes. Lina fermait les yeux à chaque fois, Adrien posait sa main dans son dos, stable et présent.— On peut y aller quand tu veux, dit-il.— Encore une...La suivante arriva plus vite, elle






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