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Chapitre 4 — Jusqu’à l’aube

last update تاريخ النشر: 2026-02-18 04:40:38

Élisa

Je ne sais pas exactement comment nous quittons la fête.

Je me souviens seulement de sa main qui cherche la mienne avec une évidence troublante. De nos doigts qui s’entrelacent comme si le geste avait été répété cent fois auparavant. Des regards autour de nous, curieux, amusés, inconscients de la tempête silencieuse qui s’est levée entre nous.

L’air de la nuit nous frappe quand nous sortons.

Il est froid.

Mais ma peau brûle.

Je sens encore l’empreinte de ses lèvres, la pression de ses mains. Chaque pas que nous faisons vers chez lui ressemble à une chute volontaire.

— Tu es sûre ? demande-t-il, la voix plus grave que tout à l’heure.

Il ne me regarde pas immédiatement. Comme s’il me laissait une dernière porte de sortie.

Je pourrais la prendre.

Je pourrais retrouver ma liberté.

Mais quand il tourne enfin les yeux vers moi, je vois qu’il espère que je ne le ferai pas.

— Oui.

Le mot sort sans hésitation. Il est dense. Décisif.

Sa mâchoire se contracte légèrement, comme s’il retenait quelque chose.

La porte de son appartement se referme derrière nous avec un bruit sourd.

Et le silence devient épais.

Je sens son regard sur moi avant même qu’il ne parle. Je perçois l’énergie dans la pièce, chargée, vibrante, prête à exploser.

Il s’approche.

Lentement.

Comme un homme qui sait exactement ce qu’il va faire.

— Regarde-moi, dit-il doucement.

Je lève les yeux.

Erreur.

L’intensité que j’y lis me coupe le souffle. Ce n’est plus seulement du désir. C’est une faim profonde. Concentrée.

Ses doigts viennent effleurer ma joue. Il prend son temps. Comme s’il savourait chaque seconde avant l’impact.

Puis il m’embrasse.

Plus profondément que tout à l’heure.

Sa bouche capture la mienne avec une urgence maîtrisée. Il ne se précipite pas. Il explore. Il impose un rythme, et mon corps s’aligne sur le sien sans réfléchir.

Mes mains s’agrippent à sa chemise. Je sens son cœur battre aussi vite que le mien.

Il glisse une main dans le bas de mon dos, me rapprochant de lui jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’espace entre nous. La chaleur de son corps traverse les tissus.

Un frisson me parcourt de la nuque aux reins.

Ses lèvres descendent dans mon cou. Plus lentes. Plus insistantes. Chaque contact est calculé. Chaque baiser laisse une trace brûlante.

Je bascule la tête en arrière, incapable de contenir le soupir qui m’échappe.

— Tu es électrique, murmure-t-il contre ma peau.

Ses mains glissent le long de mes hanches, épousent mes courbes avec une lenteur presque dévotionnelle.

Je sens le contrôle m’échapper.

Il me soulève, et je noue instinctivement mes jambes autour de lui. Le geste est naturel. Primal. Je sens sa force, la tension dans ses bras.

Il m’emmène jusqu’à la chambre sans rompre le contact. Les murs deviennent flous. Le monde extérieur disparaît.

Il me dépose sur le lit avec une douceur surprenante.

Puis il s’arrête.

Il me regarde.

Vraiment.

Ses yeux glissent sur moi sans hâte. Je me sens exposée… et puissante à la fois.

— Tu es magnifique, répète-t-il, mais cette fois avec une intensité plus sombre.

Je me redresse légèrement pour l’embrasser à mon tour, incapable de rester passive sous ce regard. Mes doigts glissent sous sa chemise. Sa peau est chaude. Vivante. Je sens ses muscles réagir à mon contact.

Nos vêtements tombent progressivement, entrecoupés de baisers et de respirations de plus en plus courtes.

Chaque centimètre de peau dévoilé amplifie la tension.

Quand sa main glisse le long de mon dos nu, je frissonne violemment. Mes pensées s’éparpillent. Il suit la ligne de ma colonne vertébrale, lentement, comme s’il apprenait mon corps par cœur.

Il descend le long de mon corps en déposant des baisers brûlants sur ma peau. Lents. Appuyés. Patients. Je sens chaque nerf s’éveiller.

Je me cambre sous ses lèvres.

Mon souffle devient saccadé.

Il ne se presse pas. Il m’observe. Il écoute mes réactions.

Quand il revient au-dessus de moi, ses yeux sont plus sombres encore.

Je glisse mes doigts dans ses cheveux, l’attire vers moi.

Cette fois, nos corps se lient dans un mouvement profond, intense.

Un gémissement m’échappe, incontrôlé.

Le rythme s’installe. Lent au début. Presque insupportablement lent. Chaque mouvement semble étudié pour prolonger la sensation.

Puis il accélère.

Je m’accroche à lui, mes ongles traçant des lignes légères sur sa peau. Mon corps répond au sien avec une ardeur que je ne me connaissais pas.

La chaleur monte. Pulse. S’intensifie.

Je perds toute notion de temps.

Il murmure mon prénom, encore et encore, comme s’il voulait l’ancrer dans la nuit. Comme s’il voulait que je n’oublie jamais ce moment.

Quand le plaisir me submerge enfin, il me traverse comme une décharge. Je me crispe contre lui, incapable de contenir l’onde qui me secoue.

Il me rejoint, son corps tendu contre le mien, dans un souffle rauque.

Et puis le silence retombe.

Nos respirations restent désordonnées pendant de longues minutes.

Il ne s’éloigne pas.

Au contraire.

Il me garde contre lui, son bras fermement enroulé autour de ma taille. Sa main glisse lentement sur ma peau, dans des gestes plus doux maintenant. Presque protecteurs.

Je sens encore les battements de son cœur sous ma paume.

La nuit ne s’arrête pas là.

Nous nous retrouvons encore. Plus lentement cette fois. Plus profondément. Comme si chaque nouvelle étreinte scellait quelque chose de plus fort entre nous.

Quand l’aube commence à filtrer à travers les rideaux, je suis épuisée et vibrante à la fois.

Il m’observe dans la lumière pâle du matin.

Ses doigts tracent une ligne le long de ma hanche.

— Tu es à moi, murmure-t-il.

Ce n’est pas une menace.

Ce n’est pas une question.

C’est une conviction.

Je devrais m’en inquiéter.

Mais au lieu de ça, je me rapproche de lui.

Je sens déjà que cette nuit ne m’a pas seulement rapprochée de son corps.

Elle m’a liée à quelque chose de plus

profond.

Et au fond de moi, une certitude s’installe lentement :

Je ne suis plus tout à fait la même.

Et lui non plus ne me laissera plus jamais partir facilement.

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