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Chapter 275

Auteur: S.j maria
last update Date de publication: 2026-10-09 13:16:35

Le diplôme

Trois ans après son arrivée à Angers, par un après-midi de juin lumineux, Camille se tenait sur l'estrade d'un amphithéâtre bondé, vêtue d'une robe verte que Léa avait choisie pour elle, un diplôme à la main.

— Mademoiselle Camille, dit monsieur Delorme dans le micro, vous avez obtenu la mention très bien.

Un tonnerre d'applaudissements éclata. Au troisième rang, Julien et Léa applaudissaient en essuyant leurs yeux, Noah debout sur son siège, Gabin hurlant à pleins poumons.

— C'est m
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  • L'Antre du Lion   Chapter 560

    Une saison de plusLe trente-et-un décembre, vers onze heures du soir, la famille tout entière se retrouva dans le jardin, emmitouflée dans des manteaux, des écharpes, des couvertures. Malik avait allumé un grand feu de bois au pied du tilleul. Au-dessus, la lanterne du pommier balançait doucement sa lueur dorée.— Il fait froid, dit Noé.— Rapproche-toi du feu.— Il est chaud.— C'est fait pour ça.— Je peux tenir une bûche ?— Non, dit Gabin.— Une petite ?— Non.— Un bâton ?— Un bâton, oui, dit Gabin, vaincu.Fatima, installée dans un fauteuil près du feu, recouverte de trois couvertures, observait la scène avec un sourire apaisé. Capucine, assise à ses pieds, appuyée contre ses genoux, regardait les flammes.— Tu as froid ? demanda Fatima.— Non.— Tu es silencieuse.— Je pense.— À quoi ?— À cette année.— Elle a été bonne ?— Elle a été pleine.— C'est mieux que bonne, dit Fatima.— Pourquoi ?— Parce que « bonne », ça s'oublie. « Pleine », ça reste.— Vous pensez à quoi, vou

  • L'Antre du Lion   Chapter 559

    Les huit ans de GabrielLe vingt-six décembre, à l'aube, Gabriel s'éveilla avec l'impression étrange d'avoir grandi pendant la nuit. Il se redressa dans son lit, ouvrit la fenêtre, huma l'air glacé. Le merle, perché sur le rebord, le regarda de son œil rond.— J'ai huit ans, lui dit-il.Le merle, bien entendu, ne répondit pas. Il lança trois notes, comme pour dire « félicitations », puis s'envola. Gabriel dévala l'escalier en chaussettes, déboula dans la cuisine, où Camille, déjà debout, préparait du chocolat chaud.— Joyeux anniversaire, mon grand, dit-elle.— Merci maman.— Tu as bien dormi ?— J'ai grandi.— Je vois.— Tu vois quoi ?— Que tu as grandi, dit Camille, en souriant. De deux centimètres, au moins.— Trois.— Trois, alors.— Je veux mes cadeaux.— Il y a un petit déjeuner d'abord.— Après ?— Après, si tu es sage.— Je suis toujours sage.— Presque, dit Camille.Quand il eut avalé son chocolat, tous les membres de la famille, réunis dans le salon, lui tendirent des paque

  • L'Antre du Lion   Chapter 558

    Noël à la grande tableLe soir du vingt-quatre décembre, quatre-vingt-seize convives prirent place autour des longues tables de la maison de la grande table. Le couscous, énorme, fumant, au parfum de cannelle et de coriandre, arriva dans des plats gigantesques portés par Gabin et Malik, sous les applaudissements.— À table ! cria Nour.— On y est déjà, dit un vieux monsieur.— Alors mangez !— On attend le signal.— Quel signal ?— Celui de Fatima, dit le vieux monsieur.Tous les regards se tournèrent vers Fatima, assise au bout de la table, un châle brodé sur les épaules. Elle se leva lentement, avec l'aide de Capucine, se tint un moment immobile, la main sur le dossier de sa chaise.— Mes enfants, dit-elle.— On vous écoute, madame Fatima, dit une voix.— Je serai brève.— Vous ne l'êtes jamais, dit Julien.— Aujourd'hui, si, dit Fatima. Je veux juste dire une chose.— Dites.— Il y a quarante ans, une femme est arrivée devant la grille de ce jardin, avec une valise et un sac de gra

  • L'Antre du Lion   Chapter 557

    Les préparatifsÀ une semaine de Noël, la maison de la grande table bourdonnait comme une ruche. Nour dirigeait la cuisine d'une main de fer, entourée de quatre cuisinières bénévoles. Gabin et Malik montaient une longue table supplémentaire dans la salle commune, sous le regard attentif de Julien.— Il en manque une, dit Malik.— Une quoi ?— Une planche.— Il y en a vingt-trois.— Il en faut vingt-quatre.— Pourquoi ?— Parce que nous serons quatre-vingt-seize.— Quatre-vingt-seize ? dit Gabin.— Quatre fois vingt-quatre.— Tu as fait le compte ?— Camille l'a fait.— Alors c'est juste, dit Gabin. Elle ne se trompe jamais.— Non. Elle se trompe de couleur de nappes.— Il y a des nappes ?— Rouges, dit Malik. Elle voulait des blanches.— On ne peut pas tout avoir.— Elle dit que si.— Elle dit beaucoup de choses.— Tais-toi, elle arrive, dit Malik.Camille, en effet, entra par la porte latérale, les bras chargés de guirlandes, un carnet coincé entre les dents. Elle posa tout sur une c

  • L'Antre du Lion   Chapter 556

    La première neigeDans la nuit du dix-huit au dix-neuf décembre, il neigea. Au matin, le jardin des enfants, recouvert d'un manteau blanc, ressemblait à un tableau ancien. Noé, le nez écrasé contre la fenêtre de la maison de la grande table, poussa un cri de joie.— Papa ! Maman ! La neige !— Je vois, dit Gabin, en se frottant les yeux.— On sort ?— Il est six heures.— On sort !— Il fait nuit.— Non, il fait blanc !— C'est pareil, dit Gabin.— Pas du tout, dit Noé, avec la logique implacable de ses cinq ans.À côté de lui, Riette, dans son pyjama à pieds, regardait la neige avec des yeux immenses, la bouche entrouverte, sans rien dire. Nour, descendue en robe de chambre, se pencha vers elle.— Qu'est-ce que tu vois, ma chérie ?— Du sucre, dit Riette.— C'est de la neige.— Du sucre froid.— Si tu veux, dit Nour.— Je peux le manger ?— Un peu.— Beaucoup ?— Un peu.Une heure plus tard, tous trois, emmitouflés dans des bonnets, des moufles, des écharpes, se retrouvèrent dans la

  • L'Antre du Lion   Chapter 555

    La plaqueLe dimanche suivant, par une matinée de gel, Julien et Léa se retrouvèrent seuls devant le banc du tilleul. Un artisan venu de la ville voisine, un jeune homme au bonnet enfoncé jusqu'aux sourcils, y fixait avec soin une petite plaque de laiton, qui brillait faiblement dans la lumière froide.— Voilà, dit-il, en se redressant. Terminé.— Merci, dit Léa.— Vous voulez lire ?— Je sais ce qu'elle dit.— Alors je vous laisse.— Merci, monsieur.— De rien, madame, dit l'artisan. C'est un beau texte.Il remballa ses outils, s'éloigna d'un pas pressé. Léa resta immobile, les mains dans les poches de son manteau. Julien, à côté d'elle, passa un bras autour de ses épaules.— Lis-la, dit-il.— Je l'ai écrite.— Lis-la quand même.Elle se pencha. Sur la plaque, en lettres fines, on pouvait lire : « Pour Marie, qui a demandé qu'on ouvre. »— Voilà, dit-elle.— Elle est belle.— Elle est simple.— C'est la même chose.— Peut-être.— Tu es émue ?— Un peu.— Ça se voit.— Non.— Si. Tu s

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