Home / Mafia / L'Antre du Lion / Chapter 321

Share

Chapter 321

Author: S.j maria
last update publish date: 2026-10-13 16:04:57

Sous le petit tilleul

Le soir même, quand le soleil descendit derrière le grand chêne, Camille s'assit au pied du petit tilleul et attendit. Malik arriva peu après, les mains encore blanches de sciure, un sourire fatigué sur les lèvres.

— Tu es là, dit-il en s'asseyant à côté d'elle. Je t'ai cherchée partout.

— Je t'attendais.

— Tu as l'air étrange.

— Étrange comment ?

— Comme quelqu'un qui cache quelque chose.

— Peut-être, dit Camille en souriant.

— Je peux deviner ?

— Tu as trois essais.

— Tu
Continue to read this book for free
Scan code to download App
Locked Chapter

Latest chapter

  • L'Antre du Lion   Chapter 550

    Rester ou partirPlus tard dans la soirée, une fois les invités partis et les enfants couchés, Capucine et Camille, assises sur les marches de la maison, regardaient la nuit tomber sur le jardin. Les lanternes, accrochées aux branches du pommier, projetaient des cercles de lumière dorée sur l'herbe.— Tu es silencieuse, dit Camille.— Je pense à la lettre.— Qu'est-ce que tu en penses ?— Qu'il savait.— Quoi ?— Qu'un jour, j'aurais envie de partir.— Tu en as envie ?— Pas encore, dit Capucine. Mais je sens que ça viendra.— Pourquoi ?— Parce que le monde est grand.— Et le jardin est petit.— Non, dit Capucine. Le jardin est grand aussi. Mais il est à nous. Le monde, il est à tout le monde.— C'est une belle différence.— C'est ce que je me dis.— Tu voudrais aller où ?— Je ne sais pas. Peut-être loin.— Loin comment ?— Dans un autre pays. Faire des jardins là où il n'y en a pas.— Comme à la cité des Acacias.— En plus grand.— Et Lucas ?— Il viendrait.— Tu lui as demandé ?—

  • L'Antre du Lion   Chapter 549

    Dix-neuf ansLe quinze octobre, Capucine fêta ses dix-neuf ans dans le jardin, sous le grand tilleul, devant une table dressée à la hâte, couverte de gâteaux, de fruits, de bouquets de capucines orange. La famille au complet était réunie, ainsi que Lucas, madame Benali, monsieur Tran, Yanis, et même monsieur Bastide, venu à vélo du grand parc.— Dix-neuf, dit Malik, en levant son verre. C'est un bel âge.— C'est l'âge où on commence à comprendre qu'on ne sait rien, dit Camille.— Ça, c'est à vingt ans, dit Julien.— À vingt-cinq, dit Léa.— À quatre-vingts, dit Fatima, en riant.— Alors à ce moment-là, ça devient intéressant, dit Capucine.Elle souffla les dix-neuf bougies d'un seul coup, sous les applaudissements. Noé, debout sur une chaise, comptait les flammes éteintes à voix haute.— Il y en avait dix-huit, dit-il.— Dix-neuf, dit Gabriel.— Dix-huit !— Il y en avait une au milieu, dit Rose, de sa petite voix.— Ah, dit Noé. Alors dix-neuf.— Tu vois, dit Gabriel.— Je suis fatig

  • L'Antre du Lion   Chapter 548

    Le bilan de monsieur GiraudDébut octobre, un jeudi soir, monsieur Giraud réunit les étudiants de deuxième année dans la grande salle de l'école, pour un bilan des projets de terrain. Capucine et Lucas, au premier rang, écoutaient avec attention le professeur dérouler, à l'aide d'un projecteur, des photographies de chantiers, des plans, des tableaux de chiffres.— Le jardin des Acacias, dit-il, en faisant apparaître une image du banc de chêne entouré d'enfants. Résultat : quarante-deux familles impliquées, quatre-vingt-dix pour cent de fréquentation régulière, zéro dégradation depuis juin.— Zéro ? dit un étudiant, incrédule.— Zéro.— Même pas un graffiti ?— Un seul, dit monsieur Giraud. Sur le banc.— Qu'est-ce qu'il disait ?— « Merci. »Un murmure parcourut la salle. Capucine baissa la tête, les joues rouges. Lucas, à côté d'elle, lui serra discrètement le genou.— Qui l'a écrit ? demanda quelqu'un.— Je ne sais pas, dit monsieur Giraud. Je ne l'ai pas cherché.— Pourquoi ?— Par

  • L'Antre du Lion   Chapter 547

    La photo de CapucineLe soir même, à la fin du dîner, Nour tendit à Capucine l'enveloppe jaunie, sans un mot de commentaire. Capucine l'ouvrit, regarda la photo. Un long moment, elle ne bougea pas, ne parla pas.— Qui l'a donnée ? demanda-t-elle enfin.— Fatima.— Elle m'a dit quelque chose ?— Seulement de te la donner.— Et de ne rien expliquer ?— Oui.— Alors je comprends, dit Capucine.— Tu comprends quoi ?— Le grand, c'est Noah.— Oui.— Et l'autre, c'est un homme que je ne connais pas.— Fatima l'a connu.— Il a un air gentil.— Oui.— Il regarde la terre.— Comme toi, dit Nour.— Moi ?— Tu regardes toujours la terre avant de regarder les gens.— C'est vrai, dit Capucine, un peu surprise.— Tu le tiens de lui, peut-être.— De Noah ?— De tous les deux.Capucine retourna la photo. Au dos, d'une écriture fine, à l'encre pâlie, une inscription : « Pommier, mai. Karim et N. »— Karim, murmura-t-elle.— Tu connais ce nom ?— Non.— Alors pourquoi tu as l'air bouleversée ?— Parce

  • L'Antre du Lion   Chapter 546

    Fatima et la photoUn après-midi de septembre, à la maison de la grande table, Fatima, que ses quatre-vingt-quatre ans n'empêchaient pas de s'activer dans la cuisine, sortait d'un vieux tiroir une grande enveloppe jaunie. Nour, qui préparait un couscous, l'observait du coin de l'œil.— Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle.— Une photo.— Laquelle ?— Celle que je cherche depuis dix ans.— Vous l'avez retrouvée ?— Elle était dans le tiroir à torchons.— Ça ne m'étonne pas.— Pourquoi ?— Parce que c'est là que tout se perd, dit Nour.— C'est là que tout se garde, rectifia Fatima.Elle ouvrit l'enveloppe, en tira avec précaution un cliché noir et blanc, craquelé aux coins. Elle le contempla longuement, les lèvres serrées.— Montrez-moi, dit Nour, en s'essuyant les mains.— Regarde.Sur la photo, deux hommes se tenaient côte à côte devant un pommier. L'un, grand, mince, aux cheveux sombres, en chemise ouverte, souriait à l'objectif. L'autre, plus petit, plus trapu, une bêche à la main,

  • L'Antre du Lion   Chapter 545

    La rentrée de NoéLe premier lundi de septembre, à huit heures et demie, Noé se tenait devant la porte de l'école maternelle, un petit cartable bleu sur le dos, le menton levé, l'air d'un général sur le point de passer ses troupes en revue. Il avait cinq ans depuis le début du mois d'août, et entrait en grande section avec la certitude profonde de savoir tout ce qu'il y avait à savoir.— Tu es prêt ? demanda Gabin, en s'accroupissant devant lui.— Oui.— Tu n'as pas peur ?— Non.— Tu es sûr ?— Les grands n'ont pas peur, dit Noé.— Ce n'est pas vrai.— Si.— Moi, j'ai peur parfois.— Toi, tu es papa. Tu as le droit.— Pourquoi ?— Parce que tu es vieux, dit Noé.— Merci.— De rien.À côté d'eux, Nour portait Riette sur sa hanche, qui, du haut de ses deux ans et demi, observait tout avec un intérêt féroce. Un peu plus loin, Lucie, Théo et Rose attendaient aussi, Rose, trois ans et demi, serrant dans sa main un petit lapin en peluche, prête à entrer en petite section.— Elle a peur, di

More Chapters
Explore and read good novels for free
Free access to a vast number of good novels on GoodNovel app. Download the books you like and read anywhere & anytime.
Read books for free on the app
SCAN CODE TO READ ON APP
DMCA.com Protection Status