LOGINLa salle de bain était un rêve de marbre blanc et d'or. Une baignoire en forme d'œuf assez grande pour deux personnes trônait devant une fenêtre donnant sur la ville. La douche à l'italienne aurait pu accueillir une famille entière, avec des jets multiples et un pommeau de la taille d'une assiette.
Élise se déshabilla lentement, regardant ses vêtements simples – jean H&M, t-shirt Gap – qui semblaient tellement déplacés dans cet environnement de luxe. Elle les plia soigneusement et entra dans la douche. L'eau chaude fut un baume sur ses nerfs tendus. Elle resta là longtemps, laissant la vapeur l'envelopper, essayant de rassembler ses pensées éparses. Qu'est-ce que je fais ? Mais elle connaissait la réponse. Elle survivait. Elle faisait ce qu'il fallait pour sa mère. Et peut-être – juste peut-être – elle découvrait aussi ce que c'était que de ne pas avoir à se battre seule, pour une fois. Lorsqu'elle sortit, enveloppée dans un peignoir en soie plus doux que n'importe quoi qu'elle ait jamais touché, ses valises étaient là, soigneusement posées au pied du lit. Trois valises pathétiques contenant toute sa vie. Elle commença à déballer, rangeant ses quelques affaires dans les tiroirs immenses du dressing. Ses livres – une vingtaine, ses plus précieux – trouvèrent place sur une étagère. Quelques photos encadrées de sa mère, de Luna, de ses amies. C'est là que Damien la trouva, une heure plus tard. — Tu as tout ce qu'il te faut ? demanda-t-il depuis le seuil. Élise se retourna. L'alpha avait changé de tenue, portant maintenant un pantalon de lin noir et une chemise grise qui faisait ressortir ses yeux. — Oui. Merci. Damien s'avança, son regard tombant sur les photos qu'Élise avait disposées. — Ta mère ? demanda-t-il en désignant un cliché de Catherine souriant devant un cerisier en fleurs. — Oui. C'était... avant la maladie. Il y a deux ans. — Elle est belle. Tu as ses yeux. — Tout le monde me dit ça. Un silence confortable s'installa. Damien prit une autre photo – Élise et Luna lors de leur remise de diplôme à NYU, souriant comme deux idiotes. — Vous êtes proches. — Depuis la première année d'université. Elle est... elle est ma famille choisie. — C'est important, murmura Damien, et quelque chose dans son ton suggérait qu'il parlait d'expérience. La famille qu'on choisit vaut souvent plus que celle du sang. Élise voulut demander, creuser cette ouverture soudaine, mais Damien se ressaisit et reposa la photo. — Le dîner est prêt. Marco a préparé un festin. J'espère que tu as faim. --- La salle à manger avait été transformée. Au lieu de la longue table intimidante, une table plus petite avait été dressée près des baies vitrées. Deux couverts, des bougies, des roses blanches dans un vase de cristal. C'était... romantique. Élise s'assit, mal à l'aise. Damien prit place face à elle, et presque immédiatement, un homme en tenue de chef apparut avec le premier plat. — Buona sera, dit-il avec un accent italien chantant. Pour commencer, carpaccio de bœuf aux truffes blanches. Buon appetito ! Le repas fut un délice. Chaque plat était un chef-d'œuvre, présenté avec soin et accompagné d'explications passionnées de Marco. Risotto aux fruits de mer, osso buco fondant, tiramisu aérien. Et du vin – un Barolo 2010 qui coûtait probablement plus que le loyer mensuel d'Élise. — Tu ne manges pas beaucoup, observa Damien à mi-repas. — C'est juste... beaucoup. Je ne suis pas habituée. — Tu vas devoir t'habituer. Je ne veux pas que tu sois mal à l'aise lors des dîners professionnels. Toujours le contrat. Toujours les attentes. — Damien, demanda soudainement Élise, posant sa fourchette. Pourquoi moi ? Vraiment. Tu pourrais avoir n'importe qui. L'alpha prit son temps pour répondre, faisant tourner son verre de vin entre ses doigts. — Tu veux la vérité ? — Toujours. — Parce que quand je t'ai vue, j'ai ressenti quelque chose que je croyais mort depuis dix ans. Une connexion. Un besoin. Et je suis un homme qui obtient ce qu'il veut. — Même si c'est une personne ? — Surtout si c'est une personne qui me fascine autant que toi. Leurs regards se verrouillèrent au-dessus de la table. L'air sembla s'épaissir, chargé de phéromones et de promesses non prononcées. — Et maintenant ? murmura Élise. Qu'est-ce qui se passe maintenant ? Damien se leva lentement et fit le tour de la table. Il tendit la main vers Élise. — Maintenant, tu me fais confiance. Pour ce soir, au moins. Élise regarda cette main tendue. Grande. Forte. Capable de tenir le monde... ou de le briser. Elle prit une profonde inspiration et glissa sa main dans celle de Damien. L'alpha la tira doucement jusqu'à la faire se lever, puis l'attira contre lui. Leurs corps se touchèrent enfin, et l'effet fut électrique. Les phéromones de Damien l'enveloppèrent complètement, et Élise sentit ses instincts d'oméga s'éveiller, réclamant la proximité de cet alpha. — J'ai envie de toi, murmura Damien contre son oreille. Depuis la seconde où je t'ai vue. Mais je ne te toucherai pas tant que tu ne le demanderas pas. Le contrat dit que tu es à ma disposition, mais je ne suis pas un monstre, Élise. Je ne prendrai que ce que tu es prête à donner. Le cœur d'Élise battait si fort qu'elle était sûre que Damien pouvait l'entendre. — Et si... et si je ne suis pas prête ce soir ? — Alors je dormirai dans ma chambre, et tu dormiras dans la tienne. Et demain, nous recommencerons. Jusqu'à ce que tu sois prête. C'était tellement inattendu, tellement différent de ce qu'Élise avait craint, qu'elle en eut les larmes aux yeux. — Merci, chuchota-t- elle. Damien recula légèrement, juste assez pour la regarder dans les yeux. — Ne me remercie pas. C'est le minimum que tu mérites. Il déposa un baiser chaste sur le front d'Élise, puis la relâcha. — Bonne nuit, Élise. Dors bien. Et il partit, la laissant seule avec un cœur qui battait la chamade et la réalisation troublante que peut-être, juste peut-être, Damien Blackwood n'était pas le monstre qu'il prétendait être. Cette nuit-là, Élise s'endormit dans sa propre chambre, dans des draps plus doux que des nuages, avec la vue de Manhattan scintillant comme un océan d'étoiles. Et pour la première fois depuis des mois, elle dormit sans cauchemars.Le lundi matin, Élise se réveilla à six heures, son alarme la tirant brutalement des bras de Morphée. Premier jour de retour au travail après la lune de miel, et elle avait ce rendez-vous mystérieux avec la directrice du MET.Damien était déjà debout, dans la cuisine, préparant du café. Il portait un pantalon de costume et une chemise à moitié boutonnée, ses cheveux encore humides de la douche.— Bonjour, ma femme, dit-il en tendant une tasse à Élise.— Bonjour, mon mari, répondit Élise avec un sourire. Ça ne vieillit pas.— Jamais.Ils prirent leur petit-déjeuner ensemble – une nouvelle routine qu'ils essayaient d'établir, au moins les matins où leurs horaires le permettaient. Damien avait des réunions à partir de huit heures. Élise devait être au musée pour neuf heures.— Appelle-moi après ton rendez-vous avec la directrice, dit Damien en ajustant sa cravate. Je veux savoir quelle est cette "opportunité majeure".
Les deux semaines de lune de miel à Bora Bora furent un rêve éveillé. Damien avait loué une villa sur pilotis privée avec accès direct au lagon turquoise, et ils avaient passé leurs journées à alterner entre faire l'amour, nager, et ne rien faire du tout. Pas de téléphones – enfin, presque. Marcus avait insisté pour avoir un moyen de les joindre en cas d'urgence absolue, mais le téléphone était resté silencieux dans un tiroir. Mais maintenant, alors que leur avion privé atterrissait à Teterboro, la réalité les rattrapait. Élise regarda par le hublot les gratte-ciel de Manhattan qui se profilaient au loin et sentit un mélange d'excitation et d'appréhension. — Prête à reprendre nos vies ? demanda Damien en prenant sa main. — Nos vies de personnes mariées, corrigea Élise avec un sourire. Ça fait bizarre. — Le meilleur genre de bizarre. Marcus les attendait sur le tarmac avec la Bent
La réception se tint dans la grande salle de bal du château, transformée en conte de fées moderne. Lustres de cristal, tables drapées de blanc et or, centres de table de roses blanches et de branches de cerisier en fleurs. Les fenêtres immenses offraient une vue sur les jardins illuminés, et au loin, la Tour Eiffel qui commençait à scintiller avec la tombée du soir. Le dîner fut somptueux – préparé par un chef triplement étoilé – mais Élise et Damien touchèrent à peine à leur nourriture, trop occupés à se regarder, à se toucher, à réaliser qu'ils étaient vraiment mariés. Les discours commencèrent après le plat principal. Lucas fut le premier, naturellement. — Bonjour à tous. Je suis Lucas, le meilleur ami d'Élise et celui qui a dû supporter tous ses appels paniqués pendant cette relation. Rires dans la salle. — Quand Elise m'a dit qu'elle avait rencontré quel
Le matin du mariage se leva sur le Château de Villeneuve avec un ciel d'un bleu parfait. Avril à Paris avait tenu ses promesses : les cerisiers étaient en pleine floraison, leurs pétales roses et blancs dansant dans une brise légère, et la température était idéale – dix-huit degrés, ensoleillé avec juste assez de nuages pour rendre le ciel dramatique. Élise se réveilla seule dans sa chambre du château – tradition oblige, Damien et elle avaient dormi séparés pour la première fois depuis des mois. Elle regarda par la fenêtre les jardins à la française qui s'étendaient à perte de vue, la Tour Eiffel visible au loin comme une sentinelle bienveillante. Aujourd'hui, je me marie. La pensée lui coupa le souffle – dans le bon sens. On frappa à la porte. Lucas entra, déjà habillé dans son smoking noir impeccable, portant un plateau avec du café et des croissants. — Bonjour, future mariée. Prête pour le plus beau jour de ta vie ? — Nerveuse, admit Élise en acceptant le café. Et si
Deux semaines avant le mariage, Damien emmena Élise dans un voyage surprise. — Où allons-nous ? demanda Élise pour la dixième fois alors que le jet privé décollait. — Tu verras dans cinq heures, répondit Damien avec un sourire mystérieux. Cinq heures plus tard, ils atterrissaient à... Tokyo. — Tokyo ? Pourquoi Tokyo ? — Parce que, expliqua Damien en la guidant hors du jet, il y a quelque chose que je veux te montrer. Quelque chose d'important. Ils furent conduits à travers la ville jusqu'à un temple bouddhiste ancien, niché dans un quartier tranquille loin de l'agitation de Shinjuku et Shibuya. — J'ai grandi en allant dans des églises, dit Damien alors qu'ils entraient dans les jardins du temple. Protestant, comme ma mère. Mais après sa mort, après Adrian... je n'ai plus trouvé de paix dans ces endroits. Il guida Élise jusqu'à un petit jardin zen à l'arrière du tem
Mars - Deux mois avant le mariage Le chaos régnait dans le penthouse. Marcus était assis à la table de la salle à manger, entouré de trois ordinateurs portables, deux iPads, et assez de dossiers pour construire un petit fort. Son téléphone ne cessait de sonner – traiteurs, fleuristes, photographes, tous appelant depuis Paris avec des questions urgentes. — Non, les pivoines blanches, pas roses, disait-il en français dans son oreillette Bluetooth. Mademoiselle Monroe-Sinclair a été très claire. Blanc et or uniquement... Oui, je sais que c'est plus cher. Envoyez-moi la factue. Élise, assise sur le canapé avec son propre ordinateur, essayait de travailler sur une nouvelle proposition d'exposition pour le MET tout en gérant simultanément les textos frénétiques de Lucas, Sophie et Mia sur leurs tenues. Lucas: "Est-ce que 'smoking violet' est trop pour un témoin de mariage ?" Élise: "OUI. Smoking clas






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