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last update publish date: 2026-10-21 21:17:05

Frank possédait Creative Edge Promotions et, selon Evan, non seulement il avait débauché plusieurs des plus gros clients de Standard Gate ces derniers mois, mais il avait également lancé une campagne de relations publiques contre leur agence. Evan disait de Frank qu'il était impitoyable et prêt à tout pour l'emporter.

« Eh bien, oui », murmura Nina. « Ses responsables publicitaires sont très occupés à travailler au corps Julian. »

« Une raison particulière pour laquelle tu ne fais pas de même ? » lui demanda Evan.

Elle posa sa main sur son avant-bras. Elle savait à quel point ce contrat comptait pour Evan — comme pour tout le monde chez Standard Gate Communications. Il était tout aussi important pour elle. Elle voulait faire ses preuves, aussi bien auprès d'Evan que, plus fondamentalement encore, auprès d'elle-même.

« J'ai besoin que tu me fasses confiance, Evan. Je connais Julian Martin et je l'ai étudié sous toutes les coutures. Il sait que je suis intéressée. Il finira par venir vers moi. J'en suis convaincue », dit-elle.

« Tu en es convaincue à hauteur de cinquante millions de dollars, Nina ? Standard Gate est une petite structure, et ce genre d'accord garantit que nos employés gardent leur emploi, alors que si nous continuons à perdre des clients et des comptes, je ne peux plus rien garantir. »

« Je sais que je demande beaucoup », dit-elle à voix basse. « Mais je ne peux pas m'avancer là-bas et sortir le grand jeu de la séduction. » Elle désigna d'un geste les femmes rassemblées autour de Julian. Elles ne cachaient absolument pas jusqu'où elles étaient prêtes à aller pour signer avec lui, et cela lui donnait presque le cœur levé… tout en lui inspirant une pointe de jalousie. « C'est ce à quoi il s'attend, et je m'y refuse. Je peux décrocher ce contrat sur la seule valeur de mes idées, Evan. J'ai passé chaque minute de mon temps libre à concevoir cette présentation. Il n'y a pas la moindre chance qu'il n'y morde pas. »

Evan Banks l'observa un long moment, les yeux étincelants d'une lueur qui ressemblait à du respect. Elle adorait travailler pour lui. Il était dur. Il était exigeant. Mais il la poussait à se dépasser, et c'était exactement ce dont elle avait besoin en ce moment.

« Je n'ai jamais attendu de toi que tu décroches ce contrat autrement que par ton génie, Nina », dit doucement Evan. « J'espère ne t'avoir jamais donné une autre impression. »

« Je sais. Et j'apprécie ta confiance plus que tu ne le penses. Je ne te décevrai pas. Je ne décevrai pas Standard Gate Communications », répondit-elle.

Evan passa une main dans ses cheveux et jeta un nouveau coup d'œil à travers la pièce. Il avait l'air fatigué. Il était vrai qu'il se dounait sans compter. Cette agence représentait tout pour lui. Plus que tout, Nina voulait pouvoir lui offrir ce compte sur un plateau. Il avait cru en elle et lui avait donné sa chance alors même qu'elle n'avait pas confiance en elle.

Elle leva les yeux pour apercevoir Julian qui se frayait un chemin à travers la foule.

« Ne regarde pas tout de suite, mais il se dirige vers nous. Tu devrais peut-être inviter Camille à danser ou quelque chose dans le genre », glissa Nina à Evan.

Aussi vite qu'il s'était approché, Evan Banks fit volte-face et se fondit à nouveau dans la masse.

Nina but une gorgée de son verre de vin et feignit la nonchalance en sentant physiquement Julian se rapprocher. Impossible d'échapper à sa présence. Son corps semblait toujours prendre cinq degrés dès qu'il se trouvait dans les parages.

Et son parfum. Même au milieu de l'agitation de cette pièce bondée et du mélange de tant de fragrances féminines, elle pouvait distinguer son odeur unique. Brute. Masculine et terriblement enivrante. Cela n'avait aucun sens à ses yeux, mais elle était réceptive à la moindre de ses nuances, et cela n'avait rien à voir avec toutes les recherches qu'elle avait menées sur son entreprise.

Julian était un homme totalement différent de celui qu'elle avait connu sur les bancs de l'école, et sa réaction face à lui l'était tout autant. Les pensées qui la traversaient n'étaient assurément pas une bonne chose pour sa carrière, ni pour son amitié avec la sœur de ce dernier. Il était exclu de se commettre avec lui sans que cela ne lui attire des ennuis.

« Salut, la Rouquine », murmura-t-il en arrivant à sa hauteur.

Elle se tourna vers lui avec un sourire accueillant. « Salut, Julian. Tu devrais arrêter de m'appeler comme ça, tu sais. »

« Mmm, je ne crois pas, non. Ça te va si bien, et c'est toujours un régal de te voir rougir. »

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