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CHAPITRE 66 : L'ÉCLAT DE LA RÉALITÉ

last update 公開日: 2026-02-28 16:41:26

​Le ciel d'Australie n'était plus bleu, il était devenu une toile déchirée où s'entrechoquaient des éclats de souvenirs et des vagues de lumière noire. Le Seigneur d'Uluru, le Premier Rêveur, rugissait sur une fréquence qui brisait le verre à des milliers de kilomètres.

​Ngaba, au centre de la tempête, n'était plus un homme. Il était le point de contact entre cinq mondes. La Lance d'Orion, saturée par les essences de Gizeh, de l'Atlantide et du Fuji, pesait une tonne de pure pression éner
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  • L'HÉRITIER DU TRÔNE DE FER   CHAPITRE 115 : LA NUIT DES CHOIX

    La cour était silencieuse quand ils rentrèrent. Seule la petite lampe à pétrole posée sur le tabouret jetait une lumière jaune tremblante sur la boue rouge. Oxane referma doucement la porte en tôle derrière eux, le grincement rouillé résonnant comme un avertissement. Kofi, encore dans les bras de Ngaba, avait fini par se rendormir, la tête posée contre l’épaule de son père, son petit souffle chaud et régulier.Ngaba le déposa délicatement sur le matelas fin, sous le pagne léger. Oxane s’assit à côté de l’enfant, une main protectrice posée sur son ventre. Shana resta debout près de la fenêtre, scrutant l’obscurité à travers les fissures.« Ils ne vont pas attendre demain, murmura Ngaba en s’asseyant sur le bord du lit. La réunion au port a échoué. Ils ont perdu la face. Les Nanga et les Koffi vont vouloir frapper vite, pour montrer qu’ils ne sont pas faibles. »Oxane leva les yeux vers lui. Son visage était marqué par la fatigue, mais ses yeux brûlaient de

  • L'HÉRITIER DU TRÔNE DE FER   CHAPITRE 114 : LA RÉUNION AU PORT

    La nuit était épaisse sur le port de Douala. L’air sentait le diesel, le poisson pourri et le sel marin. Ngaba marchait en silence entre les vieux conteneurs rouillés, Shana à sa droite, Mbarga à sa gauche. Tous les trois avançaient sans lumière, guidés seulement par la faible lueur de la lune qui perçait parfois les nuages lourds. Leurs pieds s’enfonçaient dans la boue noire mêlée de gravier, chaque pas produisant un bruit humide qui semblait trop fort dans le silence.Ils s’arrêtèrent derrière une pile de caisses métalliques. Au loin, près d’un hangar abandonné, une dizaine d’hommes étaient réunis autour d’une petite lampe à pétrole posée sur une table de fortune. Ngaba reconnut immédiatement les visages : des survivants des Koffi, maigres et marqués par la défaite, et plusieurs hommes plus grands, aux vêtements plus propres, venus du nord. Les Nanga.Un homme imposant, la tête rasée et une grosse chaîne en or autour du cou, parlait d’une voix basse mais pleine d

  • L'HÉRITIER DU TRÔNE DE FER   CHAPITRE 113 : LE FORGERON QUI CRACHE DU SANG

    La ruelle qui menait chez le forgeron était étroite et glissante. La boue rouge, mélangée à l’eau des égouts, collait aux pieds de Ngaba comme une main qui voulait le retenir. Shana courait à ses côtés, les lames cachées sous son pagne, le souffle court. Derrière eux, des voisins curieux suivaient à distance, murmurant déjà que le malheur était arrivé.La maison du forgeron, une petite baraque en parpaings et tôle, était entourée d’une petite foule. Des cris et des pleurs sortaient de l’intérieur. Ngaba poussa les gens sans ménagement et entra.Le forgeron, un homme costaud d’une cinquantaine d’années nommé Blaise, était allongé sur une natte sale. Du sang noirâtre coulait de sa bouche et de son nez. Sa femme, les yeux rouges, tenait sa tête en pleurant. L’odeur âcre de vomi et de métal emplissait la pièce étroite.« Qu’est-ce qui s’est passé ? » demanda Ngaba en s’agenouillant près de lui.La femme leva les yeux, remplis de peur et de colère.

  • L'HÉRITIER DU TRÔNE DE FER   CHAPITRE 112 : LA RUMEUR QUI RAMP

    La chaleur de midi écrasait Bonapriso comme une main géante et moite. Ngaba était assis sur le seuil de la maison en tôle, un vieux couteau à la main, en train d’affûter une lame pour Shana. La boue rouge avait séché en croûtes sur ses pieds, et l’odeur de ndolé qui mijotait chez les voisines se mélangeait à celle du charbon de bois. Kofi courait après un ballon fait de chiffons noués, ses petits pieds soulevant des éclaboussures qui faisaient rire les enfants du quartier.Mais l’ambiance n’était plus la même. Les regards des mamans, d’habitude chaleureux, glissaient maintenant sur eux avec une pointe de méfiance. Des murmures s’élevaient quand Ngaba passait près des groupes. Oxane l’avait remarqué aussi. Elle sortit de la maison, un bol de bissap frais à la main, et s’assit à côté de lui.« Ils parlent, Ngaba. Hier soir, une femme m’a demandé si c’était vrai que tu avais ramené des esprits mauvais dans le quartier. Ce matin, le vieux Joseph a refusé que son petit-

  • L'HÉRITIER DU TRÔNE DE FER   CHAPITRE 111 : LES ALLIÉS DE L'OMBRE

    Le lendemain matin, la boue de Bonapriso semblait plus lourde, comme si elle portait le poids des menaces de la nuit. Ngaba se tenait debout dans la cour, une tasse de café noir fumant entre les mains. Il regardait Kofi qui jouait près du manguier, ramassant des feuilles tombées et les collant sur son petit maillot de lutte. Oxane préparait le ndolé du matin, l’odeur d’arachide et de feuilles amères emplissant l’air, mais son regard revenait sans cesse vers la ruelle où les trois Koffi avaient fui.Shana revint d’une courte sortie dans le quartier. Son pagne était taché de boue fraîche, et elle tenait un petit morceau de papier froissé.« J’ai contacté les anciens. Deux d’entre eux acceptent de venir. Ils disent que les Koffi ne sont pas seuls. Ils ont trouvé des alliés chez les vieux clans du nord, ceux qui ont perdu des affaires quand la Dynastie d’Ébène a repris le contrôle. Ils parlent de vengeance silencieuse. Pas une attaque frontale. Quelque chose de plus vi

  • L'HÉRITIER DU TRÔNE DE FER   CHAPITRE 110 : LES MORSURES DU PASSÉ

    La nuit enveloppait Bonapriso d’un silence lourd, seulement brisé par le cri lointain d’un coq insomniaque et le clapotis des vagues contre les quais du port. Ngaba était allongé sur le matelas fin, les yeux grands ouverts vers le plafond en tôle rouillée. À côté de lui, Oxane dormait profondément, un bras passé autour de Kofi qui respirait calmement, son petit corps chaud blotti contre elle. Shana veillait dehors, adossée au manguier, sa silhouette à peine visible dans l’obscurité.Mais Ngaba ne trouvait pas le sommeil. Les mots des racines tournaient dans sa tête comme un vent mauvais : « D’autres ombres viennent. Pas du Vide. Du passé. Ceux que tu as brisés cherchent encore à mordre. »Il savait exactement de qui il s’agissait. Les Koffi. La dynastie qui l’avait humilié, qui avait laissé sa mère adoptive mourir dans la misère, qui avait tenté de l’écraser comme un insecte. Il les avait brisés, oui. Leur empire avait vacillé après sa vengeance, leurs affaires ava

  • L'HÉRITIER DU TRÔNE DE FER   CHAPITRE 94 : NEUF MOIS D’ENFER

    Les jours qui suivirent la révélation furent les plus longs de la vie de Ngaba. Pas des jours. Des siècles compressés en heures.Ils avaient fui Bonapriso en urgence. Le Vanguard les avait emportés vers la Citadelle d’Ébène reconstruite à Kribi, protégée par un bouclier doré que Silas av

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  • L'HÉRITIER DU TRÔNE DE FER   CHAPITRE 92 : LES FLAMMES DE BONAPRISO

    Le vent de Douala hurlait comme une bête blessée. Ngaba s’écrasa au milieu de la rue principale de Bonapriso, les genoux dans la boue rouge mélangée à l’eau de pluie qui tombait en trombes. La Lance d’Orion, faible et tremblante, s’enfonça dans l’asphalte fissuré. Autour de lui, les flammes noire

  • L'HÉRITIER DU TRÔNE DE FER   CHAPITRE 88 : LE CRI DU SANG D'ÉBÈNE

    Le silence qui suivit l'extinction de la résonance fut plus terrifiant que n'importe quelle explosion. Sur Luxia, les grandes cités de cristal s'éteignirent instantanément. Dans le ciel, les croiseurs des Lions d'Ébène, privés de leur force motrice, commencèrent à dériver comme des épaves antiques.

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