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PERSONNAGES PRINCIPAUX
▪️Elara Moretti, 22 ans : La Protagoniste. - Rôle / Caractère : Innocente, tenace et pleine d'esprit. Bien que naïve au début, elle a une force intérieure cachée et une grande loyauté. - Objectif : Survivre, protéger son père, retrouver sa liberté. - Conflit : Attirée par la dangerosité et le secret de Damian, elle lutte contre la perte de son identité et de sa moralité dans ce monde. ▪️Damian Vannucci, 28 ans : Le Capo. - Rôle / Caractère : Froid, dominant, charismatique mais distant. Obsédé par le contrôle et le devoir. Il cache une blessure émotionnelle profonde et est terrifié à l'idée d'aimer. - Objectif : Sécuriser son empire, se venger d'un ancien tort, maintenir son pouvoir. - Conflit : Son besoin de contrôle et de distance est menacé par l'effet inattendu d'Elara. Il lutte contre son besoin de la posséder et de la protéger. ▪️"La Périza", 30 ans : La Rival/Antagoniste Secondaire. - Rôle / Caractère : Magnifique, manipulatrice et impitoyable. Femme d'un Capo ennemi, elle a une histoire de pouvoir (et peut-être plus) avec Damian. - Objectif : Détruire Damian pour prendre sa place ou celle de son mari. Elle est jalouse de l'emprise (même forcée) qu'Elara a sur lui. PROLOGUE Lieu : Une cachette poussiéreuse et glaciale, quelque part sous les quais. Le sang n'avait pas d'odeur, ou peut-être que Damian avait juste oublié ce qu'était l'odeur de la vie. Il ne sentait que le cuivre âcre, la sueur froide, et la poussière des murs décrépis. Il était étendu sur le ciment, le dos en feu. La douleur était si intense qu’elle lui arrachait des grognements, mais il ne pleurait pas. Il n'y avait plus de place pour ce genre de gaspillage d'énergie. Il y avait une place pour la fureur. Deux hommes gisaient autour de lui. Deux traîtres. Deux visages qui lui avaient juré fidélité, qui avaient bu à sa table, et qui avaient attendu le moment parfait pour tenter de lui prendre le titre. Ils avaient échoué, mais le prix de cette victoire tenait dans sa poitrine, déchirée, et dans le lambeau de peau qui lui lacérait l'épaule. Damian toussa. Le goût du sang monta dans sa gorge. Il se força à se redresser, utilisant le mur froid comme support. La veste de son costume était irrécupérable, lacérée et trempée. Il tira un souffle sifflant et se regarda dans le reflet brisé d'une vieille vitre. Les yeux, habituellement une glace noire et implacable, étaient agités. Il n'avait que vingt-six ans et il était déjà le Capo le plus jeune et le plus puissant que la famille Vannucci ait connu. Mais la jeunesse attirait les hyènes. Chaque victoire, chaque pouvoir gagné, venait avec un coût. Et ce coût était la vulnérabilité. Il sentit le tissu de sa chemise adhérer à la plaie. Sous la peau de son dos, il y avait un morceau de métal, un souvenir indésirable qu’il n'avait pas le temps d'enlever. « Je n'ai besoin de personne. » Cette pensée s'enracina en lui, plus profonde que la balle, plus froide que le sang. Les gens qui l'aimaient mouraient. Les gens à qui il faisait confiance trahissaient. La seule façon de gagner cette guerre incessante était de se couper, d'être une île. Il ramassa le téléphone d'un des traîtres et passa un appel rapide, sa voix déjà redevenue un murmure autoritaire. Il donna des ordres précis et sans appel pour nettoyer l'endroit. Avant de quitter l'ombre de la cachette pour remonter vers son monde de marbre et d'or, il effleura la blessure de son dos, la promesse qu'elle lui faisait. « À partir de maintenant, je ne serai plus jamais assez faible pour laisser qui que ce soit m'atteindre. Je n'aurai plus jamais besoin de personne. » Il n'aurait jamais pu deviner qu'un vœu prononcé dans le sang et la douleur serait brisé deux ans plus tard par une étudiante innocente et têtue. Il n'aurait jamais pu deviner que pour survivre, il devrait l'attirer dans l'enfer qu'il avait construit autour de lui.Point de Vue : Elara Moretti (8 ans plus tard) Le silence de la villa Vannucci n'était plus le silence de la peur, mais celui d'une horloge de précision. Huit années avaient passé depuis que j'avais glissé le saphir noir à mon doigt, huit années depuis que j'avais réécrit les lois de ce monde avec le sang de nos ennemis et l'encre de ma volonté. Je me tenais sur la terrasse surplombant la Méditerranée. À trente-deux ans, mon reflet dans la vitre me renvoyait l'image d'une femme que je ne reconnaissais pas toujours : la Reine-Régente d'un empire financier qui s'étendait désormais bien au-delà des côtes siciliennes. — Mère ? Je me suis retournée. Alessandro se tenait là. À huit ans, il possédait déjà la prestance glaciale de Damian et cette lueur d'analyse trop vive dans le regard que je lui avais transmise. Il tenait un livre d'échecs, mais son attention était portée sur une tablette cryptée qu'il n'était pas censé avoir. — Tu devrais être avec tes tuteurs, Alessandro, dis-je
Point de Vue : Elara Moretti Neuf mois plus tard. La villa Vannucci avait changé. Les murs épais résonnaient désormais non plus des murmures de complots, mais des rires feutrés du personnel, des bruits des rénovations pour la crèche, et surtout, du silence protecteur que Damian et Vincenzo avaient imposé. La paix était devenue la nouvelle norme, maintenue par le souvenir du Contrat de la Mère et par la sanction financière infligée à Caltagirone, un exemple que personne n'avait osé défier. La Naissance et la Forteresse : L'accouchement eut lieu dans la panic room réaménagée en suite médicale. Damian, malgré toute sa force de Capo, était une loque. Il ne tenait pas une arme ; il tenait ma main, les jointures blanches de tension. « Ne me quitte pas, Elara. Ne me quitte jamais, » suppliait-il, le visage déformé par la peur. « Je ne te quitte pas, Capo, » ai-je haleté, la douleur me submergeait. « Je te donne l'avenir. » Au petit matin, après des heures d'épuisement, un cri
Point de Vue : Elara MorettiTrois semaines s'étaient écoulées depuis le Contrat de la Mère. Une accalmie trompeuse régnait. Mon ventre commençait à s'arrondir très légèrement, et la nausée des premières semaines était revenue par vagues, exigeant le repos. Je travaillais depuis le lit, mon ordinateur portable posé sur un coussin, ma bulle de garde silencieuse dans l'antichambre.La routine fut brisée par l'alerte.Il était deux heures du matin. La lumière rouge d'alerte a clignoté sur le mur de la panic room.« Tentative d'intrusion sur le périmètre Nord-Ouest. Un seul tireur d’élite repéré, » a murmuré Vincenzo à travers l'interphone sécurisé.Damian était déjà debout, ses mains cherchaient son arme.« Reste ici, Elara. Je m'en occupe, » a-t-il ordonné, sa voix était tranchante.« Non. Ce n'est pas une tentative d'assassinat. C'est un test, » ai-je rétorqué, ma conscience stratégique primait sur la peur. « S'ils voulaient nous tuer, ils auraient
Point de Vue : Elara MorettiLe cimetière de la Famille Vannucci se trouvait sur une petite colline à l’écart de la villa. Il n'était pas somptueux, mais solennel, entouré d'un mur de pierre grise et gardé par une seule statue de marbre représentant un ange immobile.Damian et moi nous y sommes rendus à la tombée de la nuit. Vincenzo avait assuré un périmètre de sécurité discrètement renforcé. Nous étions seuls.Le Poids du Passé :La tombe d'Angelina était facile à trouver. Une dalle de marbre blanc, simple. Elle avait été déplacée là après l'incendie et la reconstruction de la villa. Devant elle, reposait la tombe de Matteo.Damian s'est figé devant la pierre d'Angelina. Il n'y avait pas de fleurs. Seulement le silence et le poids de cinq années de culpabilité et de haine.« Je n'étais pas revenu ici depuis les funérailles, » a-t-il murmuré, sa voix était rauque.Je l'ai laissé un moment, le temps de faire face à l'ombre. J'ai contourné la pierr
Point de Vue : Elara MorettiLe Castello di Smeraldo était derrière nous. Le Contrat de la Mère était signé, une armure juridique enveloppant mon ventre et ma lignée. J'avais gagné. J'avais obligé ces hommes à protéger mon enfant par leur propre intérêt.Pourtant, cette victoire n'avait pas chassé le froid.Je me tenais seule dans la pénombre de la bibliothèque, tard dans la nuit. Damian dormait, épuisé par la tension du sommet. Mon insomnie, désormais habituelle, n'était plus due au travail, mais à une terreur sourde que je ne pouvais pas avouer.Je caressais un livre ancien, un recueil de légendes siciliennes que Damian aimait. La nausée avait disparu pour laisser place à une angoisse existentielle.Monologue Intérieur : Le Legs de l'Ombre :J'avais combattu pour la survie de mon enfant. J'avais usé de l'intelligence, de la ruse, et de la loi. Mais quel monde lui offrais-je ? Un monde où l'amour était un risque calculé, où l'amitié était une monnaie
Point de Vue : Elara MorettiLe sommet a été organisé au Castello di Smeraldo, un lieu neutre appartenant à un vieux Capo retiré, respecté pour son impartialité. C'était un cadre sobre, militaire, conçu pour la négociation, non pour la fête.Damian et moi avons fait une entrée sobre. J'étais enceinte de près de trois mois, ma silhouette n'était pas encore transformée, mais l'autorité de mon ventre était palpable. J'ai assisté à la réunion non pas à côté de Damian, mais en face des autres Capos, assise à la tête de la table.La Loi de la Trêve :Damian a ouvert le sommet, parlant de la nécessité de la stabilité économique après les purges et les menaces externes. Il a préparé le terrain pour mon intervention.« L'ombre des Russo pèse toujours. La guerre intestine est finie, mais le désordre extérieur n'attend qu'une faiblesse pour frapper, » a dit Damian.Puis, il m'a donné la parole. J'ai pris une gorgée d'eau, ma voix était claire et précise.« L







