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Chapitre 3

Author: dainamimboui
last update publish date: 2025-09-15 20:46:51

Noah serre un peu plus ses doigts. Il voit combien ses mots pèsent sur elle, et il refuse de l’accabler davantage.

— Je peux gérer, dit-il doucement. Je m’y habitue.

Elle fronce les sourcils, son cœur se serre.

— Tu ne devrais pas avoir à t’habituer à ça, Noah. Tu es un gentil garçon . Tu mérites mieux.

Il baisse les yeux, incapable de soutenir son regard. Les images de la journée reviennent : Adrian qui lui barre le passage, ses moqueries, puis son sourire tendre réservé à Clara. Noah sent sa poitrine se serrer, mais il chasse l’émotion, de peur que sa mère ne la lise en lui.

Elle caresse ses cheveux, un geste familier qui le ramène à l’enfance.

— Tu es fort, dit-elle doucement. Plus fort que tu ne le crois.

Il hoche la tête, mais son sourire est fragile.

Le repas passe dans un silence léger, ponctué de quelques phrases banales. Elle lui demande s’il a des devoirs, il répond que oui. Elle parle de son travail au magasin, de la cliente désagréable du matin, de la voisine qui s’est encore plainte de l’ascenseur en panne. Des détails simples, normaux. Noah l’écoute, se laisse bercer par sa voix.

Quand ils terminent, il l’aide à débarrasser, rince les assiettes, range les verres. La routine, rassurante. Puis il se lève.

— Je vais dans ma chambre, maman.

Elle le retient doucement par le poignet.

— Noah ?

Il se tourne vers elle. Ses yeux brillent, humides de cette tendresse douloureuse qu’il connaît trop bien.

— Je t’aime, souffle-t-elle.

Un nœud se forme dans sa gorge. Il répond dans un souffle :

— Moi aussi, maman.

Il rejoint sa chambre, ferme la porte derrière lui. Le silence retombe, plus lourd qu’avant. Sa chambre est petite, à peine assez grande pour contenir un lit, un bureau et une armoire. Les murs sont couverts de feuilles de cours, de quelques dessins griffonnés, de livres soigneusement alignés.

Il s’assoit sur le lit, ses genoux ramenés contre lui. Ses mains tremblent légèrement, mais il les cache dans ses manches.

Il repense aux mots de sa mère, à son excuse inutile. Je suis désolée de ne pas pouvoir te protéger…

Noah aimerait lui dire qu’il n’a pas besoin de protection, qu’il est assez fort. Mais il sait que ce n’est pas vrai. Il sait que chaque jour le brise un peu plus.

Il pense à Adrian, à son sourire cruel, à la façon dont sa voix grave s’impose dans son esprit. Puis à Adrian encore, différent, penché vers Clara, ses yeux adoucis par une chaleur qu’il n’a jamais vue tournée vers lui.

Noah serre ses bras autour de lui. Pourquoi son cœur réagit-il ainsi ? Pourquoi cette douleur étrange, ce mélange d’envie et de rejet ?

Il ferme les yeux, tente de calmer les battements désordonnés de sa poitrine. Demain sera une autre journée. Demain, il devra encore affronter Adrian et ses amis. Demain, il devra encore sourire devant sa mère et prétendre que tout va bien.

Mais ce soir, dans le silence de sa chambre, il se permet de relâcher le masque. Une larme glisse le long de sa joue. Il l’essuie rapidement, comme si quelqu’un pouvait le voir. Puis il s’allonge, fixe le plafond.

Noah s’allonge sur son lit, les yeux fixés sur le plafond. L’ampoule fatiguée diffuse une lueur jaunâtre, tremblotante. Dans le silence de sa chambre, chaque battement de son cœur semble résonner trop fort. Il ramène ses genoux contre lui, comme pour se protéger de ses propres pensées.

C’est toujours le soir que les souvenirs reviennent. Quand les bruits de la ville s’éteignent, que sa mère dort dans la chambre voisine, que plus rien ne l’empêche d’écouter la voix obstinée de sa mémoire.

Il se revoit un 6 mois plus tôt, le jour de son entrée au lycée. Ses chaussures étaient neuves, ses cheveux un peu trop longs, et son sac lui paraissait lourd comme un fardeau. Il se sentait minuscule au milieu de cette foule d’élèves plus âgés, plus sûrs d’eux, déjà installés dans leurs cercles.

Et puis il l’a vu. Adrian Jackson.

Le brun traversait la cour avec une aisance presque insolente, son groupe d’amis autour de lui. Il riait, fort, la tête rejetée en arrière. Tous les regards se tournaient vers lui naturellement, comme attirés par une lumière impossible à ignorer. Adrian dégageait une force tranquille, une confiance qui écrasait tout autour de lui.

Noah se souvient de son souffle coupé. Il n’avait jamais vu quelqu’un incarner autant l’idée même d’Alpha. Grand, athlétique, beau d’une beauté presque irréelle. Et ses yeux… noirs et brillants, comme deux éclats de nuit.

Ce jour-là, Adrian lui avait souri. Pas un sourire cruel. Un vrai sourire, presque amical.

— Salut, avait-il dit en passant près de lui.

La voix grave avait résonné dans l’air, et Noah avait répondu timidement, le cœur battant. Salut.

Pendant plusieurs semaines, Adrian ne lui avait rien fait. Il passait parfois devant lui, lui adressait un signe de tête, un bonjour rapide. Noah se souvenait même avoir pensé qu’il était… gentil. Accessible, malgré tout.

Mais tout avait basculé.

Le soir de son éveil.

Noah frissonne sur son lit, serre les draps contre lui. C’était un soir d’automne, l’air était froid, et il s’était senti fiévreux toute la journée. Au début, il avait cru être malade. Puis la douleur avait commencé : une chaleur sourde, insupportable, comme si son corps entier brûlait de l’intérieur. Sa mère, affolée, l’avait conduit chez le médecin.

Le verdict était tombé : Noah était un Oméga. Mais pas un Oméga ordinaire. Un Oméga récessif.

Le médecin avait expliqué à sa mère que cela signifiait que Contrairement aux omégas “classiques”, ils dégagent beaucoup moins de phéromones.Ils passent parfois inaperçus auprès des alphas, ce qui peut les protéger… mais aussi les isoler. Leurs cycles peuvent être imprévisibles, plus doux, voire presque invisibles.

Certains décrivent que cela les rend “moins désirables” pour les alphas, d’où leur rejet.Dans certaines hiérarchies omegaverse, les omégas récessifs sont vus comme “défectueux”. Parfois, ils sont présentés comme moins fertiles (difficulté à concevoir), d’autres fois au contraire comme extrêmement rares et donc très recherchés.

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