ログインChapitre 54
Kael
La fièvre me consume, un feu qui court dans mes veines comme du métal en fusion, qui brûle ma peau de l'intérieur, qui embrase mes pensées jusqu'à les réduire en cendres, et je flotte dans un brouillard de douleur et de rêves, incapable de distinguer le réel de l'imaginaire, le présent du passé, la vie de la mort, la vérité des illusions que les sorciers ont la
Chapitre 56KaelJe ne sais pas si je dors ou si je suis éveillé, si je rêve ou si je vis, si je suis encore dans les griffes de la fièvre ou si j'ai enfin repris pied dans la réalité, mais je sens son corps contre le mien, sa chaleur, son odeur de fleur sauvage, de neige, de feu de bois, et cela me tire des profondeurs de l'inconscience, cela me ramène à la surface, cela me rappelle que je suis vivant, que je l'aime, que je la veux plus que tout au monde.Mes yeux s'ouvrent à demi, lourds, collés par la fièvre, et je la vois, blottie contre moi, ses cheveux défaits répandus sur mon torse comme une rivière d'ébène, sa main posée sur ma poitrine, juste au-dessus de mon cœur, ses yeux gris qui brillent dans la pénombre, qui me regardent, qui m'attendent, qui m'appellent sans un mot. La lueur du feu danse sur
Chapitre 55SeleneLa tempête s'est levée pendant que Kael dormait, une tempête de neige comme seules les montagnes du Nord savent en engendrer, une furie blanche qui a transformé le monde extérieur en un chaos de glace et de vent, et qui hurle à l'entrée de la grotte comme une bête sauvage cherchant à entrer, à nous dévorer, à nous ensevelir sous son linceul gelé.Le feu que j'ai allumé avec les maigres branches ramassées avant la tempête crépite faiblement, ses flammes luttant contre les courants d'air glacés qui s'infiltrent par les fissures de la roche, et sa lumière vacillante danse sur les parois de la grotte, projetant des ombres qui s'étirent, se contractent, se fondent les unes dans les autres comme des fantômes. J'ai entassé tout ce que j'ai pu trouver pour nous isoler du sol ge
Chapitre 54KaelLa fièvre me consume, un feu qui court dans mes veines comme du métal en fusion, qui brûle ma peau de l'intérieur, qui embrase mes pensées jusqu'à les réduire en cendres, et je flotte dans un brouillard de douleur et de rêves, incapable de distinguer le réel de l'imaginaire, le présent du passé, la vie de la mort, la vérité des illusions que les sorciers ont laissées derrière eux. La grotte danse autour de moi, les parois de pierre oscillent, se tordent, se rapprochent, et la lueur du feu que Selene a allumé jette des ombres mouvantes qui prennent des formes étranges, menaçantes, puis rassurantes, au gré de ma fièvre.Mais au milieu de ce chaos, il y a une constante, une ancre, un phare dans la tempête : sa main dans la mienne. Sa main fraîche, douce, qui apaise la br&uc
Chapitre 53SeleneLe chemin du retour est silencieux, enveloppé dans cette pénombre douce qui précède l'aube, et Kael chevauche à mes côtés, le visage marqué par l'émotion, les yeux encore rouges des larmes qu'il a versées dans la crypte, et je respecte son silence, je ne parle pas, je me contente d'être là, de veiller sur lui comme Isabelle m'a demandé de le faire, comme mon cœur me commande de le faire.La forêt de Thornwood s'étend autour de nous, ses arbres centenaires dressant leurs branches vers le ciel comme des sentinelles, et le sol est un tapis de mousse et de feuilles mortes qui étouffe le bruit des sabots de nos loups. L'air sent la sève, la terre humide, les champignons, et tout est calme, trop calme, étrangement calme, comme si la nature elle-même retenait son souffle, comm
Chapitre 52KaelJe me tiens au centre de la crypte, les jambes tremblantes, le cœur battant si fort que je le sens cogner dans ma gorge, dans mes tempes, dans mes poignets, et je la regarde, je regarde Isabelle, son visage, ses yeux, son sourire, et je sens les larmes couler sur mes joues, des larmes chaudes, des larmes que je n'ai pas versées depuis des siècles, des larmes de douleur, de soulagement, de libération.Elle est là, devant moi, suspendue dans la lumière du cristal que Selene tient entre ses mains, son image vacillante mais si réelle, si présente, et je tends la main vers elle, mes doigts tremblants, ma paume ouverte, comme si je pouvais la toucher, comme si je pouvais la retenir, comme si je pouvais la ramener à la vie par la seule force de ma volonté. Elle est exactement comme dans mon souvenir, ses cheveux de lune, ses yeux de ciel, son
Chapitre 51SeleneLe cristal se trouve au cœur du temple, dans une crypte circulaire dont les murs de pierre noire sont couverts de runes qui pulsent d'une lueur bleutée, une lueur qui ne provient d'aucune torche, d'aucune flamme, d'aucune source visible, mais qui semble émaner de la roche elle-même, comme si le temple tout entier était vivant, comme s'il respirait, comme s'il attendait ce moment depuis des siècles. L'air est glacé, si glacé que chacun de mes souffles forme un petit nuage de brume devant mes lèvres, et le silence est si profond, si absolu, que j'entends mon cœur battre dans ma poitrine, que j'entends le sang pulser dans mes tempes, que j'entends le froissement de mes vêtements à chacun de mes pas prudents sur les dalles de basalte usées par le temps.Kael est derrière moi, je le sens, je sens sa présence
Chapitre 25SeleneJe referme la porte derrière moi et je m'adosse au mur du couloir, les jambes flageolantes, le cœur battant si fort que je le sens cogner dans mes tempes, dans ma gorge, dans mes poignets, et je porte mes doigts à mes lèvres, ces lèvres qu'il a embrassées, qu'il a brûlées, qu'il
Chapitre 22KaelJe la dépose sur le lit de ma propre chambre, ce lit de soie noire que personne n'a foulé depuis la mort d'Isabelle, ce lit où j'ai passé tant de nuits à fixer le plafond de pierre en me demandant pourquoi j'étais encore en vie, pourquoi la Déesse ne m'avait pas rappelé à elle, pour
Chapitre 19SeleneLa taverne abandonnée se dresse au bord de la route comme une carcasse de bête échouée, une bâtisse de bois pourri et de pierres moussues dont le toit s'affaisse en son milieu, creusé par les années de pluie et de neige, et la lumière des chandelles filtre à travers les volets di
Chapitre 17SeleneÀ l'aube, les gardes viennent me chercher, leurs pas lourds résonnant dans le couloir, leurs clés grinçant dans la serrure, et ils me conduisent sans un mot à travers un dédale de couloirs, d'escaliers, de passages voûtés, jusqu'à une vaste salle souterraine, une ancienne crypte







