MasukLa maison de couture reçoit la première demande de l’agence de Camille trois jours après la publication de l’interview.
Elle paraît raisonnable.
L’agence souhaite obtenir quelques références sur l’univers visuel de la robe afin de préparer les prochaines interviews. Elle demande une palette de couleurs, les sources d’inspiration validées par la fondation et, si possible, une note du designer inv
Lorsque Camille revient chez LYS, elle s’attend à trouver un contrat sur la table.Claire Renaud, la directrice de collection, lui présente plutôt un calendrier provisoire. La plateforme veut d’abord définir son univers, lui constituer une équipe, puis développer quelques prototypes avant toute annonce publique.Le premier lancement n’aurait pas lieu avant six mois.— Dans six mois, la robe du gala ne sera plus un sujet, fait remarquer Camille.— C’est possible, mais nous ne pouvons pas construire une collection uniquement autour d’un article de presse.Claire lui demande un dossier personnel : quelques silhouettes, une direction visuelle et des indications permettant aux designers de comprendre ce qu’elle veut réellement créer.Camille feuillette les pages sans s’attarder sur les détails.— Vous l’aurez vend
Une semaine plus tôt, la plateforme LYS avait refusé de rencontrer l’agence de Camille.À présent, ses représentants proposent eux-mêmes un rendez-vous.Ils développent des collections limitées associant une célébrité à une maison de luxe. Le succès de la robe Aurore leur donne l’idée d’une ligne de soirée portant le nom de Camille.La réunion se déroule dans une suite d’hôtel.Les représentants parlent de distribution européenne, de campagne internationale et de pourcentage sur les ventes. Camille écoute en silence jusqu’à ce que la directrice de LYS aborde la création.— Nous ne cherchons pas seulement un visage. Votre implication dans la robe du gala montre que vous avez un véritable univers. Nous aimerions partir de cette sensibilité.L’agent de Camille intervient avant qu’elle réponde.— Le projet Aurore reste une collaboration avec un designer invité. Les conditions de confidentialité sont strictes.— Bien entendu. Nous ne demandons aucun document appartenant à la fondation. Nou
La maison de couture reçoit la première demande de l’agence de Camille trois jours après la publication de l’interview.Elle paraît raisonnable.L’agence souhaite obtenir quelques références sur l’univers visuel de la robe afin de préparer les prochaines interviews. Elle demande une palette de couleurs, les sources d’inspiration validées par la fondation et, si possible, une note du designer invité.Le directeur de l’atelier transmet la demande à Léonard.— Elle teste la porte, constate-t-il.Élodie lit le courrier depuis son ordinateur.— Envoie la palette publique et la note destinée au programme. Rien d’autre.— Elle va croire que tu acceptes sa version.— Elle croira seulement que sa demande n’a pas été refusée.Le dossier transmis ne co
L’appartement appartient à Nova-Com, mais aucun document public ne le relie à la société.Léonard l’a choisi pour cette raison. L’immeuble dispose d’un parking surveillé, de deux accès séparés et d’un gardien qui ne laisse entrer personne sans confirmation.Élodie travaille près de la fenêtre, la jambe posée sur un repose-pied. Sa cheville reste douloureuse, mais les vertiges ont disparu. Sur son ordinateur, le calendrier du projet Nexus occupe la moitié de l’écran.Léonard dépose un dossier sur la table.— Pour te changer les idées.Élodie termine de valider un document avant de l’ouvrir.La Fondation Aurore organise chaque année un gala destiné à financer les traitements médicaux des patients contraints de partir à
Raphaël se présente à l’hôpital en fin d’après-midi.Élodie a changé de vêtements. Sa cheville est bandée et Sophie dort dans le fauteuil près de la fenêtre, le manteau roulé sous sa tête.Raphaël pose un dossier sur la table.— Tout ce que nous avons trouvé est là. Les images, la camionnette et les sociétés écrans. Les enquêteurs ont déjà une copie.Élodie ouvre le dossier. Les documents sont classés par heure, sans commentaire ajouté pour orienter ses conclusions.— Il n’y a rien sur le commanditaire.— Non.Raphaël déteste visiblement prononcer ce mot.Il lui explique ensuite qu’une société indépendante peut assurer sa protection. Les agents ne dépendent pas directement du groupe Dubois ; elle peut choisir leurs horaires, recevoir leurs identités et les renvoyer quand elle le souhaite.Élodie referme le dossier.— Des hommes qui notent mes déplacements restent des hommes qui surveillent mes déplacements, même si je connais leur nom.— Ceux qui t’ont enlevée connaissent l’adresse de
Élodie quitte la villa avec Sophie.Raphaël fait un mouvement pour les suivre, mais elle l’arrête avant qu’il atteigne la porte.— Sophie m’accompagne. Donne à la police ce que tu as trouvé et laisse-moi finir cette nuit sans nouvelle dispute.Il reste dans le hall. Cette fois, il ne tente ni de la retenir ni de modifier sa décision.Sophie conduit jusqu’à l’hôpital américain de Paris sans allumer la radio. Elle vérifie plusieurs fois qu’Élodie ne perd pas connaissance, mais attend d’avoir garé la voiture pour parler.— Tu aurais pu mourir.Élodie détache sa ceinture.— Je sais.— Non, je ne crois pas. Tu dis ça comme si tu venais de rater un avion.— Si je commence à imaginer tout ce qui aurait pu arriver, je ne descendrai pas de
Le réveil n'avait pas encore sonné quand l'obscurité de la chambre commença à peser sur Élodie. Allongée immobile, les yeux fixés sur le plafond invisible, elle sentait chaque muscle de son dos protester contre la fatigue. La nuit avait été intense, une étreinte sans âme qui n'avait laissé derrière
— Joyeux anniversaire, Élodie.La voix d'Élodie ne fut qu'un murmure, une vibration fragile aussitôt étouffée par le silence glacial du salon. Face à elle, l'unique bougie plantée dans un cupcake solitaire vacillait, projetant des ombres instables sur la table de marbre blanc. Élodie souffla. L'obs
Raphaël faisait les cent pas sur le damier de marbre. Il venait de tenter de joindre Élodie pour la quinzième fois, tombant systématiquement sur sa messagerie.— Réponds, bordel… jura-t-il entre ses dents, la mâchoire serrée à s'en briser les dents.Au début, il s'était dit qu'elle boudait simpleme
Élodie sortit son téléphone personnel de sa poche, le fit glisser sur le bureau en direction de Théo.— Tiens, regarde-moi ce truc. Raphaël débarque toujours au moment où je m'y attends le moins, avec une précision. Hier au Crillon, ce matin encore... C'est pas du flair, c'est de la tech. Vérifie s







