Se connecterL’appartement appartient à Nova-Com, mais aucun document public ne le relie à la société.
Léonard l’a choisi pour cette raison. L’immeuble dispose d’un parking surveillé, de deux accès séparés et d’un gardien qui ne laisse entrer personne sans confirmation.
Élodie travaille près de la fenêtre, la jambe posée sur un repose-pied. Sa cheville reste d
— Madame Dubois, j’espère ne pas vous déranger.Geneviève reconnaît la voix d’Auguste Dunois et retire aussitôt le téléphone de son oreille.— Si vous cherchez quelqu’un pour convaincre Raphaël de renouveler vos contrats, vous perdez votre temps.— Votre petit-fils ne vous a donc rien dit.— Les affaires du groupe ne me concernent plus.— Je ne parle pas seulement d’affaires.Quelque chose dans son ton l’empêche de raccrocher.— La raison qu'il a renoncé à plusieurs millions d’euros, c'est simplement parce que des affaires ennuyeuses, racheter ce qu’il a fait à sa femme dans un hôpital, il y a deux ans.Geneviève se redresse dans son fauteuil.— De quoi parlez-vous ?— D’Élodie, bien sûr. Votre petit-fi
Dunois voit qu’il a atteint sa cible et poursuit, la voix plus basse.— Vous étiez prête à ramper pour sauver votre père. Maintenant, vous utilisez tous les hommes qui passent pour punir votre mari et vous osez me parler de dignité ?Élodie se retourne lentement.— Vous ne savez absolument rien de ce que je suis prête à faire.— Je sais ce que votre mari m’avait offert.Le coup part avant qu’Élodie ait le temps de répondre.Le poing de Raphaël frappe Dunois en pleine mâchoire. Le vieil homme perd l’équilibre et heurte la portière de sa berline.Élodie recule, saisie.Raphaël se place aussitôt devant elle. Sa veste est ouverte, sa respiration lourde, mais son visage reste d’un calme presque effrayant.Il voulait parler à Élodie après avoir quitté le conseil, sans savoir que Dunois la trouverait avant lui.— Raphaël...Dunois tente de se redresser.— Vous êtes devenu complètement fou !Raphaël le saisit par le col et le plaque contre la carrosserie.— Répétez ce que vous venez de lui di
La notification arrive peu après neuf heures dans les bureaux d’Auguste Dunois.Son directeur juridique entre sans frapper, le visage fermé, et dépose le courrier devant lui. Aether met fin à leur partenariat avec effet immédiat.Quelques mois plus tôt, Dunois a transféré une partie des droits d’exploitation à un fonds qu’il contrôle par l’intermédiaire de sa famille. Il pensait pouvoir augmenter ses bénéfices sans demander l’autorisation du studio, puisque l’argent resterait dans ses propres sociétés.Le contrat ne fait pourtant aucune distinction. Toute cession non approuvée constitue une violation de l’accord d’exclusivité.Aether conserve les paiements déjà reçus, ne verse aucune indemnité et interdit à Dunois d’utiliser les créations qui n’ont pas encore été livrées.— Appelez E.V., ordonne-t-il.— Nous n’avons aucun moyen de la joindre directement.— Alors passez par son représentant.— Le cabinet refuse toute négociation.Trois jours après, Dunois apprend que Raphaël refuse éga
Lorsque Anaïs rejoint la scène, le présentateur attend que les applaudissements retombent.— Avant de poursuivre, la Fondation Aurore souhaite clarifier les informations diffusées ces derniers jours.La salle se calme.— Cette robe a été entièrement dessinée par E.V. et réalisée sous sa direction. L’ancienne ambassadrice du gala est intervenue uniquement dans le cadre d’essayages en qualité de mannequin. Elle n’a participé ni à la création, ni au choix des matières, ni à la conception du modèle.La déclaration est brève. Elle ne prononce pas le nom de Camille, mais personne ne peut se méprendre.— La fondation a mis fin à cette collaboration. Nous remercions E.V. d’avoir maintenu son engagement malgré l’utilisation non autorisée de ses recherches.Au même instant, plusieurs journalistes publient déjà la citation.Le présentateur ne s’attarde pas sur la polémique.— Cet engagement ne s’arrête pas à la robe que vous voyez ce soir.Une femme vêtue d’un tailleur noir monte sur scène. Elle
La Fondation Aurore n’attend pas que le scandale prenne de l’ampleur.Dès le lendemain de la présentation chez LYS, le conseil se réunit à huis clos. À midi, l’agence de Camille reçoit une lettre mettant fin à son contrat d’ambassadrice ainsi qu’à sa participation au gala.La décision ne mentionne aucune accusation de plagiat. Elle se fonde sur des faits plus simples : Camille a utilisé des documents réservés à la communication d’un événement caritatif pour négocier une collection commerciale, puis elle a laissé entendre publiquement qu’elle avait participé à la conception de la robe.Son agent lui apporte la lettre en personne.— Ils ne peuvent pas faire ça trois jours avant le gala.Camille parcourt les deux pages, certaine de trouver une ouverture.&mdas
Camille se tourne vers Raphaël.Il n’a pas quitté sa place. Son visage ne laisse rien paraître, pourtant son regard s’est durci à mesure que les preuves apparaissent.— Raphaël, tu sais très bien que je ne volerais jamais le travail de quelqu’un.Il ne vient pas vers elle.— Je sais surtout que tu m’as fait venir pour donner du crédit à cette collection.Camille pâlit.— Ce n’est pas vrai. Je voulais seulement que tu voies ce que je suis capable de faire.Le regard de Raphaël se pose sur les planches derrière elle.— Je viens de le voir.Aucune colère dans sa voix, aucune scène qui puisse lui permettre de pleurer devant les caméras. Il lui retire simplement ce qu’elle était venue chercher : son soutien.Camille serre le micro entre ses doigts.— J’ai reçu ces documents légalement. On ne peut pas m’accuser de vol parce qu’un créateur anonyme regrette soudain de m’avoir donné accès à son travail.— Personne ne t’accuse encore, intervient le juriste de LYS. Nous suspendons la collaborati
Raphaël faisait les cent pas sur le damier de marbre. Il venait de tenter de joindre Élodie pour la quinzième fois, tombant systématiquement sur sa messagerie.— Réponds, bordel… jura-t-il entre ses dents, la mâchoire serrée à s'en briser les dents.Au début, il s'était dit qu'elle boudait simpleme
L'odeur. Ce n'était pas seulement celle du désinfectant industriel qui agresse les sinus, c'était ce relent de peur rance et de métal froid qui imprègne les murs des urgences. Élodie s'engouffra dans le hall de la Pitié-Salpêtrière, le souffle court, ses talons martelant le linoléum avec une régula
Le réveil n'avait pas encore sonné quand l'obscurité de la chambre commença à peser sur Élodie. Allongée immobile, les yeux fixés sur le plafond invisible, elle sentait chaque muscle de son dos protester contre la fatigue. La nuit avait été intense, une étreinte sans âme qui n'avait laissé derrière
— Joyeux anniversaire, Élodie.La voix d'Élodie ne fut qu'un murmure, une vibration fragile aussitôt étouffée par le silence glacial du salon. Face à elle, l'unique bougie plantée dans un cupcake solitaire vacillait, projetant des ombres instables sur la table de marbre blanc. Élodie souffla. L'obs







