Soixante-douze heures. Trois jours de vide absolu.Raphaël ne s'était pas assis depuis le milieu de l'après-midi. Dans le silence cathédral de son bureau, seul le froissement léger de sa chemise en coton égyptien trahissait ses mouvements. Il fixait les lumières de la Défense, immobile, les mains croisées dans le dos. Pour un observateur extérieur, il incarnait le calme absolu du pouvoir. Mais à l'intérieur, une tension sourde, une fureur froide qu'il refusait de nommer, lui sciait les côtes.L'absence d'Élodie n'était pas seulement un affront à son autorité ; c'était un vide physique, une anomalie dans le système qu'il avait mis cinq ans à bâtir. Il attendait ce moment où elle craquerait, où la réalité matérielle: la faim, la peur, l'odeur de la mort dans cette chambre d'hôpital, la ramènerait à la raison.— Elle va appeler, avait-il lâché le premier soir, d'un ton qui ne souffrait aucune contestation.Mais le téléphone n'avait pas sonné.Camille, installée dans le fauteuil de cuir,
ปรับปรุงล่าสุด : 2026-03-09 อ่านเพิ่มเติม