Mag-log inÉlodie quitte la villa avec Sophie.Raphaël fait un mouvement pour les suivre, mais elle l’arrête avant qu’il atteigne la porte.— Sophie m’accompagne. Donne à la police ce que tu as trouvé et laisse-moi finir cette nuit sans nouvelle dispute.Il reste dans le hall. Cette fois, il ne tente ni de la retenir ni de modifier sa décision.Sophie conduit jusqu’à l’hôpital américain de Paris sans allumer la radio. Elle vérifie plusieurs fois qu’Élodie ne perd pas connaissance, mais attend d’avoir garé la voiture pour parler.— Tu aurais pu mourir.Élodie détache sa ceinture.— Je sais.— Non, je ne crois pas. Tu dis ça comme si tu venais de rater un avion.— Si je commence à imaginer tout ce qui aurait pu arriver, je ne descendrai pas de
Valentin fixe le tissu.Il sort son téléphone et ouvre une adresse.— C’est une propriété privée à l’ouest de Paris.Raphaël mémorise l’emplacement.— S’il lui est arrivé quelque chose—— Il vient de la sauver. Essaie de t’en souvenir avant de le frapper.Raphaël quitte déjà l’entrepôt.Valentin le suit.*Le médecin nettoie la plaie autour de la cheville d’Élodie.— Le lien a coupé profondément, mais aucun tendon n’est touché. Vous aurez du mal à poser le pied pendant quelques jours.— Et la décharge ?— Les douleurs musculaires peuvent durer jusqu’à demain. Si vous ressentez des palpitations ou si vous perdez connaissance, vous allez à l’hôpital
Lucas sort son téléphone de sa poche et le tend à Élodie.— Deux minutes.— Je ne savais pas que tu facturais aussi les appels.— Mais tu me connais bien.Élodie prend l’appareil et compose le numéro de Sophie.Son amie décroche presque immédiatement.— Allô ?— Sophie, c’est moi.— Élo ? Bon Dieu, Élo, où es-tu ? Tu es blessée ? Qu’est-ce qui s’est passé ? La police est ici, Raphaël est devenu complètement fou et—— Je vais bien.— Mais c'est pas vrai ! Ton téléphone était sous une voiture, il y avait du sang dans le parking et personne ne savait où tu étais !Élodie s’assied enfin sur le canapé.— J’ai été enlevée,
Une portière claque devant l’entrepôt.Élodie retient son souffle sous le tissu noir qui lui recouvre le visage.Des pas crissent sur le gravier, puis s’arrêtent devant la porte métallique.— Le transport est en avance ? demande l’un des hommes.Personne ne répond.La porte coulisse sur son rail. Le bruit résonne dans tout le hangar.— T’es qui, toi ?Les pas reprennent, sans se presser.Élodie entend le premier ravisseur s’élancer. Sa semelle dérape sur le béton. Un choc sec suit, puis son corps heurte l’une des étagères. Plusieurs objets tombent autour de lui.Le second homme jure.Une lame sort de son étui.Il attaque à son tour. Élodie distingue un déplacement rapide, le sifflement du couteau dans le vide, puis un coup assez violent pour cou
Valentin appelle son numéro. La sonnerie retentit sous un véhicule voisin.Sophie se baisse et récupère le téléphone. L’écran est fendu. Les clés reposent près de la rampe, à plusieurs mètres de là.— Putain, quelqu'un l'a kidnappee.Valentin trouve une petite pièce métallique près d’un pilier. Un serpent est gravé autour d’une clé, avec trois chiffres au revers.Il la photographie.— Vous savez ce que c’est ? demande Sophie après avoir raccroché.Valentin ne lui répond pas. Il envoie directement l’image à plusieurs contacts.Sophie cherche un autre numéro.Raphaël décroche presque aussitôt.— Sophie ?— Élodie a disparu.Il ne répond pas.— Raphaël ?
Le froid revient en premier.Élodie le sent contre ses chevilles, puis dans son dos, là où le dossier d’une chaise lui coupe les omoplates. Sa nuque lui fait mal. Une pulsation sourde frappe derrière son oreille.Elle essaie d’ouvrir les yeux.Le noir reste complet.Il lui faut quelques secondes pour comprendre qu’un bandeau lui couvre le visage. Le tissu serre ses tempes et descend assez bas pour l’empêcher de voir par-dessous.Elle ne bouge pas tout de suite.Un moteur tourne quelque part à l’extérieur. Plus près, un homme fait glisser des caisses sur le sol. Un autre tapote sur un téléphone.La mémoire revient par morceaux : le parking, la camionnette, la décharge dans son dos.Ses poignets sont attachés derrière la chaise. Ses chevilles aussi. Le lien est en plastique et ne laisse aucu
Le silence dans le bureau directorial du Groupe Dubois était devenu oppressant. Raphaël était debout devant l'immense baie vitrée, observant les artères de Paris qui commençaient à s'illuminer sous le crépuscule. Il ajusta ses boutons de manchette en onyx, un geste machinal qui trahissait une tensi
Élodie pressa le téléphone contre son oreille, ses doigts s'enfonçant dans le métal froid. — Léonard ? C'est Élodie... Elle se décolla du mur, le dos endolori par la violence de la scène précédente. En se retournant, elle fixa une dernière fois la porte close. C'était fini. Cinq ans d'efforts p
Élodie resta clouée au sol, les paumes à plat contre le carrelage dont le froid remontait jusqu'à sa poitrine. Camille s'avança, une couverture en cachemire négligemment posée sur ses épaules frêles. Elle affichait ce sourire de façade, ce masque de "douceur" qui masquait une lame de rasoir. Derri
L'odeur. Ce n'était pas seulement celle du désinfectant industriel qui agresse les sinus, c'était ce relent de peur rance et de métal froid qui imprègne les murs des urgences. Élodie s'engouffra dans le hall de la Pitié-Salpêtrière, le souffle court, ses talons martelant le linoléum avec une régula







