LOGINAprès, nous restons enlacés, silencieux, vivants, et je sens son cœur qui bat contre le mien, son souffle qui se mêle au mien, ses mains qui caressent mes cheveux, mes épaules, mon dos, et je me demande si c'est possible, si c'est encore possible, si nous pouvons être heureux, si nous pouvons oublier, si nous pouvons recommencer, ou si nous sommes condamnés à nous aimer, à nous détruire, à nous perdre, encore et encore, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien, plus personne, plus jamais.— Je t'aime, murmure-t-il dans mes cheveux, et sa voix est douce, très douce, comme une promesse, comme un serment, comme un avenir qu'il nous offre, qu'il nous donne, qu'il nous construit, pierre après pierre, jour après jour, nuit après nuit, mensonge après vérité, pardon après pardon.— Je t'aime, répondé-je, et c'est la v&eac
Il jouit en moi avec un cri étouffé, un cri qu'il retient, qu'il cache, qu'il ne veut pas me donner, et je le serre contre moi, je le garde, je le retiens, je le protège, et je sens ses larmes sur ma peau, ses larmes qu'il n'a pas pu retenir, ses larmes qu'il a gardées pour lui, ses larmes qu'il m'offre comme un pardon, comme une seconde chance, comme un amour qui ne demande rien, qui n'attend rien, qui ne veut rien d'autre que d'être aimé, lui aussi, lui aussi, lui aussi.Nous restons ainsi, longtemps, très longtemps, enlacés, silencieux, vivants, et je sens son cœur qui bat contre le mien, son souffle qui se mêle au mien, ses mains qui caressent mes cheveux, mes épaules, mon dos, et je me demande si c'est possible, si c'est encore possible, si nous pouvons recommencer, si nous pouvons oublier, si nous pouvons pardonner, ou si nous sommes condamnés à nous aimer, à nou
Il ne sait pas, il ne sait pas que c'est moi, que c'est Ivy, que c'est la femme qu'il a rejetée, humiliée, payée pour qu'elle disparaisse, qui est revenue, qui s'est reconstruite, qui s'est inventée un nouveau visage, un nouveau nom, une nouvelle vie, pour le détruire, pour le tuer, pour le perdre.Il ne sait pas, il ne sait pas que c'est moi qui ai vidé ses comptes, volé ses secrets, trahi sa confiance, détruit son empire, anéanti sa vie, et je le regarde, je le regarde dormir, paisible, confiant, aimant, et je pleure, je pleure sur lui, sur moi, sur nous, sur tout ce gâchis, sur cet amour que j'ai détruit, sur cette vie que j'ai anéantie, sur cette vengeance qui m'a dévorée, qui m'a tuée, qui m'a laissée seule, plus seule que je ne l'ai jamais été, plus seule que je ne le serai jamais.Amelia / IvyLes jours passent, les se
Il se lève, il vacille, ses jambes tremblent, ses mains cherchent un appui, et je le rattrape, je le tiens contre moi, je sens son corps si maigre, si fragile, si brisé, et je pleure, je pleure sur lui, sur moi, sur nous, sur tout ce gâchis, sur cet amour que j'ai détruit, sur cette vie que j'ai anéantie, sur cette vengeance qui m'a dévorée, qui m'a tuée, qui m'a laissée seule, plus seule que je ne l'ai jamais été, plus seule que je ne le serai jamais.— Laisse-moi, dit-il, et il essaie de se dégager, de partir, de fuir, mais il n'a plus de force, plus de volonté, plus de vie, et il s'effondre dans mes bras, son poids m'écrase, sa douleur m'étouffe, son désespoir me noie, et je le tiens, je le tiens contre moi, je le tiens comme si je pouvais le sauver, comme si je pouvais le guérir, comme si je pouvais le ramener à la vie, à moi, à
Amelia / IvyLes jours ont passé, les semaines peut-être, je ne sais plus, je ne compte plus, je flotte dans cette ville que je croyais connaître, que je ne reconnais plus, que je traverse comme une ombre, comme une morte, comme une femme qui a tout perdu et qui n'attend plus rien, plus personne, plus jamais.J'ai quitté l'hôtel où je me cachais, j'ai erré dans les rues, j'ai dormi dans des endroits que je ne veux pas nommer, j'ai mangé quand j'avais faim, je n'ai pas mangé quand je n'avais pas faim, je n'ai pas vécu, je n'ai pas su vivre, je n'ai pas voulu vivre, et je suis restée là, suspendue entre ce que j'étais et ce que je suis devenue, entre la vengeance qui m'a consumée et l'amour qui m'a détruite, entre Ivy qui est morte et Amelia qui n'a jamais existé.Un matin, ou un soir, je ne sais plus, je me retrouve devant un journal, un de c
AlexanderLes semaines passent, les mois peut-être, je ne sais plus, je ne compte plus, je ne veux plus compter, et je finis par quitter cette villa qui n'est plus la mienne, qui a été saisie, vendue, dispersée aux enchères avec tout ce que j'avais construit, tout ce que j'avais gagné, tout ce que j'avais été.Je marche dans les rues de la ville, les rues que je connaissais, que je ne connais plus, que je ne reconnais pas, et je suis un étranger, un fantôme, un mort qui marche parmi les vivants sans savoir qu'il est mort, sans savoir qu'il n'a plus de place, plus de vie, plus d'avenir.Les gens me regardent, se détournent, m'oublient, les riches que j'étais, les pauvres que je suis devenu, les puissants que j'ai été, les faibles que je suis, et je marche, je marche sans but, sans direction, sans espoir, hanté par son visage, par son nom, par son a
AMELIALe déjeuner est un supplice exquis. La salle à manger est un long rectangle de marbre blanc, la table une lame de verre. Nous sommes assis, Alexander à la tête, Élodie et moi face à face, comme des duellistes.Un serviteur silencieux apporte des plats d'une présentation minimaliste : des tra
ALEXANDER VANCEMidson approche. Le soleil, haut dans le ciel, frappe les surfaces vitrées de la tour, transformant l'appartement en une gigantesque lanterne froide. L'échiquier, dans le salon d'hiver, est resté dans la position où nous l'avons laissé. Une invitation silencieuse.Amelia est dans la
Amelia Je détourne les yeux, mal à l’aise. Je passe sur la terrasse sud. Le vent frais de la hauteur me souffle au visage, me faisant frissonner sous mon chemisier de soie. La vue est à couper le souffle, littéralement. Toute la ville s’étale, soumise, miniature. Je m’accoude à la balustrade en ve
ALEXANDER VANCEL’aube perce les immenses baies vitrées du salon principal, teintant le marbre gris et l’acier poli de lueurs froides, métalliques. Je suis debout, une tasse de café noir entre les mains, contemplant la ville qui s’éveille, ce mécanisme complexe dont je tiens, sinon toutes les ficel







