LOGINIl ne sait pas, il ne sait pas que c'est moi, que c'est Ivy, que c'est la femme qu'il a rejetée, humiliée, payée pour qu'elle disparaisse, qui est revenue, qui s'est reconstruite, qui s'est inventée un nouveau visage, un nouveau nom, une nouvelle vie, pour le détruire, pour le tuer, pour le perdre.Il ne sait pas, il ne sait pas que c'est moi qui ai vidé ses comptes, volé ses secrets, trahi sa confiance, détruit son empire, anéanti sa vie, et je le regarde, je le regarde dormir, paisible, confiant, aimant, et je pleure, je pleure sur lui, sur moi, sur nous, sur tout ce gâchis, sur cet amour que j'ai détruit, sur cette vie que j'ai anéantie, sur cette vengeance qui m'a dévorée, qui m'a tuée, qui m'a laissée seule, plus seule que je ne l'ai jamais été, plus seule que je ne le serai jamais.Amelia / IvyLes jours passent, les se
Il se lève, il vacille, ses jambes tremblent, ses mains cherchent un appui, et je le rattrape, je le tiens contre moi, je sens son corps si maigre, si fragile, si brisé, et je pleure, je pleure sur lui, sur moi, sur nous, sur tout ce gâchis, sur cet amour que j'ai détruit, sur cette vie que j'ai anéantie, sur cette vengeance qui m'a dévorée, qui m'a tuée, qui m'a laissée seule, plus seule que je ne l'ai jamais été, plus seule que je ne le serai jamais.— Laisse-moi, dit-il, et il essaie de se dégager, de partir, de fuir, mais il n'a plus de force, plus de volonté, plus de vie, et il s'effondre dans mes bras, son poids m'écrase, sa douleur m'étouffe, son désespoir me noie, et je le tiens, je le tiens contre moi, je le tiens comme si je pouvais le sauver, comme si je pouvais le guérir, comme si je pouvais le ramener à la vie, à moi, à
Amelia / IvyLes jours ont passé, les semaines peut-être, je ne sais plus, je ne compte plus, je flotte dans cette ville que je croyais connaître, que je ne reconnais plus, que je traverse comme une ombre, comme une morte, comme une femme qui a tout perdu et qui n'attend plus rien, plus personne, plus jamais.J'ai quitté l'hôtel où je me cachais, j'ai erré dans les rues, j'ai dormi dans des endroits que je ne veux pas nommer, j'ai mangé quand j'avais faim, je n'ai pas mangé quand je n'avais pas faim, je n'ai pas vécu, je n'ai pas su vivre, je n'ai pas voulu vivre, et je suis restée là, suspendue entre ce que j'étais et ce que je suis devenue, entre la vengeance qui m'a consumée et l'amour qui m'a détruite, entre Ivy qui est morte et Amelia qui n'a jamais existé.Un matin, ou un soir, je ne sais plus, je me retrouve devant un journal, un de c
AlexanderLes semaines passent, les mois peut-être, je ne sais plus, je ne compte plus, je ne veux plus compter, et je finis par quitter cette villa qui n'est plus la mienne, qui a été saisie, vendue, dispersée aux enchères avec tout ce que j'avais construit, tout ce que j'avais gagné, tout ce que j'avais été.Je marche dans les rues de la ville, les rues que je connaissais, que je ne connais plus, que je ne reconnais pas, et je suis un étranger, un fantôme, un mort qui marche parmi les vivants sans savoir qu'il est mort, sans savoir qu'il n'a plus de place, plus de vie, plus d'avenir.Les gens me regardent, se détournent, m'oublient, les riches que j'étais, les pauvres que je suis devenu, les puissants que j'ai été, les faibles que je suis, et je marche, je marche sans but, sans direction, sans espoir, hanté par son visage, par son nom, par son a
AlexanderLes jours passent, les semaines peut-être, je ne sais plus, je ne compte plus, je ne veux plus compter, et je reste dans cette villa vide, à boire, à travailler, à me détruire, à regarder les ruines de mon empire, les ruines de mon cœur, les ruines de ma vie.Les avocats sont venus, les banquiers sont venus, les créanciers sont venus, ils ont pris ce qui restait, ce qui n'avait pas déjà été volé, ce qui n'avait pas déjà été détruit, et je les ai regardés faire, impuissant, indifférent, mort, parce que plus rien n'a d'importance, plus rien n'a de sens, plus rien ne mérite qu'on se batte, maintenant qu'elle est partie, maintenant qu'elle m'a quitté, maintenant qu'elle m'a détruit.Je passe mes journées à fouiller ses affaires, à chercher des indices, des preuves,
Amelia / IvyJe reste chez lui, cette nuit-là, et les nuits suivantes, je ne sais plus combien, je ne compte plus, je ne veux plus compter, je flotte dans sa suite comme une épave qui aurait trouvé un rivage, comme une morte qui aurait trouvé une tombe, comme une femme qui n'a plus rien à perdre et qui s'accroche à ce qui lui reste, à lui, à sa présence, à ses mains, à ses baisers, à cet amour qu'il me donne sans rien demander en retour, sans rien attendre, sans rien exiger.Il me prend dans ses bras chaque soir, il me déshabille avec une lenteur que je n'avais pas connue avant, il explore mon corps comme s'il le découvrait pour la première fois, ses doigts caressent ma peau, ses lèvres tracent des chemins de feu, ses mots me disent que je suis belle, que je suis désirée, que je suis aimée, et je pleure, je pleure de joie, d
Amelia / IvyIl m'embrasse. Un baiser salé par mes larmes, tendre comme une promesse, profond comme un serment.Il aime Amelia. Pas Ivy. Pas la femme laide qu'il a rejetée. Il aime celle que je suis devenue, celle que j'ai inventée pour le détruire.La pensée me traverse, douloureuse, mais je la cha
Amelia / IvyHonte de la regarder et de ne voir que ça. Honte de ce dégoût qui montait en moi. Honte de ce que j'allais faire.Elle s'est approchée. Elle a laissé glisser sa robe. Elle a attendu.Et je n'ai pas pu.Je n'ai pas pu la toucher. Pas parce qu'elle était laide. Parce que j'étais moi. Parc
Il rit doucement, caresse mes cheveux.— Tu ne sais pas à quel point. Tu ne sais pas tout ce que j'ai imaginé, toutes ces nuits où tu dormais à côté de moi sans que je puisse te toucher. Tu ne sais pas le nombre de fois où j'ai dû me lever pour aller prendre une douche froide.— Raconte.— Quoi ?—
Il m'attire encore plus près, jusqu'à ce que mon visage soit à quelques centimètres du sien. Je sens son haleine, chaude et douce, mélangée à cette odeur d'antiséptique et de transpiration qui émane de son corps fiévreux. Ça devrait me dégoûter. Ça m'excite plus que tout.— Je n'aurais pas dû te lai







