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CHAPITRE 34 : SCALPEL ET SILENCE

Author: Déesse
last update publish date: 2026-01-01 02:12:09

Ivy

Les jours qui suivent notre conversation sont tissés d’un silence différent.Un silence de conspirateurs, lourd de détails pratiques et d’horreurs tacites. Roy évite mon regard plus qu’avant, ses gestes sont plus mécaniques, comme s’il appliquait un protocole pour se protéger de la réalité de ce qu’il met en marche. Il parle par monosyllabes. « Demain. » « Oui. » « Prépare-toi. »

Le lendemain, un homme arrive. Il ne vient pas en voiture, mais en fourgonnette utilitaire, grise, sans marque. I
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    Il ne sait pas, il ne sait pas que c'est moi, que c'est Ivy, que c'est la femme qu'il a rejetée, humiliée, payée pour qu'elle disparaisse, qui est revenue, qui s'est reconstruite, qui s'est inventée un nouveau visage, un nouveau nom, une nouvelle vie, pour le détruire, pour le tuer, pour le perdre.Il ne sait pas, il ne sait pas que c'est moi qui ai vidé ses comptes, volé ses secrets, trahi sa confiance, détruit son empire, anéanti sa vie, et je le regarde, je le regarde dormir, paisible, confiant, aimant, et je pleure, je pleure sur lui, sur moi, sur nous, sur tout ce gâchis, sur cet amour que j'ai détruit, sur cette vie que j'ai anéantie, sur cette vengeance qui m'a dévorée, qui m'a tuée, qui m'a laissée seule, plus seule que je ne l'ai jamais été, plus seule que je ne le serai jamais.Amelia / IvyLes jours passent, les se

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    Il se lève, il vacille, ses jambes tremblent, ses mains cherchent un appui, et je le rattrape, je le tiens contre moi, je sens son corps si maigre, si fragile, si brisé, et je pleure, je pleure sur lui, sur moi, sur nous, sur tout ce gâchis, sur cet amour que j'ai détruit, sur cette vie que j'ai anéantie, sur cette vengeance qui m'a dévorée, qui m'a tuée, qui m'a laissée seule, plus seule que je ne l'ai jamais été, plus seule que je ne le serai jamais.— Laisse-moi, dit-il, et il essaie de se dégager, de partir, de fuir, mais il n'a plus de force, plus de volonté, plus de vie, et il s'effondre dans mes bras, son poids m'écrase, sa douleur m'étouffe, son désespoir me noie, et je le tiens, je le tiens contre moi, je le tiens comme si je pouvais le sauver, comme si je pouvais le guérir, comme si je pouvais le ramener à la vie, à moi, à

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    Amelia / IvyLes jours ont passé, les semaines peut-être, je ne sais plus, je ne compte plus, je flotte dans cette ville que je croyais connaître, que je ne reconnais plus, que je traverse comme une ombre, comme une morte, comme une femme qui a tout perdu et qui n'attend plus rien, plus personne, plus jamais.J'ai quitté l'hôtel où je me cachais, j'ai erré dans les rues, j'ai dormi dans des endroits que je ne veux pas nommer, j'ai mangé quand j'avais faim, je n'ai pas mangé quand je n'avais pas faim, je n'ai pas vécu, je n'ai pas su vivre, je n'ai pas voulu vivre, et je suis restée là, suspendue entre ce que j'étais et ce que je suis devenue, entre la vengeance qui m'a consumée et l'amour qui m'a détruite, entre Ivy qui est morte et Amelia qui n'a jamais existé.Un matin, ou un soir, je ne sais plus, je me retrouve devant un journal, un de c

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    AlexanderLes semaines passent, les mois peut-être, je ne sais plus, je ne compte plus, je ne veux plus compter, et je finis par quitter cette villa qui n'est plus la mienne, qui a été saisie, vendue, dispersée aux enchères avec tout ce que j'avais construit, tout ce que j'avais gagné, tout ce que j'avais été.Je marche dans les rues de la ville, les rues que je connaissais, que je ne connais plus, que je ne reconnais pas, et je suis un étranger, un fantôme, un mort qui marche parmi les vivants sans savoir qu'il est mort, sans savoir qu'il n'a plus de place, plus de vie, plus d'avenir.Les gens me regardent, se détournent, m'oublient, les riches que j'étais, les pauvres que je suis devenu, les puissants que j'ai été, les faibles que je suis, et je marche, je marche sans but, sans direction, sans espoir, hanté par son visage, par son nom, par son a

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