Mag-log inDans les rues glaciales d’une grande ville, Liv, une jeune femme sans-abri, vit déguisée en garçon pour échapper aux agressions. Casquette enfoncée, voix rauque, gestes durs : elle s’est construit une carapace, un nom d’emprunt, et une routine discrète faite d’ombre et de prudence. Mais une nuit, alors qu’elle cherche un abri dans un entrepôt abandonné, elle devient témoin d’un assassinat brutal orchestré par des hommes puissants et sans pitié. Elle pense être passée inaperçue. Elle se trompe. L’un des tueurs l’a repérée. Pire : il l’attrape et l'amène voir son boss L’homme sait qu’elle a vu, il veut savoir ce qu’elle compte faire. Elle cache plus qu’un visage. Elle cache une histoire. Et peut-être même… un danger. Le chef de l'homme ressent pour elle un trouble assez bizarre : comment se fait-il qu'il ressent une attirance pour un homme ? Il devient fou !
view moreLivia La valse se termine. Il m’entraîne hors de la piste, vers une terrasse déserte, mais pas avant d’avoir croisé le regard de l’homme aux colonnes. Un imperceptible hochement de tête est échangé. L’homme disparaît dans la foule.L’air frais de la terrasse me frappe le visage. Je tremble, mais ce n’est pas du froid.— Qui était-ce ?— Une des miennes. Une sentinelle. Il y en a trois autres dans la salle. Personne ne t’approchera sans que je le sache.Je m’accroche à la balustrade de pierre, prenant de grandes respirations.— C’est insoutenable. Cette danse perpétuelle.— C’est la vie, Livia. La nôtre, en tout cas. Maintenant, c’est à leur tour.Il pose une main sur mon dos, un simple point de contact qui me stabilise.— Tu as été parfaite. Tu es parfaite.Nous restons un moment dans le silence relatif de la terrasse. Le bruit du bal est une marée lointaine. Je pense aux deux cœurs. A leur rythme, plus rapide que la valse, plus constant que les intrigues de cette salle. Ils sont mon
Livia La nuit avant le bal Valerian, je ne dors pas. Je reste allongée, une main sur le ventre, à écouter le silence qui n’en est plus un. C’est un silence peuplé. Il résonne du whoosh-whoosh gravé dans ma mémoire, des menaces de mon père, des instructions murmurées dans la pénombre de la salle de bal. Je suis un vaisseau. Un vaisseau de chair, d’os et de nerfs tendus à craquer, transportant un précieux, fragile et double cargo.À l’aube, il entre sans frapper. Il porte un costume sombre, déjà parfait. Dans ses mains, une boîte en carton gris.— Pour toi, dit-il en la posant sur le lit.Je m’assois, l’ouvre. À l’intérieur, sur un lit de soie noire, repose une robe. Pas la robe de combat que j’imaginais, faite pour impressionner ou intimider. C’est une robe d’un gris perle, d’une simplicité presque austère. Le tissu est mat, fluide, tombant en lignes épurées. Les manches sont longues, le col montant. Elle couvre tout, ne révèle rien. Et pourtant, à la lumière, lorsque je la soulève, o
LIVIAIl essuie le gel de mon ventre avec une serviette chaude. Le son des deux cœurs s’éteint, laissant un vide assourdissant. Je veux le réentendre. Je veux que ce bruit remplisse ma tête pour toujours.Le médecin se tourne vers lui.— Elle a besoin de repos. De nutrition adaptée. Pas de stress excessif. Je vais laisser des prescriptions, des recommandations.— Faites, dit-il, la voix rauque.Une fois le docteur parti, il reste immobile. Je m’assois, enroulant la robe autour de moi.— Tu as entendu ? dis-je, ma propre voix tremblante.Il hoche la tête, lentement. Puis il traverse la pièce, s’assoit au bord du lit. Il ne me touche pas. Il regarde l’endroit où la sonde était posée.— Deux, répète-t-il, comme pour s’en convaincre.Il y a dans ce mot toute la terreur et tout l’émerveillement que je ressens. Double. Tout sera double. Les risques, les peurs, les joies.— Tu as fait ce qu’il fallait avec ton père, dit-il soudain, détournant les yeux de mon ventre pour me regarder en face.
LIVIADans l’heure qui suit le départ de mon père, le loft absorbe le silence comme une éponge. Le son de la porte qui claque, le bourdonnement de l’ascenseur descendant, tout semble avoir aspiré l’air de la pièce. Je reste assise, la colonne vertébrale aussi raide que celle de la chaise sur laquelle je suis perchée, à fixer l’endroit où il se tenait. L’odeur de son cigare, de son après-rasage âcre, flotte encore en suspension, un fantôme de pouvoir et de mépris.Il n’a pas bougé de l’embrasure de la porte secrète. Je sens son regard peser sur ma nuque, une présence aussi tangible que celle de mon père l’était. Mais celle-ci est différente. C’est une ancre, là où l’autre était un orage.Finalement, le frottement de ses chaussures sur le parquet. Il contourne le fauteuil, s’accroupit devant moi. Ses mains s’emparent des miennes, glacées et inertes. Il les frotte doucement, réchauffant la peau, le geste méthodique, presque médical.— Tu as tenu, dit-il, une simple constatation.— À pein
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