ログイン— Lyra La voix de Veyne résonne encore dans le couloir quand je me jette sur la serrure, mon clou dans la main, mes doigts qui saignent, mes dents qui serrent, et je murmure, dans le noir. — Maintenant ou jamais, maintenant ou jamais, maintenant ou jamais. Le métal cède, la serrure tourne, la porte s'ouvre, et je me précipite dans le couloir, et je vois un garde qui arrive, sa lance pointée vers moi, et je me jette sur lui, et je le frappe, et je le désarme, et je le regarde qui tombe, et je murmure, dans un souffle. — Pardon, pardon, pardon. Je prends sa lance, et je cours, et je cherche Rovan, et je crie, d'une voix stridente. — Rovan ! Rovan ! Où es-tu ? Et une voix me répond, une voix que je connais, une voix que j'aime, une voix qui me remplit le cœur. — Lyra ! Lyra ! Je suis là ! Je cours vers la voix, et je vois une porte qui s'ouvre, et je vois Rovan qui sort, un garde à
— LyraJe colle mon œil contre la fente de la porte, et je vois Seraphine qui s'approche, déguisée en servante, sa robe grise, son tablier blanc, son capuchon qui cache ses cheveux, et elle glisse le long du mur, et elle s'arrête devant ma cellule, et elle regarde autour d'elle, et elle murmure, d'une voix si basse que je l'entends à peine.— Lyra, vous êtes là, vous êtes là, répondez-moi, répondez-moi.Je plaque ma bouche contre la fente, et je murmure, d'une voix qui tremble.— Je suis là, Seraphine, je suis là, comment as-tu fait, comment as-tu pu entrer, comment…Elle regarde autour d'elle, et elle dit, d'une voix rapide, d'une voix pressée.— Pas le temps, Lyra, pas le temps, je me suis fait engager comme servante, il y a deux jours, Veyne ne m'a pas reconnue, il ne regarde jamais les servantes, il ne voit que les nobles, les puissants, les utiles, et moi, je suis une ombre, une ombre parmi les ombres.Je la regarde, longuement, et je sens
— LyraLa porte s'ouvre brutalement, et je vois le garde qui entre, sa lanterne levée, son visage fermé, et il regarde la cellule, les murs, la paille, et il dit, d'une voix suspicieuse.— Qu'est-ce que vous fabriquiez, hein, qu'est-ce que c'était que ce bruit, on aurait dit quelqu'un qui frappait, on aurait dit un signal, on aurait dit…Je le regarde, et je hausse les épaules, et je dis, d'une voix que je veux neutre, endormie, innocente.— Je ne sais pas de quoi vous parlez, garde, je dormais, je rêvais, je parle en dormant, parfois, je gémis, je frappe le mur, c'est plus fort que moi, c'est la peur, c'est le froid, c'est…Il s'approche, lentement, et il passe sa main sur le mur, et il regarde la paille, et il voit les marques, les éraflures, les traces de mes ongles, et il dit, d'une voix qui se durcit.— Il y a des marques, ici, des marques fraîches, quelqu'un a frappé, quelqu'un a communiqué, quelqu'un a…Il se retourne, et il regarde le mu
— LyraJe plaque ma paume contre la pierre froide, je ferme les yeux, et je compte les coups sous mes doigts, trois longs, deux brefs, un long, et je sens le grain de la roche qui m'écorche la peau, la vibration qui monte dans mon poignet, et je murmure, dans le noir.— Trois, deux, un, c'est lui, c'est lui, c'est lui.Je réponds, mes jointures qui cognent contre le mur, et je retiens mon souffle, et j'attends, et le silence me paraît durer une éternité, puis les coups reviennent, plus rapides, plus forts, et je les déchiffre un à un, et je sens les larmes qui me brûlent les paupières quand je comprends.— Il dit qu'il va bien, il dit qu'il est vivant, il dit qu'il prépare quelque chose.Je frappe à mon tour, et mes doigts tremblent, et je dois m'y reprendre à deux fois pour être claire, et je dis, à voix haute, comme s'il pouvait m'entendre, comme si la pierre n'était rien.— Veyne veut m'épouser, Rovan, il veut m'épouser de force, il veut ma légit
— LyraLe passage débouche dans une cave voûtée, et je sens d'abord l'odeur, l'odeur de vin, de paille moisie, de sueur, et je vois des tonneaux, des caisses, des cordes, et je comprends que nous sommes dans les sous-sols de la forteresse, et je murmure, dans le noir.— Nous y sommes, Rovan, nous y sommes, nous sommes dans son antre, dans sa tanière, dans son royaume.Rovan avance à côté de moi, son épée à la main, et il dit, d'une voix froide.— Il le sait, il le sait forcément, il a des gardes partout, il a des yeux partout, il a…Des pas résonnent, des torches s'allument, des hommes surgissent de l'ombre, et je vois les lames qui brillent, les visages qui se ferment, les mains qui se tendent, et je sens la poigne qui me saisit, qui me tord les bras, qui me jette à genoux, et je hurle, d'une voix stridente.— Rovan !Il se bat, il frappe, il blesse, mais ils sont trop nombreux, et je le vois qui tombe, qui est maîtrisé, qui est enchaîné, et je
— LyraJe m'accroupis à l'entrée de la grotte, je pose ma main sur la roche froide, et je sens sous mes doigts les grains de sable, l'humidité qui suinte, les aspérités, et je dis, d'une voix basse.— Le feu est encore chaud, mais le bois est sec, il a été allumé il y a longtemps, peut-être deux heures, et il a laissé la couverture pour nous faire croire qu'il a dormi là, mais la couverture n'est pas froissée, elle est posée, pliée, comme un appât.Rovan s'accroupit à côté de moi, et il passe la main sur le sol, et il dit, d'une voix froide.— Il y a des traces, des traces de pas, plusieurs, pas une seule personne, au moins trois ou quatre hommes, ils ont emporté le matériel, ils ont laissé le feu, et ils sont partis par là, vers le fond.Il se relève, et il regarde la grotte qui s'enfonce dans l'obscurité, et je vois ses mâchoires qui se serrent, ses poings qui se crispent, et il dit, d'une voix dure.— Si nous entrons, nous entrons à leur merci, i







