Mag-log inCHAPITRE 15LE POINT DE VUE DE LYSANDER Je suis resté allongé, le torse collant contre les draps froissés, la queue encore à moitié dure et luisante de ses fluides à elle. Mon souffle revenait lentement, mais mon esprit, lui, tournait comme un moteur grippé. Parce que je pensais pas à elle. Pas à la meuf qui venait de me chevaucher comme si j’étais son dernier jouet avant la casse. Non. Je pensais à Salomé.Putain.J’ai serré les poings contre le matelas. C’était quoi ce bordel ? Salomé, c’était rien. Juste la nounou de ma fille. Une gamine à peine sortie de l’adolescence, avec ses cheveux blonds toujours attachés en queue-de-cheval trop serrée et ses yeux verts qui brillaient comme des pièces de monnaie sous l’eau. Et moi, j’étais là, à bander pour l’idée d’elle alors que j’avais encore le goût de l’autre dans la bouche.J’ai grogné, me redressant d’un coup. Les ressorts du lit ont grincé. Faut que je me secoue. Faut que j’arrête de délirer.La douche coulait toujours. À travers la
CHAPITRE 14 LE POINT DE VUE DE LYSANDER Mon dos a heurté le matelas avec un bruit sourd, et avant que je puisse réagir, ses doigts agiles avaient déjà trouvé la ceinture de mon jean. Le cuir a glissé entre ses doigts avec ce petit sifflement caractéristique, comme si elle avait attendu ce moment toute la soirée. J’ai soulevé légèrement les hanches pour l’aider, mais elle n’en avait pas besoin. Elle savait y faire. Le bouton a cédé sous une pression sec, la braguette s’est ouverte avec un cliquetis métallique, et puis—putain—ses doigts étaient là, froids contre ma peau brûlante.Elle n’a pas perdu de temps à me caresser comme si j’étais fragile. Non. Ses doigts se sont refermés autour de ma bite à moitié dure, une poigne qui disait je te possède déjà. J’ai senti mon souffle se bloquer dans ma gorge quand elle a commencé à me branler, lentement d’abord, comme pour me mesurer, puis plus vite, son pouce glissant sur le gland avec une précision qui m’a fait serrer les dents. Elle savait
CHAPITRE 13LE POINT DE VUE DE LYSANDERJe monte l’escalier les mains dans les poches, les mâchoires serrées.Salomé est en bas, immobile au pied des marches, le chiffon à la main, le visage blanc comme un linge. J’ai vu ses yeux. Des yeux blessés. Des yeux en colère. Des yeux qui m’en voulaient sans savoir exactement de quoi.Elle n’a pas à m’en vouloir. Je ne lui dois rien. Elle est nounou. Juliette est… Juliette est ce qu’elle est. Une habitude. Un besoin. Rien de plus.Alors pourquoi j’ai cette boule dans la gorge ?La porte de la chambre d’amis est ouverte. Juliette est là, allongée sur le lit en chemise de soie, les cheveux défaits, les jambes croisées. Elle me sourit. Ce sourire que je connais par cœur. Ce sourire qui dit je sais ce que tu veux, je vais te le donner.Je referme la porte derrière moi.— Viens ici, mon choux, dit-elle d’une voix douce. Tu m’as manqué.Elle ouvre les bras. Je m’approche. Je me penche. Elle m’embrasse. Sa bouche est chaude, humide, experte. Ses doi
CHAPITRE 12 LE POINT DE VUE DE SALOMÉ Je suis à genoux dans le salon.Mes mains sont humides, le chiffon glisse sur le marbre, et j’essuie la même tache depuis cinq minutes. Je ne nettoie pas vraiment. Je pense. Je pense à lui. À sa voix quand il a dit « Vous êtes belle » et à celle, glaciale, quand il a ajouté « Je ne le pense pas » tout de suite après, comme s’il avait trop dit et qu’il fallait rattraper.Je pense à ses yeux. À cette lumière dedans, cette chose qu’il cache et qui parfois affleure, quand il me regarde trop longtemps.Je suis en train de me perdre. Je le sais. Je suis en train de tomber dans un piège que j’ai moi-même construit, et je ne sais plus si je veux en sortir.La sonnette retentit.Je sursaute. Mon chiffon tombe par terre. Je me relève, essuie mes mains sur mon jean, jette un coup d’œil vers l’escalier. Lysander est dans son bureau. Élise joue dans sa chambre, ou plutôt elle regarde ses poupées sans les toucher, mais c’est déjà jouer pour elle.Je vais ouvr
CHAPITRE 11LE POINT DE VUE DE LYSANDER Je conduis en silence.Élise est à l'arrière, la tête tournée vers la vitre, ses petits doigts qui dessinent des formes invisibles sur la buée. Elle ne parle pas. Elle ne parle jamais. Mais quelque chose a changé aujourd'hui. Je l'ai vue toucher cette fleur. Je l'ai vue regarder Salomé. Vraiment la regarder.C'est plus que je n'ai obtenu en dix mois.Mon regard glisse vers la droite. Salomé est là, sur le siège passager, la robe noire remontée sur ses cuisses. Elle regarde la route devant elle, le visage impassible. Ses lèvres rouges sont pincées. Elle ne m'a pas adressé la parole depuis la serre.Je devrais être soulagé. Je voulais qu'elle se taise, qu'elle arrête de me fixer avec ces yeux qui voient trop. Mais son silence est pire que ses mots. Il est lourd, chargé, pesant.— Vous êtes en colère, je dis.Ce n'est pas une question. Je le vois. Dans la tension de ses épaules, dans ses doigts qui serrent son sac, dans cette mâchoire qu'elle serr
CHAPITRE 10LE POINT DE VUE DE LYSANDER Je mens.Bien sûr que je mens.Elle a failli me percer à jour, ce matin, dans sa chambre. Ses yeux bleus fixés sur le petit dôme noir dans l’angle, cette certitude dans sa voix. « C’est une caméra. » J’ai senti le sol se dérober sous mes pieds pendant une fraction de seconde. Puis j’ai fait ce que je sais faire le mieux : j’ai repris le contrôle.« Ça ressemble à une caméra. Donc ce n’est pas une caméra. »Elle a mordu à l’hameçon. Pas complètement elle est trop intelligente pour ça mais assez. Assez pour que je garde mon secret.Car c’est bien une caméra.Je l’ai installée moi-même, la veille de son arrivée. Je me suis dit que c’était pour la sécurité. Pour surveiller Élise, au cas où. Pour garder un œil sur cette nounou aux méthodes douteuses, à l’insolence dérangeante.Je la regarde dormir, allongée dans le lit trop grand, ses cheveux défaits sur l’oreiller, ses mains ouvertes sur les draps. Je la regarde se tourner, se retourner, tirer la c







