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CHAPITRE 2

作者: Trimis Lirus
last update publish date: 2026-08-07 18:47:22

LE CRIME DONT JE SUIS ACCUSÉE

POINT DE VUE : AZURIANE

Trois jours plus tôt !

Si quelqu'un m'avait dit que, trois jours plus tard, toute la Meute d'Obsidienne me poursuivrait pour me tuer, je lui aurais ri au nez. Pas parce que je croyais être en sécurité. Mais parce que je pensais avoir déjà connu le pire. Je me trompais.

Le bruit sec d'un seau lancé contre ma porte me tira du sommeil.

« Debout ! »

La voix de Madame Elma résonna à travers les planches de ma cabane.

« Les guerriers veulent manger avant le lever du soleil. Si le petit-déjeuner n'est pas prêt, c'est toi qui en répondras ! »

Je me redressai aussitôt. Mes os me faisaient souffrir. La veille, j'avais transporté des sacs de farine jusqu'à la tombée de la nuit. Je n'avais dormi que quelques heures. Pourtant, personne ne se souciait de ma fatigue.

Je passai rapidement de l'eau froide sur mon visage avant de sortir. Le ciel était encore noir. Les étoiles brillaient au-dessus de la forêt. Pendant quelques secondes, je levai les yeux vers elles. C'était mon seul moment de liberté. Le seul instant où personne ne me criait dessus.

« Tu comptes rêvasser longtemps ? »

Je baissai immédiatement la tête. Madame Elma m'attendait, les bras croisés.

« Les marmites ne vont pas se remplir toutes seules. »

« J'arrive. »

Je courus jusqu'aux cuisines. Le feu s'était presque éteint. Je rajoutai du bois. Puis je commençai à préparer la pâte, à couper les légumes et à remplir les grandes marmites. Tout devait être prêt avant le réveil des guerriers.

Une heure plus tard, mes bras étaient déjà lourds. Mais la journée ne faisait que commencer.

Après les cuisines. Les écuries. Après les écuries. Le linge. Après le linge. Le nettoyage de la salle commune. Après cela. Le bois. Puis les repas du soir. Ainsi se déroulait chacune de mes journées. Sans exception.

Je n'étais pas un membre de la meute. J'étais leur servante. Leur domestique. Leur souffre-douleur. Parfois, je me demandais si quelqu'un connaissait seulement mon âge. Ou mon anniversaire. Je n'en étais même plus certaine.

Je traversais la cour avec deux grands paniers de linge lorsque plusieurs jeunes loups s'arrêtèrent devant moi. Kaïden. Encore lui.

« Regardez qui travaille déjà. » Il sourit. « Notre petite humaine est plus obéissante qu'un chien. »

Les autres éclatèrent de rire. Je continuai de marcher. Je savais que répondre ne ferait qu'aggraver les choses.

« Hé ! »

Il m'arracha brutalement un panier des mains. Les vêtements tombèrent dans la boue. Mon cœur se serra. Je m'agenouillai aussitôt. Chaque tunique allait devoir être relavée.

« Pourquoi faites-vous ça ? »

Le silence tomba. Kaïden pencha légèrement la tête.

« Tu oses poser des questions ? »

Je relevai doucement les yeux. « Je voulais seulement comprendre.»

Il s'accroupit devant moi. Son sourire disparut. « Comprendre quoi ? »

« Pourquoi vous me détestez tous autant. »

Pendant un bref instant. Je crus apercevoir une hésitation dans son regard. Puis elle disparut.

« Parce que tu n'es pas des nôtres. » Il se redressa. « Et ça ne changera jamais. »

Ils repartirent en riant.

Je ramassai lentement les vêtements. Une goutte de boue glissa sur ma main. Elle s'arrêta contre ma bague. Je la contemplai quelques secondes. Cette vieille bague. C'était la seule chose que je possédais réellement. Je ne connaissais même pas son origine. Pourtant ; lorsque tout semblait s'effondrer autour de moi… je la serrais toujours dans ma main. Comme si elle pouvait me donner du courage.

« Azuriane. »

Je relevai la tête. Maître Orven se tenait devant moi. Son visage ridé exprimait une tristesse sincère.

« Tu devrais rentrer te reposer quelques instants. Tu es épuisée. »

Je souris faiblement. « Si je m'arrête, personne ne fera le travail à ma place. »

Il baissa les yeux. « Ce n'est pas une vie. »

Avant que je puisse répondre, un bruissement de robes attira notre attention. Toute la cour s'immobilisa. La Luna venait d'apparaître.

Selene avançait avec une élégance glaciale. Tous les membres de la meute s'inclinèrent sur son passage. Je fis de même.

Lorsqu'elle arriva à ma hauteur, elle s'arrêta. Je sentis son regard peser sur moi. Lourd. Méprisant. Elle tendit lentement la main. Du bout des doigts, elle releva mon menton.

« Regarde-moi. »

J'obéis. Ses yeux étaient d'une froideur terrifiante. Elle observa mon visage pendant plusieurs secondes. Puis son regard descendit jusqu'à ma bague. Je sentis ses traits se durcir. Une lueur étrange traversa ses yeux. Comme de la peur. Ou de la haine.

Elle recula brusquement. Puis, d'une voix suffisamment forte pour être entendue par tous, elle déclara :

« Cette fille est une malédiction. »

Le silence tomba sur toute la cour. Personne n'osa répondre. Même le vent semblait s'être arrêté.

Et, pour la première fois, je compris que le véritable cauchemar de ma vie ne faisait que commencer.

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