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CHAPITRE 5

Author: Trimis Lirus
last update publish date: 2026-08-07 18:57:17

LA DERNIÈRE NUIT

POINT DE VUE : AZURIANE

Je n'entendis plus rien. Les lèvres de l'Alpha continuaient de bouger, mais aucun son ne parvenait jusqu'à moi. « À la peine de mort. » Ces mots résonnaient encore dans ma tête. Encore. Et encore.

Je restai immobile, incapable de respirer. Autour de moi, les membres de la meute commencèrent à se disperser. Certains semblaient soulagés. D'autres satisfaits. Comme si ma mort allait enfin leur apporter la paix.

Je cherchai un seul visage. Un seul regard. Quelqu'un qui me dirait que tout cela était une erreur. Je ne trouvai personne.

Les guerriers s'avancèrent vers moi. Je ne résistai pas. À quoi bon ? Toute ma vie, j'avais obéi. Je pouvais bien obéir une dernière fois.

Kaïden s'arrêta devant moi. Ses poignets furent liés derrière mon dos avec une corde épaisse. Je baissai les yeux.

« Tu as enfin obtenu ce que tu voulais », murmurai-je.

Il resta silencieux. Pendant une fraction de seconde, je crus apercevoir une hésitation dans son regard. Puis son visage redevint aussi froid qu'à l'habitude.

« Emmenez-la. »

Les guerriers me conduisirent à travers le village. Personne ne parla. Les habitants s'écartaient sur notre passage. Des enfants observaient la scène derrière leurs parents. Une petite fille demanda d'une voix innocente :

« Maman... pourquoi ils attachent Azuriane ? »

Sa mère la serra contre elle. « Ne regarde pas. »

Je baissai la tête. Ainsi... même les enfants apprendraient désormais à me craindre.

Nous traversâmes toute la meute jusqu'à un vieux bâtiment de pierre que je n'avais jamais eu le droit d'approcher. Les geôles. La lourde porte grinça lorsqu'on l'ouvrit. Une odeur d'humidité et de poussière m'envahit immédiatement. Le couloir était plongé dans une pénombre glaciale. Les torches accrochées aux murs diffusaient une lumière vacillante.

Kaïden ouvrit une cellule. « Entre. »

Je m'exécutai. La pièce était minuscule. Un lit de bois cassé. Un seau. Une petite fenêtre protégée par d'épais barreaux. Rien d'autre.

Les cordes furent retirées. Puis la porte se referma derrière moi. Le bruit du verrou résonna comme un coup de tonnerre.

Je restai debout quelques instants. Puis mes jambes cédèrent. Je m'assis lentement contre le mur de pierre. Le froid traversait immédiatement mes vêtements. Je ramenai mes genoux contre ma poitrine.

Je n'avais jamais eu aussi peur. Pas de mourir. Mais de mourir sans avoir compris pourquoi.

« Qu'ai-je fait... ? »

Ma voix se brisa. Les larmes coulèrent enfin. Je ne cherchai même plus à les retenir.

Pendant vingt et un ans... j'avais accepté les insultes. Les corvées. Les coups. Je m'étais convaincue que, si je travaillais suffisamment, si je faisais tout correctement, ils finiraient peut-être par m'accepter. J'avais eu tort. Ils avaient déjà décidé de mon destin. Bien avant aujourd'hui.

Je levai lentement les yeux vers la petite fenêtre. La nuit était tombée. La pleine lune éclairait faiblement les barreaux.

« Si quelqu'un existe là-haut. »

Je souris tristement. « Je n'ai jamais rien demandé. » Je marquai une pause. « Alors, pourquoi moi ? »

Le silence me répondit.

Je baissai instinctivement les yeux vers ma main. Ma vieille bague brillait sous la lumière de la lune. Je passai doucement mon pouce sur la pierre bleue.

« Toi non plus, tu n'as pas réussi à me protéger. »

Une étrange chaleur parcourut soudain mon doigt. Je fronçai les sourcils. La bague. Elle recommençait. Une faible lueur bleutée apparut au cœur de la pierre. Je retins mon souffle.

« Pas maintenant. »

La lumière disparut presque aussitôt. Comme si elle avait hésité. Je restai plusieurs minutes à l'observer. Rien. Elle redevint complètement normale. Je laissai échapper un long soupir.

La fatigue finit par avoir raison de moi. Je m'allongeai sur le vieux lit. Le bois grinça sous mon poids. Je fermai lentement les yeux.

Demain, je mourrais. Cette pensée aurait dû m'effrayer. Étrangement... je ne ressentais plus rien. Seulement un immense vide.

Je ne sais pas combien de temps passa. Quelques minutes. Ou plusieurs heures.

Soudain un souffle glacé traversa la cellule. Les flammes des torches vacillèrent. Je rouvris brusquement les yeux. La porte était toujours fermée. Les barreaux n'avaient pas bougé. Pourtant, je n'étais plus seule.

Une présence. Invisible. Silencieuse. Mais bien réelle. Mon cœur recommença à battre à toute vitesse.

« Qui... qui est là ? »

Aucune réponse.

Je me redressai lentement. Mes mains tremblaient. Puis une voix. Douce. Grave. Étrangement apaisante. Elle semblait venir de partout à la fois. Elle murmura seulement deux mots.

« Azuriane. »

Je me levai d'un bond. « Qui m'appelle ? »

Le silence retomba. La présence avait disparu. Ou peut-être ne m'avait-elle jamais quittée.

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