تسجيل الدخولLE PIÈGEPOINT DE VUE : AZURIANEJe n'aurais jamais dû suivre ces traces. Je le compris trop tard.La forêt s'étendait devant moi, silencieuse, humide et presque irréelle sous la lumière pâle de la lune. Les arbres devenaient de plus en plus serrés à mesure que j'avançais. Leurs branches s'entremêlaient au-dessus de ma tête, empêchant la lumière de pénétrer complètement.Je m'arrêtai. Pour la première fois depuis mon réveil, je me demandai sérieusement ce que je faisais là.Quelques heures plus tôt, j'étais morte. Je n'arrivais toujours pas à prononcer cette vérité sans sentir mon ventre se nouer. J'étais morte. La Meute d'Obsidienne m'avait condamnée. On m'avait frappée. On m'avait laissée sans défense. Puis mon corps avait été jeté dans une rivière comme si ma vie n'avait jamais eu la moindre valeur.Et pourtant, j'étais debout. Vivante.Je portai instinctivement une main à ma poitrine. Mon cœur battait. Régulièrement. Comme si rien ne s'était passé. Pourtant, je savais que quelque
LA RIVIÈRE DES MORTSPOINT DE VUE : AZURIANELe silence. Il n'y avait plus ni rivière. Plus de douleur. Plus de froid. J'avais l'impression de flotter dans un vide infini. Mon corps ne pesait plus rien. Je ne sentais même plus mes mains.Était-ce cela la mort ?Une étrange lumière argentée apparut au loin. Elle grandissait lentement. Je voulus m'en approcher. Ou peut-être était-ce elle qui venait vers moi. Je n'en étais plus certaine.À mesure qu'elle se rapprochait, une silhouette se dessina. Une femme. Sa longue chevelure blanche flottait autour d'elle comme une cascade de lumière. Sa robe semblait tissée avec les rayons de la lune. Son visage demeurait voilé. Impossible de distinguer ses traits. Pourtant sa présence m'apaisait.Je voulus lui parler. « Qui êtes-vous ? »Aucun son ne franchit mes lèvres.La femme leva doucement une main vers moi. « Il n'est pas encore temps »Sa voix ressemblait au murmure d'un ruisseau. Douce. Paisible. Je tendis instinctivement la main. Nos doigts
LA RIVIÈRE DES MORTSPOINT DE VUE : AZURIANELe froid. C'était la dernière sensation dont je me souvenais. Puis plus rien.Lorsque les guerriers m'avaient précipitée du haut de la falaise, je n'avais même pas eu le temps de crier. La rivière s'était ouverte sous moi comme une gueule immense avant de m'engloutir dans un fracas assourdissant.À présent je sombrais. Mon corps descendait lentement vers les profondeurs. Mes bras ne répondaient plus. Mes jambes non plus. Mes cheveux flottaient autour de mon visage comme de longues algues noires.J'ouvris difficilement les yeux. L'eau était sombre. La lumière de la lune n'atteignait presque plus cet endroit. Je ne voyais que des ombres. Des silhouettes mouvantes.Était-ce la mort ?Une étrange paix envahissait peu à peu mon esprit. La douleur avait disparu. Les coups. Les humiliations. La peur. Tout semblait s'éloigner. Je n'avais plus besoin de lutter. Je n'avais plus besoin de courir. Je pouvais enfin me reposer.Une dernière bulle d'air s
LA DERNIÈRE NUIT POINT DE VUE : AZURIANE Je n'entendis plus rien. Les lèvres de l'Alpha continuaient de bouger, mais aucun son ne parvenait jusqu'à moi. « À la peine de mort. » Ces mots résonnaient encore dans ma tête. Encore. Et encore. Je restai immobile, incapable de respirer. Autour de moi, les membres de la meute commencèrent à se disperser. Certains semblaient soulagés. D'autres satisfaits. Comme si ma mort allait enfin leur apporter la paix. Je cherchai un seul visage. Un seul regard. Quelqu'un qui me dirait que tout cela était une erreur. Je ne trouvai personne. Les guerriers s'avancèrent vers moi. Je ne résistai pas. À quoi bon ? Toute ma vie, j'avais obéi. Je pouvais bien obéir une dernière fois. Kaïden s'arrêta devant moi. Ses poignets furent liés derrière mon dos avec une corde épaisse. Je baissai les yeux. « Tu as enfin obtenu ce que tu voulais », murmurai-je. Il resta silencieux. Pendant une fraction de seconde, je crus apercevoir une hésitation dans son regard.
LA SENTENCE POINT DE VUE : AZURIANE Je n'avais jamais vu Maître Orven aussi inquiet. Après avoir quitté la forêt, il ne prononça presque pas un mot. Son regard parcourait sans cesse les alentours, comme s'il craignait que quelqu'un nous suive. Je marchais à ses côtés, le panier de plantes serré contre moi. Mon esprit était encore prisonnier de ce qui venait de se produire. La bague. Cette lumière. Ces images. Et ces yeux dorés qui semblaient me regarder depuis un lieu que je ne connaissais pas. « Maître Orven. » Il ne répondit pas. « Vous alliez me dire quelque chose. » Il s'arrêta quelques secondes avant de reprendre sa marche. « Certaines vérités peuvent coûter la vie à ceux qui les connaissent. » Je fronçai les sourcils. « Vous me faites peur. » Il esquissa un triste sourire. « C'est justement ce que je voudrais éviter. » Avant que je puisse insister davantage, les cloches de la meute retentirent. Une fois. Puis deux. Puis une troisième. Je m'immobilisai. Je connaissais c
LA BAGUE INTERDITEPOINT DE VUE : AZURIANEJe ne trouvai pas le sommeil cette nuit-là. Les mots de la Luna tournaient sans cesse dans ma tête. « Cette fille est une malédiction. » Je les avais entendus toute ma vie, sous une forme ou une autre. Monstre. Intruse. Erreur. Porte-malheur. Mais, cette fois, quelque chose était différent. Lorsque la Luna avait posé les yeux sur ma bague, son visage n'avait pas exprimé du dégoût. Il avait exprimé... de la peur. Pourquoi ?Je levai lentement ma main vers la faible lumière de la lune qui traversait la fenêtre de ma cabane. L'anneau d'argent semblait aussi vieux que dans mes souvenirs. Sa pierre bleue brillait faiblement, comme si elle retenait la lumière au lieu de la refléter. Je passai doucement mon pouce dessus.« Qui es-tu... ? »Comme toujours... le silence me répondit.À l'aube, je repris mes corvées. Le village semblait plus agité qu'à l'habitude. Les guerriers parlaient à voix basse. Chaque fois que je passais près d'eux, les conversat







